PAUVRE CONGO : Dialogue national inclusif, Conseil national de dialogue ou Concertation politique ?
Par CLÉMENT MIERASSA

Les tenants du changement de constitution justifiaient cela par la nécessité de faire évoluer les institutions. Ceci dans un contexte de grave crise multidimensionnelle qui a abouti à ce que le pays est en cessation de paiement. Dans la nouvelle loi fondamentale, on a prévu la mise en place d’un conseil national de dialogue, structure qui se caractérise par une surreprésentation du parti au pouvoir et de ses alliés (près de 221 membres) et une sous-représentation de l’opposition avec 29 membres.
Par la suite, on a mis la charrue avant les bœufs en nommant le Secrétaire permanent de cette conseil avant la mise en place formelle et effective de cette institution. Tout ceci dans un contexte où depuis de nombreuses années, des voix s’élèvent dans le pays pour réclamer la tenue soit des États généraux de la Nation, soit d’un dialogue ouvert à tous, soit d’un dialogue national inclusif. Ce débat est bien suivi par la communauté internationale.
Ce qui a permis au Conseil de sécurité des Nations-Unies d’encourager la poursuite des efforts visant à créer un environnement politique favorable à la tenue de l’élection présidentielle en 2021.
C’est ainsi que le Conseil de sécurité a appelé les autorités nationales, et toutes les autres parties prenantes à unir leurs efforts, afin de contribuer à la tenue d’un dialogue véritablement inclusif et constructif. C’est certainement dans cet esprit que le Secrétaire permanent du Conseil national du dialogue a lancé en septembre 2019 le processus constitutionnel du dialogue national sans exclusive.
Pour lui, son plan de travail se déclinait en 4 phases et devait aboutir au mois de juin au dépôt d’un rapport pour exploitation et décision. De façon concrète, il il n’y a que la première phase qui a été réalisée. Depuis janvier 2020, c’est silence radio. Tout le le monde se pose la question : Que se passe-t-il? Maintenant, on commence à parler d’une concertation politique qui permettra d’évaluer le niveau d’exécution des recommandations de Ouesso de 2016.
Tout cela se passe après le 5 ème Congrès ordinaire du Parti congolais du travail qui a:
– reconduit le Président de la République comme Président du Comité Central du Pct, en fait Président du Parti congolais du travail ;
-permis de constater que le Pct n’est pas conforme à la loi et qu’allègrement il a violé les lois et règlements de la République. N’y a-t-il pas de sanction prévue dans ce cas de figure ou bien ce cas bénéficie d’un traitement particulier et privilégié du fait que plusieurs responsables des institutions ont pris part à toutes les décisions.
D’autant que selon le commun des mortels : Tous les congolais sont égaux devant la loi. On pourrait également vivre le phénomène souvent connu du paradoxe entre ce qui se dit que ce qui se fait. Dans tout ça, on doit retenir tenir un maître mot : la recherche de la transparence. On peut également se demander où va le Congo : Pauvre Congo ?
CLÉMENT MIERASSA

Bonoua dans la rue le 13 août 2020.
Dernière mise à jour [UP to Date] jeudi 13 août à 17h20mn - La police a tiré à balle réelle sur les manifestants aux mains nues à Bonoua, faisant au moins 2 morts selon plusieurs sources jointes sur place par Ivoirebusiness.
Le soulèvement populaire généralisé ce jeudi contre un 3e mandat anticonstitutionnel du président Alassane Ouattara a touché la capitale ivoirienne Abidjan et de plusieurs grandes villes du pays à l’appel des jeunes de l’opposition.
Leur mot d’ordre a été largement suivi par la population car Abidjan et plusieurs grandes villes ont été paralysées ce jour.
Plusieurs centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue à Abidjan et dans presque toutes les grandes villes du pays ce jeudi 13 août 2020 pour dire non à un 3e mandat illégal et anticonstitutionnel du Président Alassane Ouattara, a constaté Ivoirebusiness.
A Abidjan, les communes de Yopougon, Cocody, Port-Bouet, etc… étaient encore en ébullition au moment où nous mettons sous presse. Les corridors Sud d’Abidjan en venant de Bassam et de ELIBOU vers Noé à la frontière avec le Ghana étaient bloqués à la circulation par des barrages. A Port-Bouët, une épaisse fumée noire déchirait le ciel.
Le Corridor Nord d’Abidjan était également bloqué par des barricades.
Fausse note à Abidjan, les bandes de voyous microbes de connivence avec le pouvoir circulaient dans une voiture banalisée et répandaient la mort sur les manifestants aux mains nues avec leurs armes blanches et leurs armes à feu, devant tout le monde.
Les images des populations de Bangolo, Mama, Ferkessedougou, de Bonoua, de Divo, de Gagnoa, de Jacqueville, de Ouragahio, de Zuenoula, de Sinfra, de San Pedro, de Grand Zattry, de Man, Sikensi, Adzopé, Daoukro, etc… dans la rue aujourd’hui à l’appel de ,la jeunesse de l’opposition, atterrissaient encore à la rédaction d’Ivoirebusiness et circulaient en boucle au moment où nous mettons sous presse.
Les manifestants bloquaient à chaque fois les grands axes d’accès de leurs villes en érigeant des barricades avec des arbres, des bancs, et des pneus, paralysant l’ensemble de ces villes.
Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître et un succès total de mobilisation pour les jeunes de l’opposition. La suite des événements s’annonce prometteur.
Serge Touré



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