Le Mali demande à la France de retirer ses soldats sur son territoire "sans délai"
Les autorités maliennes de transition ont demandé vendredi à la France de « retirer sans délai » les soldats des opérations Barkhane et Takuba du Mali, au lendemain de l'annonce par Emmanuel Macron et ses partenaires d'un retrait coordonné sur les prochains mois.
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Le Mali « prend acte » de l'annonce du retrait militaire annoncé jeudi et demande à la France de retirer ses soldats « sans délai » du Mali, dans un communiqué lu à la télévision nationale. Lors de cette déclaration, le porte-parole du gouvernement de transition, le colonel Abdoulaye Maïga, a également qualifié l'annonce « unilatérale » du désengagement français de « violation flagrante » des accords entre les deux pays. Il a aussi déclaré que les résultats de neuf ans d'engagement français au Mali « n'ont pas été satisfaisants ».
« Au regard de ces manquements répétés (aux) accords de défense, le gouvernement invite les autorités françaises à retirer, sans délai, les forces Barkhane et Takuba du territoire national, sous la supervision des autorités maliennes », a dit le colonel Maïga.
Dans cette déclaration, les autorités maliennes ne mâchent pas leurs mots. « Malgré la présence de l'opération Barkhane et des forces internationales de 2013 à 2021, le Mali a risqué la partition et la menace terroriste initialement localisée au nord du Mali s'est répandu sur l'ensemble du territoire national », peut-on lire dans le communiqué.
Pour la junte, l'intervention de l'OTAN en Libye en 2011 « dans laquelle la France a joué un rôle actif (...) est à la base des problèmes sécuritaires du Mali et du Sahel en général ».
Par L'Obs avec AFP
Bamako (AFP) - La junte au pouvoir à Bamako a demandé vendredi à la France de "retirer sans délai" ses soldats du Mali, s'attirant une fin de non-recevoir du président Emmanuel Macron, au lendemain de l'annonce par ce dernier d'un retrait échelonné sur les prochains mois.
Dans un communiqué lu à la télévision nationale, le porte-parole du gouvernement installé par les militaires, le colonel Abdoulaye Maïga, qualifie l'annonce du désengagement français de "violation flagrante" des accords entre les deux pays. Il dit aussi que les résultats de neuf ans d'engagement français au Mali "n'ont pas été satisfaisants".
"Au regard de ces manquements répétés (aux) accords de défense, le gouvernement invite les autorités françaises à retirer, sans délai, les forces Barkhane et Takuba du territoire national, sous la supervision des autorités maliennes", dit le colonel Maïga.
La France se retirera "en bon ordre" et ne transigera pas une seconde sur la sécurité de ses soldats, a répondu M. Macron.
La demande de retrait immédiat de la part des colonels arrivés au pouvoir par la force en août 2020 est un nouveau défi à l'ancien partenaire français, après des mois d'escalade des tensions.
Quelque 2.400 militaires français sont déployés au Mali, sur un total de 4.600 au Sahel. Le désengagement de ces hommes, le démantèlement de leurs bases, ainsi que l'évacuation des matériels, dont des centaines de véhicules blindés, représentait déjà en soi un chantier colossal et dangereux.
Le président français avait indiqué jeudi que la fermeture des trois bases de Gao, Ménaka et Gossi, s'étalerait sur quatre à six mois.
La junte n'a cessé de compliquer les opérations de la France, mais aussi de ses partenaires et des forces étrangères au Mali depuis des semaines, poussant vers la sortie le contingent danois du groupement de forces spéciales européennes Takuba initié par la France, ou bien instaurant des demandes d'autorisation préalables de vol.
Les militaires se réclament de la souveraineté nationale.
La France et ses partenaires européens ont officialisé jeudi leur retrait militaire du Mali, conduisant les autres acteurs étrangers présents dans le pays à s'interroger ouvertement sur leur engagement.
ls ont invoqué les "multiples obstructions des autorités" maliennes.
- Crises multiples -
Paris et ses partenaires souhaitent toutefois "rester engagés dans la région" sahélienne et "étendre leur soutien aux pays voisins du Golfe de Guinée et d'Afrique de l'Ouest", où les jihadistes menacent de se disséminer, selon une déclaration conjointe signée par 25 pays européens, africains et le Canada.
La France et les Occidentaux dénoncent l'appel fait, selon eux, par les autorités maliennes au groupe de sécurité privée russe Wagner, aux agissements controversées. Les autorités maliennes assurent ne pas recourir à des mercenaires et parlent de coopération d'Etat à Etat avec la Russie.
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