La dérive des intellectuels du Pool au Congo-Brazzaville
La dérive des intellectuels du Pool au Congo-Brazzaville

La dérive des intellectuels du Pool au Congo-Brazzaville
La démocratie ne peut et ne doit être une escroquerie intellectuelle des élites afin d’asservir tout un peuple. Le savoir est un pouvoir car l’on peut aussi bien éclairer les gens que les induire en erreur.
Le devoir des intellectuels dans une nation est d’édifier le peuple sur les véritables enjeux qui nous permettent de tous vivre en harmonie avec les lois que nous aurions tous choisies au travers de la Constitution.
Il est temps de sortir de notre zone de confort pour arpenter les sentiers battus pavés de cailloux, de sable et de boue afin de faire face à l’érosion qui ne cesse de gagner du terrain dans notre pays.
Alors que le Congo-Brazzaville va mal très mal à cause de la dictature qui nous empêche de nous épanouir, surgit ça et là pour l’élection présidentielle de 2021 des candidatures fantaisistes soutenues par certains d’entre nous pourvus d’un bon sens et de beaucoup de retenue.
Le repli identitaire s’invite dans une pré-campagne présidentielle qui n’est qu’une étape en Afrique pour valider des autocrates avides de pouvoir. La démocratie a été dévoyée de sa magie initiale, celle du pouvoir du peuple donnée aux dirigeants pour le bien être de toute la communauté comme cela se passe sous d’autres cieux.
Seule compte en Afrique, notamment au Congo-Brazzaville, l’élection à la présidence de la république comme en France, d’un monarque républicain, un homme omnipotent, omniscient, dans une république de petits copains et coquins. Dorénavant s’y ajoutent les enfants, les concubines et les courtisans pour compléter le tableau.
Alors qu’ailleurs les grands enjeux sur le monde de demain que nous voulons laisser à nos enfants se dessinent, notamment le réchauffement climatique, la sécurité sanitaire, l’emploi, l’éducation, les Congolais comme pris dans une hérésie scientifique ne pensent qu’à une élection présidentielle dont on sait qu’elle n’est que la propriété du despote qui en dispose à sa guise au point de penser à la transmission du trône à son rejeton. Même certaines églises de réveil, longtemps endormies, adoptent la même stratégie de céder le troupeau de Dieu aux enfants ou en co-gestion entre frères afin de mieux capter la manne financière des fidèles ; Le business à tous les étages. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les résultats ne sont pas brillants et les scandales tant en politique que dans ces ministères de Dieu se succèdent à un rythme effréné. Plus personne ne sait à quel saint se vouer, les premiers ayant choisi ceux qui donnent du lait. Le monde tourne mal.
S’agissant du Pool, alors que notre démocratie est vraiment malade, l’on nous propose, et nous ne pouvons pas le refuser en tant que démocrate ou républicain, les deux enfants terribles de la contrée, qui jusque là n’ont brillé que par leur traîtrise à l’égard de ceux qu’ils étaient censés défendre les intérêts.
L’un a été laissé ainsi que toute sa famille dans les mains du duce, dont il fut un ministre fantomatique pendant des lustres sans aucun bilan tangible pour l’amélioration du quotidien des Congolais ; L’autre est le cheval de Troie qui sème la terreur dans son propre fief avec la complicité dorénavant prouvée du monarque afin de faire régner le chaos et la désolation. Tout ceci pour que l’on tourne la tête ailleurs pendant que toute la case Congo est en train de brûler. Il fut par ailleurs un de ses ministres délégués, rebelle maintes fois réhabilité, et dont les dernières revendications lors du dernier grabuge furent la reconstruction de sa demeure et des indemnisations pour mener grand train comme un seigneur de guerre qu’il se persuade être et dont la seule philosophie est le mysticisme confinant à l’obscurantisme. Un prestidigitateur en somme !
