Nous orientons nous vers un Dialogue inter-congolais à Brazzaville ?

Le séjour à Brazzaville, la semaine dernière, de François Lounceny Fall, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique centrale, a permis de mettre sur les rails la tenue d’un dialogue réunissant les forces vives de la Nation, pour aborder les questions de cohésion nationale et du développement du pays.
Durant son séjour à Brazzaville, François Lounceny Fall a rencontré les principaux acteurs politiques du pays (opposition, centre, majorité) tout comme le Secrétaire permanent du Conseil national du dialogue, Me Martin Mbéri.
Il a exprimé au Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, à l’audience qu’il lui a accordée, le 14 février, l’engagement des Nations Unies à apporter leur soutien au processus du dialogue au Congo.
A l’issue de son entretien avec Martin Mbéri, pour comprendre le rôle et le fonctionnement du Conseil national du dialogue, François Lounceny Fall lui a promis le soutien des Nations Unies. « En tant qu’organe permanent du dialogue, nous pensons que le Congo est sur la bonne voie et qu’il est important que les Nations Unies apportent un soutien conséquent à cet organe consultatif, parce que le dialogue est l’unique voie de recours dans les pays en voie de développement démocratique », a confié le diplomate onusien.
Ce faisant, il a lancé un appel aux dirigeants politiques de tous les bords d’accepter de travailler avec le Conseil national du dialogue, « parce que, c’est le cadre permanent mis en place pour permettre aux acteurs politiques de discuter de manière consensuelle ».
Avant cela, François Lounceny Fall, a rencontré les acteurs politiques de l’opposition et de la majorité. Mercredi 13 février dernier, il s’est entretenu avec Pierre Ngolo, Président du sénat, Président par intérim de la Majorité présidentielle et secrétaire général du Pct.
Il s’est aussi entretenu avec Pascal Tsaty-Mabiala, député et chef de l’opposition politique congolaise. Leur entretien a porté essentiellement sur les questions d’intérêt national, entre autres, la gouvernance électorale (la CENI, le fichier électoral, etc), la situation du Pool, la crise économique et financière, l’accord avec le FMI et le dialogue national, indique le communiqué publié par l’UPADS, le 14 février.
Réclamée par les différentes tendances de l’opposition, institutionnalisée par la Constitution à travers une institution permanente, le dialogue est un sujet qui divise la classe politique congolaise.
Le dernier dialogue qui s’est tenu à Sibiti (Commune et chef-lieu du Département de la Lékoumou), en juillet 2015 avait pris comme décision le changement de la Constitution. Rejetant cette décision, l’opposition avait tenu aussi son propre dialogue à Diata (Brazzaville) du 26 au 29 juillet 2015 ; un dialogue alternatif à l’issue duquel l’opposition avait adopté un mémorandum appelant le Président Sassou-Nguesso à ne pas changer la Constitution.
Pour départager les deux tendances, un référendum constitutionnel avait été organisé, mais boycotté par l’opposition. Les hostilités armées qui ont embrasé le Département du Pool, à partir du mois d’avril 2016, la crise post-électorale qui a suivi le scrutin présidentiel anticipé du 20 mars 2016, etc, trouvent leur origine dans la crise politique qui a entouré l’entrée dans la nouvelle République, par le manque de consensus : le dialogue de Sibiti boycotté par les principaux partis de l’opposition ; le dialogue de Diata jugé illégal par le pouvoir ; la tenue de la Présidentielle sous un embargo des communications de plusieurs jours ; les résultats nocturnes de la Présidentielle contestée par l’opposition.
Après le règlement de la crise du Pool, la perspective du prochain scrutin présidentiel prévu au plus tard en mars 2021 rend nécessaire la tenue d’un dialogue national, pour décrisper le climat politique national envenimé par trop de situations conflictuelles.
Raison pour laquelle les Nations Unies apportent leur soutien à cette démarche, afin que le Congo-Brazzaville s’arrime à l’ère de la démocratie « apaisée », comme déjà d’autres pays africains.
Nous émettons le vœu que les prisonniers politiques Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa soient libérés, comme mesures de décrispation, d’apaisement et de prolongement politique des accords de paix conclus dans le Pool.
Ces libérations sont des conditions indispensables à la tenue d’un dialogue national crédible.
La Génération Consciente du Congo (GCC)



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