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DIPLOMATIE: « Les présidents africains sont conscients que les services secrets français ne sont pas à leur service »

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    DIPLOMATIE: « Les présidents africains sont conscients que les services secrets français ne sont pas à leur service »

     

     

     

     

     

     

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    LA COOPÉRATION EST DÉSÉQUILIBRÉE. LA FRANCE A DES MOYENS TECHNOLOGIQUES QUE LA PLUPART DES ÉTATS SUR LA PLANÈTE N’ONT PAS

    Comment coopèrent les services de renseignement français et africains ?

    La coopération est déséquilibrée. La France a des moyens technologiques que la plupart des États sur la planète n’ont pas. Elle fait de l’imagerie satellitaire, des interceptions… Tout ça est très précieux. Les pays africains proches de la France sont demandeurs de ce type de renseignement.

    Après, la DGSE est moins bien informée qu’à l’époque où elle avait davantage de personnel sur place et des liens privilégiés avec tel ou tel président. Elle a plus besoin de relais locaux qu’auparavant. La France sait très bien qu’elle ne peut pas tout et qu’il faut que ses partenaires locaux prennent les choses en main – d’où, par exemple, son aide à la mise en place d’une coopération en matière de renseignement au sein du G5 Sahel.

    La France garde-t-elle une certaine tutelle sur les pays de son ancien pré-carré grâce à ses services secrets ?

    Cela permet à la France de rester dans le jeu et de garder un statut particulier dans plusieurs pays. Mais je ne crois pas qu’on puisse parler de tutelle pour autant. Les dirigeants africains ne disent jamais tout aux Français. Ils défendent avant tout leurs propres intérêts. Quand ils rejoignent les intérêts français tant mieux, mais si ce n’est pas le cas tant pis.

    Quid des pays qui n’ont pas été colonisés par la France ? Certains font-ils l’objet d’une attention accrue des services français ?

    La DGSE n’y est pas très présente, à part dans les grands pays où il y a des intérêts économiques importants : l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Angola… Dans les pays où elle est moins présente, la DGSE a aussi des remontées d’informations via ses anciens agents passés dans le privé.

    Dans le livre, vous évoquez un réseau de sources varié tissé par les services français sur le continent, comme les Corses en Afrique centrale ou les Touaregs au Sahel. Ce réseau de sources est-il toujours le même ou a-t-il évolué ?

    Il a évolué. Les réseaux corses existent encore, mais ils sont moins puissants qu’à l’époque de Jacques Foccart ou d’Elf-Aquitaine. Au Sahel, la France continue à s’appuyer sur des réseaux touaregs.

    Mais le vrai changement est que la DGSE n’a plus d’agents placés directement au contact des présidents – le dernier de cette caste étant Jean-Marc Gadoullet auprès d’Idriss Déby Itno, au Tchad.

    Globalement, beaucoup de moyens sont aujourd’hui aspirés par la lutte anti-terroriste. La France a donc une connaissance moins fine de ce qui se passe sur le continent africain, y compris dans des pays dont elle était très proche comme la Côte d’Ivoire.

    LA DGSE EST UN INSTRUMENT À LA MAIN D’EMMANUEL MACRON, COMME ELLE L’A ÉTÉ POUR TOUS LES PRÉSIDENTS

    Emmanuel Macron a-t-il autant recours aux services de la DGSE sur le continent que ses prédécesseurs ?

    Le fait qu’il ait placé Franck Paris – qui était par ailleurs son camarade de promotion à l’ENA – à la tête de la cellule Afrique de l’Élysée n’est pas anodin. Emmanuel Macron est très intéressé par les questions de sécurité et de défense.

    Pendant une heure, tous les mercredis matins, il réunit tous les responsables du renseignement à l’Élysée avant le conseil des ministres. Il a un œil très averti sur ces questions. La DGSE est un instrument à sa main, comme elle l’a été pour tous les présidents.

    Les services de renseignement dictent-ils la politique africaine de la France ?

    Cela dépend un peu des priorités du moment. La menace terroriste étant devenue considérable à partir de 2015, les services de renseignement occupent désormais une place très importante dans l’appareil d’État et le processus de décision.

    Cela date un peu, mais en 2013, François Hollande décide de lancer l’opération Serval au Mali parce que la DGSE aurait transmis des informations faisant état d’une offensive des jihadistes en direction de Mopti. La DGSE peut donc avoir un rôle fondamental.

    Lire la suite sur...https://www.jeuneafrique.com/637429/politique/les-presidents-africains-s...

     

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