CONGO BRAZZAVILLE : LETTRE OUVERTE de Monsieur Félicien Wilfried DIABÉLO-KIVOUVOU à Monsieur Denis SASSOU NGUESSO
LES PRISONNIERS POLITIQUES
AU CONGO BRAZZAVILLE
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Réélu avec 88,4 % DES VOIX
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OUI A UNE TRANSITION APAISÉE
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CONGO BRAZZAVILLE : LETTRE OUVERTE de Monsieur Félicien Wilfried DIABÉLO-KIVOUVOU à Monsieur Denis SASSOU NGUESSO
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A
Monsieur Denis Sassou Nguesso
Président de la République du Congo
Palais de la Nation – Plateau-Ville./
- Brazzaville -
Monsieur le Président,
Il y a une douzaine d’années, j'attirais votre attention sur ce qui n’était encore qu’un présage, la secrète et irrépressible envie de vous situer orgueilleusement, en dehors du temps "démocratique" et à contre-courant de la dynamique de l'histoire. Ce fut en substance le sens de ma démarche, par cette lettre que je vous adressais alors.
Non sans mal, car il aura fallu y sacrifier son lot de douleurs, de blessés et de morts pour que passe la pilule, vous êtes parvenu à vos fins. Et vous voilà comme vous le vouliez, toujours au sommet de notre hiérarchie à présider, pour la énième année, aux destinées d'un pays qui n'en demandait pas tant.
A croire que, pour assouvir votre caprice jupitérien, la providence ne vous refuse rien, jusqu’aux pires sacrifices.
L’on se souviendra bien longtemps que pour faire le lit d'un tel désastre, vous ayez eu besoin de déployer tant de farouches expédients : propagande politicienne, rétorsion du droit, usage illégal et disproportionné de la force, stigmatisation, traque des voix dissonantes ; toutes ces exactions, dans le seul et unique but de changer pour votre confort, une constitution qui vous interdisait de briguer un nouveau mandat.
Ceci est du passé, allons-nous concéder !
Notre pays continue de s'abîmer, d'agoniser lentement sous votre férule. Le bilan de votre action publique est si mauvais que l’on s'étonne face aux défis de l’heure, devant le péril de la situation qui nous pend au nez, que la même énergie, les moyens et l’extraordinaire volonté herculéenne de puissance d’autrefois peine à refaire surface.
Monsieur le Président,
Il vous conviendra que la santé et la vie quotidienne de la population sont les seuls véritables indicateurs d’une action publique. La population du Congo, le pays dont vous êtes le Chef, manque de tout. Elle étouffe, elle doute, s’interroge, meurt en silence. Une partie, non moins négligeable, trouve refuge dans la seule réalité économique qui puisse exister, celle réduite à l’étiquette ingrate d’économie dite informelle, celle qu’aucune démarche sérieuse des pouvoirs publics ne prend en compte, celle qui, ironie du sort, sert bon gré mal gré de trappe à la pauvreté de masse. La misère est partout !
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