Un ministère d’apparat.
Par HERVE MAHICKA
Coopération internationale (quel pléonasme !) et promotion du partenariat public privé (au singulier svp!). Voici un langage qu’aucun partenaire international ne pourra comprendre.
En tout cas c’est un poste vide et creux destiné à quelqu’un qui n’a pas envie de travailler pour de vrai, et même faux dans son intitulé.
Toutes ses attributions imaginables sont assurées par d’autres services publics dans d’autres ministères plus outillés juridiquement et dont ils sont « indémembrables . » Je comprends que l’idée est de lui fournir une carte de visite de ministre et d’entrer dans les ministères et entreprises à l’étranger mais eux ne le prendront pas au sérieux parce qu’il n’est pas la porte pour ces domaines dont il arborera les titres. Ils s’adresseront directement au ministère de l’économie et du plan pour ce qui est de la coopération et à celui des finances pour LES partenariats publics privés (et non LE).
Pour 1000 raisons techniques… Il serait encore ministre délégué que ça passerait, ou pourquoi pas ministre plein de l’économie et des finances, comme ça il aurait et la coopération et les PPP mais là… Tout le monde à l’étranger a un service juridique pour savoir avec qui on négocie où on signe. Le titre ne suffit pas.
Quant aux affaires étrangères dont j’entends le lien établi chez certains commentateurs, ils n’ont aucun lien.
La coopération est un terme consacré en matière de gouvernance publique. Il fait allusion à l’aide au développement des pays pauvres par les plus riches. Point. Il n’y a pas de coopération entre la France et la Suisse ou entre les Etats Unis et la Chine par exemple.
Là on parle de partenariat, de collaboration, de relations d’échanges commerciales ou scientifiques… La coopération c’est pour nous, les pauvres. Les services de coopération des services publics des pays riches sont rattachés à leurs ministères des affaires étrangères pour mettre en pratique la politique de soutien au développement de leurs pays envers les pays pauvres, et pour ces derniers, la coopération est rattachée au ministère de l’économie et du plan pour intégrer ces soutiens et prise de participation extérieurs à leur budget d’investissement. Alors une administration de coopération isolée brasse du vent. Une promotion des PPP sans avoir les outils de délégation des marchés publics qui sont au ministère des finances, c’est un ministère pour le décor.
Certains diront, d’attendre le contenu que le décret instituant ce ministère va lui donner, et je répondrai que l’avantage de l’ignorance c’est de croire qu’on peut tout faire à partir de tout.
Ca fait 10 ans que je répète que le ministère de l’intérieur et de la décentralisation est devenu un non-sens et qu’il faut créer un MATDDL séparé des questions de sécurité, comme les autres l’ont fait depuis l’an 2000. Chez nous il a fallu 20 ans de hurlement pour y arriver. 20 ans durant lesquels on a pris un retard considérable en terme renforcement des compétences de l’administration du territoire, de la décentralisation et surtout de développement local secteur clé du progrès. Et quand on le fait, c’est pour placer un proche du prince héritier dont la seule mission est de le déclarer élu en 2026, Mboulou ne semblant pas chaud à la succession familiale. Pauvre pays.
HERVE MAHICKA