Ils ont mis le désordre dans le Pool sans se justifier jusqu’à ce jour. Les enfants, aussi bien du Nord que du Sud ont perdu leur vie dans cette guerre absurde, pendant que la vie continue pour d’autres.
Alors qu’est-ce qui poussent certains d’entre nous à proposer la candidature de ces deux êtres cyniques, froids, calculateurs à une parodie d’élection présidentielle qui ne servira qu’à valider encore une fois une dynastie bien ancrée ?
Tout Homme a un prix, et il ne serait pas étranger qu’après le casse du siècle opéré au Congo-Brazzaville que certains émissaires chargés de billets de banque ou de RIB (relevé d’identité bancaire) des uns et des autres, aient déjà commencé de faire leur travail d’approche.
Après avoir sacrifié les Présidents Fulbert Youlou et Massamba-Débat, ces derniers se lancent dans une entreprise suicidaire qui consisterait à livrer tous les ressortissants du Pool à ceux qui pensent que ce sont les derniers mohicans, résistants, à l’installation d’un règne familial à la tête du Congo-Brazzaville.
La raison semble quitter le Pool jadis la locomotive du pays. Les raisons purement alimentaires ou matérielles ni la précarité ne pourraient suffire à brader la dignité qui est la marque de fabrique de ce peuple. Ne dit-on pas qu'autres temps, autres mœurs ? Par ailleurs nous savons tous que ce ne sont pas les diplômes qui font les Hommes d’État. Les deux premiers présidents du Pool en étaient dépourvus, mais avaient avec eux le bon sens politique et l’amour de la nation dont ils n’avaient peut être pas le monopole.
Il est temps de tourner la page car l’on ne fait jamais du neuf avec du vieux. Au bout de plus de 59 ans d’indépendance, le peuple congolais a assez des femmes et d’hommes capables de relever le défi et de porter le flambeau pour la construction d’un Congo uni et prospère dans la cohésion nationale.
Tant il et vrai qu’actuellement la sociologie politique voudrait que l’on soutienne un ressortissant de sa région, de son ethnie, de sa tribu, de son village, ces candidats manquant souvent de projet de société, il est aussi temps de voir plus loin que le bout de son nez pour aller débusquer cette Congolaise ou ce Congolais qui nous sortira de la mouïse.
Nos régions qui ont du talent ne peuvent être prises en otage par certains qui en ont fait un fond de commerce politique pour prospérer sur la misère des autres tout en oubliant que le bonheur ne vaut que lorsqu’il est partagé.
Pour ma part et après l’avoir maintes fois écrit, il y a lieu de changer notre façon de faire de la politique au lieu de toujours faire appel aux vieilles ficelles qui ne servent qu’à pérenniser un système désastreux pour tous. Ce n’est pas non plus notre souhait à tous.
Le débat est légitime et chacun peut choisir son candidat. Mais en ces temps si durs pour notre beau pays qui se défigure au jour le jour, un changement radical s’impose et notre réflexion à tous doit s’y atteler ; Aux grands maux, les grands remèdes comme disait l’autre.
Le départ du système mafieux actuel est une nécessité absolue pour que le peuple congolais retrouve sa dignité. Les combines d’arrière boutique pour allonger ou rallonger au delà du raisonnable la souffrance du peuple congolais est inutile. Le Congo-Brazzaville va mal et pour changer il faut changer l’image.
Ce n’est pas que le département du Pool qui va mal mais tout le Congo-Brazzaville. Les Congolaises et Congolais du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest ont le droit et le devoir d’apporter leur contribution pour la renaissance de notre pays maintenant abonné aux faits divers. Les affrontements de femmes et d’hommes du passé qui ont un lourd passif n’ont plus cours.
C’est Albert Camus qui écrivait : «Faites attention, quand une démocratie est malade, le fascisme vient à son chevet mais ce n'est pas pour prendre de ses nouvelles.»
Mais quand la dictature s’installe c’est pire, car nous y sommes.
Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA



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