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André Okombi Salissa rejoint le général Mokoko en prison pour vingt ans

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André Okombi Salissa rejoint le général Mokoko en prison pour vingt ans

 

 

 

 

 


Il faudra un jour faire le procès des procès selon Sassou, tant l’arbitraire est flagrant.

Sale temps pour les anciens adversaires de Denis Sassou Nguesso à l’élection présidentielle de 2016 au Congo-Brazzaville. Les challengers de l’élection présidentielle face au khalife d’Oyo tombent l’un après l’autre sous le coup de la justice pour tentative de coup d’Etat. Au rythme du métronome, au Congo-Brazzaville de Denis Sassou Nguesso, les procès politiques ainsi que les verdicts se suivent et se ressemblent comme deux goûtes d’eau. Candidats à l’élection présidentielle de 2016, Guy Brice Parfait Kolelas, Pascal Tsaty Mabiala et Claudine Munari Mabondzo risquent-ils d’être accusés de tentative de coup d’Etat ? Seront-ils les prochaines cibles de Sassou Nguesso, Christian Oba et Michel Oniangué en vue de défricher le terrain de l’échéance présidentielle de 2021 ?

Vingt ans de prison, c’est la peine retenue par les magistrats de la Cour d’Appel de Brazzaville, Christian Oba et Michel Oniangué sur instructions de Sassou et des officines de Mpila pour châtier tout adversaire politique. Au terme donc d’une instruction menée à charge, émaillée de couacs, de non observation de la procédure et de rebondissements judiciaires, c’est au tour d’André Okombi Salissa, le patron du « Front 400 » de goûter aux affres de la Justice du Congo-Brazzaville qui a envoyé à la mort le colonel Marcel Ntsourou après sa condamnation à la perpétuité et le général Mokoko pour vingt ans à la maison d’arrêt de Brazzaville. Le général Norbert Dabira s’en est tiré avec cinq ans de prison pour avoir envisagé de faire exploser l’aéronef de Denis Sassou Nguesso. Bonne étoile ou justice à géométrie variable ? A l’échelle des condamnations, au Congo-Brazzaville, il est moins risqué de faire sauter tout un quartier de la capitale ou intenter à la vie du chef de l’Etat (le cas du général Norbert Dabira qui a écopé de cinq ans de prison) que d’entrer en rébellion contre les forces publiques pour se présenter contre Sassou surtout lorsqu’on est originaire du septentrion.

André Okombi Salissa n’a jamais reconnu les résultats du scrutin présidentiel de 2016 proclamant victorieux Denis Sassou Nguesso, alors qu’il n’aurait recueilli que 8 %, tout comme un autre candidat, le général Jean-Marie Michel Mokoko, ancien chef d’État-major des forces armées congolaises (FAC), qui a été jugé et condamné à vingt ans d’emprisonnement en 2018.

Au Congo-Brazzaville, Sassou Nguesso et Jean-Dominique Okemba exigent des magistrats qu’ils soient perpétuellement longanimes. Ce qui est le cas de Christian Oba et Michel Oniangué. Les consignes de la condamnation d’André Okombi Salissa à vingt ans de prison ferme ont clairement et scrupuleusement été respectées au doigt et à l’œil par les deux magistrats : Christian Oba et Michel Oniangué, originaires de l’axe Oyo-Boundji-Ollombo (OBO). Au cours du procès, Christian Oba, frère de Pierre Oba ( ministre des Mines et ancien ministre de l’Intérieur) et Michel Oniangué ont été malmenés et rendus minables par l’avocat dakarois Boucounta Diallo.

Les appels du pied du patron du « Front 400 », André Okombi Salissa inventoriés par Serge Armand Zanzala n’ont pas réussi à attendrir le cœur artificiel de Denis Sassou Nguesso (d’après la chanson de Lutumba Simaro). « Je suis du système… », « Sassou Nguesso est mon mentor… » et « Je ne peux pas prendre les armes pour tuer Denis Sassou Nguesso » : trois phrases d’André Okombi Salissa qui suscitent des réactions controversées !

