CONGO BRAZZAVILLE le Dialogue politique national inclusif : le point de vue du Collectif des partis de l’opposition congolaise
Introduction
Conscient de l’extrême gravité de la crise multidimensionnelle qui mine actuellement notre pays, et farouchement attaché à une paix véritable et durable, à l’unité et à la concorde nationales, ainsi qu’aux valeurs de la République et de la démocratie, le Collectif des partis de l’opposition congolaise considère que le moment est plus que jamais venu, d’une part, d’en finir avec le climat politique conflictuel actuel qui risquerait de faire retomber le Congo dans les drames du passé, et d’autre part, de passer dès maintenant à l’acte, en ouvrant sans délai, un vrai dialogue politique national inclusif, rassemblant toutes les forces vives de la nation. Comme le déclarait au milieu du 19ème siècle le roi Ghezo du royaume d’Abomey : « Si tous les fils du pays, par leurs mains assemblées, venaient boucher les trous de la jarre percée, le pays serait sauvé ». La crise actuelle interpelle tous les Congolais par-delà leur appartenance partisane.
I Pour un dialogue véritable et inclusif
Le dialogue politique national que le Collectif des partis de l’opposition congolaise appelle de ses vœux est d’abord et avant tout, un rassemblement large, ouvert sans exclusive à toutes les sensibilités politiques congolaises, car, il réunira des représentants de la mouvance présidentielle, de la mouvance oppositionnelle, des partis du centre, des organisations de la société civile et de la diaspora. Le Collectif des partis de l’opposition congolaise considère que le Congo est un patrimoine commun à tous les Congolais et partant, que la sortie de la crise actuelle requiert l’engagement de toutes les filles et tous les fils du Congo sans distinction d’appartenance politique, idéologique, philosophique, religieuse, ethnique, ethno-régionale.
Or, dans sa composition actuelle, le Conseil national du dialogue, organe consultatif du pouvoir se caractérise par un très grand déséquilibre entre les représentants de la mouvance présidentielle et alliés, et ceux de la mouvance oppositionnelle. En effet, sur les 245 membres de droit et membres désignés que compte cet organisme, 111 représentent les institutions nationales, 20, les partis de la mouvance présidentielle, 10, la présidence de la République, 5, la Primature, 10, le ministère de l’Intérieur, soit au total 156 délégués pour le compte de la mouvance présidentielle.
La mouvance oppositionnelle est représentée par un délégué au titre du Sénat, 2 délégués au titre de l’Assemblée nationale, 3 anciens dirigeants, 2 présidents de groupes parlementaires, 20 délégués des partis, 1 chef de l’opposition, soit au total 29 représentants. Les partis du centre sont représentés par 20 délégués, la diaspora par 12 délégués, les personnalités reconnues pour leur esprit de modération, 10 délégués, les confessions religieuses, 7 délégués, les ONG professionnelles, 6 délégués et les autres institutions, 5 délégués, soit un total de 40 délégués inscrits dans la rubrique « autres »
La surreprésentation des acteurs de la mouvance présidentielle et alliés au sein du Conseil national du dialogue fausse le jeu politique et viole le principe de la représentation équitable de toutes les forces vives de la nation.
C’est dire qu’un dialogue qui serait organisé dans le cadre du Conseil national du dialogue dans sa composition actuelle, ne serait qu’un rassemblement entre les partisans de la mouvance présidentielle et alliés. Dans ce cas de figure, les 29 représentants de l’opposition ne feraient que de la figuration et ce que l’on appellerait par abus de langage, « un dialogue », ne serait rien d’autre qu’un simulacre, un jeu de dupes.
L’histoire récente de notre pays montre que les parodies de dialogues organisés par le pouvoir dans le passé ont montré leurs grandes limites et n’ont réglé aucun des maux colossaux qui minent notre pays. La mouvance présidentielle et la mouvance oppositionnelle doivent être traitées de manière équitable.
C’est pourquoi, le Collectif des partis de l’opposition congolaise exige un véritable dialogue, ouvert à toutes les forces vives de la nation et fondé sur le principe de la parité entre la mouvance présidentielle et la mouvance oppositionnelle en matière de représentation. Sous cet angle, toutes les décisions consensuellement adoptées par le dialogue s’imposeront à tous les acteurs politiques et sociaux et à toutes les institutions nationales.
II Du contenu du dialogue inclusif
2.1 : Du thème central et des sous-thèmes :
Au regard de la grave crise actuelle, le Collectif suggère que le dialogue s’articule autour du thème central suivant : « La crise multidimensionnelle qui plombe le Congo : les solutions de sortie ».
Ce thème central se subdivisera en huit sous-thèmes, à savoir :
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sous-thème 1 : la crise sécuritaire et le retour à une paix véritable et durable sur toute l’étendue du territoire national en général, sur le territoire du Pool, en particulier ;
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sous- thème 2 : la crise économique et financière ;
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sous-thème 3 : la crise sociale ;
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sous-thème 4 : la crise morale ;
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sous-thème 5 : la gouvernance ;
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sous-thème 6 : le développement de la recherche scientifique et de l’innovation technologique, en vue de promouvoir une économie de la connaissance, fondée sur le savoir ;
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sous-thème 7 : la protection de l’environnement ;
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sous-thème 8 : la construction d’un compromis politique national et dynamique.
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