Congo-B: le représentant de l’ONU pour l’Afrique centrale rencontre l’opposition
Lundi, c’est sous une grande pluie que François Louncény Fall a rencontré tour à tour Claudine Munari, présidente de la Fédération de l’opposition congolaise, Pascal Tasty Mabiala, chef de file de l’opposition et Pierre Ngolo, secrétaire général du Parti congolais du travail (PCT) au pouvoir. À tous ses interlocuteurs, il a indiqué que l’ONU soutenait les consultations en vue du dialogue.
Il a invité tous les acteurs à intégrer le processus sans préalables. « C’est par le dialogue qu’on arrive toujours à trouver des solutions d’entente. Et, quand on sait que le Congo se prépare pour des élections importantes en 2021, il est important que les partis politiques puissent se parler afin de convenir d’un minimum pour aller dans les conditions apaisées à ces élections », a insisté M. Louncény Fall.
Réagissant aux propositions du diplomate onusien, Claudine Munari a déclaré : « Nous sommes attachés au dialogue, mais celui que prépare le Conseil national du dialogue sera un simulacre, car cet organe est rattaché à la présidence de la République. Aller au dialogue sans préalable, c’est de la rigolade. Un dialogue salvateur doit être précédé par la libération des prisonniers politiques », a-t-elle martelé.
LES DÉMOCRATES CONGOLAIS A François LOUNCENY FALL
Tout représentant de l’ONU qu’il est, M. François Louncény Fall est sans aucun doute très bien placé pour ne pas ignorer les aspirations des Congolais et pourquoi ces derniers posent des préalables à un dialogue face à un tyran qui, non seulement fait la sourde oreille, mais en plus n’a cessé de rouler les Congolais dans la farine.
Tribune libre
Mais, à quel jeu joue M. François Louncény Fall, le représentant de l’ONU en Afrique centrale ? C’est en tout cas la question que je me suis posée en lisant ses déclarations sur RFI au sujet du dialogue inter congolais, invitant les acteurs congolais qui posent des préalables pour un dialogue national envisagé avant la présidentielle de 2021, à reconsidérer leur position.
Tout représentant de l’ONU qu’il est, M. François Louncény Fall est sans aucun doute très bien placé pour ne pas ignorer les aspirations des Congolais et pourquoi ces derniers posent des préalables à un dialogue face à un tyran qui, non seulement fait la sourde oreille, mais en plus n’a cessé de rouler les Congolais dans la farine. Depuis 2015, le Congo-Brazzaville est plongé dans une crise politique profonde née du viol de la constitution par M. Sassou, suivi du hold-up électoral en 2016. De malheureux événements qui ont occasionné des cas de tortures, de morts et d’emprisonnements.
D’ailleurs deux avis de l'ONU, l’institution dont M. François Louncény est le représentant, exigent la libération de Jean Marie Mokoko et André Okombi Salissa, deux des nombreux prisonniers politiques de M. Sassou, et anciens candidats à la présidentielle en 2016. Que M. Lounceny Fall fasse d’abord appliquer ces deux recommandations, avant de venir donner des leçons aux Congolais sur ce qu’il faut faire et ne pas faire.
Ex-Premier ministre de Lansana Conté, successeur de Sékou Touré à la tête de la Guinée et ex-ministre des Affaires étrangères d'Alpha Condé, deux vieux dictateurs, voilà le parcours politique de l’intéressé. Déjà,avec un tel pedigree, M. François Louncény Fall part avec un a priori défavorable et ne semble rien faire pour convaincre les Congolais.
Pourquoi deux poids et deux mesures ? Depuis des semaines les Guinéens sont vent debout dans la rue, contre Alpha Condé, son ancien " patron " qui, comme Sassou en 2015, a décidé de violer la constitution guinéenne, un texte qui l’empêche de briguer un troisième mandat. Les Congolais, ainsi que les Guinéens seraient curieux de savoir par exemple ce qu'il pense des manœuvres de ce dernier. Ils espèrent que que M. François Louncény s'emploie, en coulisses, à lui faire entendre raison… Qu’il le persuade de quitter le pouvoir par la grande porte avant que le peuple ne le fasse par la violence. A ce moment-là, les Congolais commenceront peut-être à être rassurés sur le personnage.
Sassou ou l’art de rouler les gens dans la farine. Puisque M. François Louncény semble ne pas comprendre pourquoi les Congolais posent des préalables, il ferait mieux de se renseigner auprès de son interlocuteur privilégié au pouvoir depuis 40 ans et dont il se fait comme l’avocat. Si son nouveau « client » est honnête, il lui chuchotera à l’oreille : Ewo, Dolisie, Sibiti… etc. Des dialogues bidon que les Congolais ne veulent plus revivre.
Il va encore nous rouler dans la farine
Le plus grand service que M. M. François Louncény rendrait aux Congolais, c’est de demander à M. Sassou de débarrasser le plancher après 40 ans au pouvoir, plutôt que de chercher à convaincre les démocrates congolais de ne pas enquiquiner un tyran qui s’est mis dans sa tête que le Congo était sa propriété familiale


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