(congopage.com, 4 mars 2019). Pensait-il être racheté en se livrant à une telle déclaration d’amour ? La crainte d’André Okombi Salissa d’une mise à l’écart totale et définitive expliquerait-il ce rapprochement avec Sassou Nguesso, son partenaire historique dans la guerre du 5 juin 1997 contre Pascal Lissouba ? L’embastillement d’André Okombi Salissa « Tout bouge » n’a provoqué aucune levée de bouclier de la part des membres du « Front 400 » réputés très agressifs et très appréciés par Sassou Nguesso pour leur atrocité et leur bestialité à l’endroit des habitants de la région du Pool en 1998.

André Okombi Salissa aurait mieux fait d’adopter une posture de rupture avec le système et afficher une stratégie plus offensive et plus incisive.


Benjamin BILOMBOT BITADYS

 

Le Congo-Brazzaville, ce goulag des temps modernes

 

Ce n'est pas à la justice que j'ai à faire mais à l'arbitraire ".

Ces mots lapidaires sont ceux de Jean Marie Mokoko, et il ne s’était pas trompé pour résumer tout du régime Sassou. Un régime tribaliste, clanique et abject qui ne recule devant rien pour la conservation du pouvoir. En plaçant ses hommes partout, l’autocrate congolais a réussi à museler toute voix discordante et à mettre tout un pays au pas.  

Comme ce fut le cas pour Jean Marie Mokoko en Mai 2018, Sassou et sa cour ont condamné Okombi Salissa à 20 ans de taule.  20 ans, c'est le tarif maison. Le verdict en soi, n'est pas une surprise car il était attendu, le contraire eut été étonnant.

C'est ainsi donc que Sassou règle ses comptes contre ses adversaires les plus redoutables. Le droit, le sien, comme arme, c’est aussi efficace que les coups de kalachnikov pour achever ses adversaires. Pas de bruit, pas de traces de sang. Un crime parfait. Contrairement à la belle vieille époque où il les passait au petit matin.

Une dictature n’a jamais été un Etat de droit. Et ce ne sont pas les avocats d’Okombi qui auront marqué de toutes leurs empreintes avec des plaidoiries éblouissantes, malmenant la cour du roi et ses avocats, qui le démentiront. Des plaidoiries comme on en fait rarement dans cette dictature sauvage et qui ont permis en tout cas à chacun de se faire une idée de ce qu’est l’Etat Sassou. Un vrai goulag.

Il y a tout de même quelque chose de bon à tirer de ce procès stalinien. Grâce à la tribune qui lui était donnée, Okombi s’en est servi pour mettre complètement à nu les méthodes du pouvoir auquel il a appartenu. Des méthodes de barbouzes qui consistent à déposer nuitamment des armes aux domiciles des adversaires politiques pour faire constater le flagrant délit, une fois Ndenguet et ses hommes envoyés sur les lieux où ils avaient déposé les armes la veille, et ainsi justifier le motif fallacieux d’atteinte à la sûreté de l’Etat. Ainsi, le piège se referme cyniquement sur la victime. Qui mieux qu’Okombi pour décrire ça, lui qui connait le système Sassou dans tous ses détails comme les doigts de sa main ?

Bien sûr, derrière tout ce cirque judiciaire, les Congolais, eux, retiennent que les ennuis d’Okombi Salissa tirent leur origine de la position qui a toujours été la sienne en 2015 contre le viol par Sassou de la constitution de 2002 et aussi, de sa contestation du hold-up électoral opéré par ce même Sassou en Avril 2016. Tout le reste, sur la prétendue conquête du pouvoir par les armes au sujet du sieur Okombi, c’est des histoires à dormir debout. Même un enfant, ne croit nullement à cette fable. 

 Et a Okombi de conclure, sûr de la sauce à laquelle il allait être mangé :  "Personne n'est dupe. J'ai assez parlé pour prouver mon innocence. Je n'ai pas de défense. Je me soumets à votre conviction. Que vous me condamniez à 20, 30 ou 40 ans, j'assume parce que je suis citoyen congolais".

Tout est dit.

La plume libre !

Diaz Mahindou

 

 
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