ALGÉRIE : L’armée algérienne lâche Bouteflika

Ahmed Gaïd Salah à Alger, en juillet 2018. Anis Belghoul / AP
Le coup est donc parti de l’état-major de l’armée, promu arbitre à la faveur d’une crise qui n’avait que trop duré. Alors que l’Algérie est sur le point d’entrer dans sa sixième semaine de protestation contre le président Abdelaziz Bouteflika, le général Ahmed Gaïd Salah, chef de l’Armée nationale populaire (ANP), a officialisé sa rupture, mardi 26 mars, avec le chef de l’Etat en lui montrant la voie de la sortie. Si l’injonction se pare de la légalité constitutionnelle, tout en se prévalant des « revendications légitimes du peuple », une telle intervention de l’ANP dans le débat public ne manquera pas de raviver de vieilles querelles sur le rôle des « décideurs militaires » dans la vie politique de l’Algérie depuis son indépendance en 1962.
En tournée dans la quatrième région militaire de Ouargla, la grande ville du Sud algérien à 750 kilomètres d’Alger, M. Gaïd Salah a proposé de hâter la retraite politique de M. Bouteflika en activant l’article 102 de la Constitution, relatif à l’empêchement du chef de l’Etat. En vertu de cette disposition de la loi fondamentale, le président du Conseil constitutionnel, constatant l’impossibilité du chef de l’Etat d’exercer ses fonctions pour « cause de maladie grave et durable », est habilité à demander au Parlement de « déclarer » son « état d’empêchement ».
Âgé de 82 ans, M. Bouteflika est très affaibli par la maladie au point qu’il n’est pas intervenu publiquement depuis 2013. Les cérémonies officielles organisées en son honneur par ses partisans se déroulaient depuis devant son simple portrait encadré.
« Parole donnée »
Le message du général Gaïd Salah, diffusé en boucle à la télévision publique, confirme l’existence de fractures profondes au sein du régime algérien quant au sort à réserver à M. Bouteflika. Le général Gaïd Salah avait fait partie des plus fervents soutiens à la candidature du chef de l’Etat à un cinquième mandat pour le scrutin initialement prévu le 18 avril. A Alger, on le disait tenu par une
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