ANGOLA: Le fils de l'ex-président dos Santos incarcéré pour corruption
L’ancien patron du fonds souverain angolais et fils de l’ex-président Jose Eduardo dos Santos, Jose Filomeno dos Santos, a été placé en détention provisoire lundi 24 Septembre 2018 dans le cadre d’une affaire de détournement de fonds portant sur 1,5 milliard de dollars, a annoncé le parquet général.
José Filomeno dos Santos em prisão preventiva por burla Filho do ex-presidente de Angola foi formalmente acusado pela PGR.

La justice angolaise a placé en détention lundi un des fils de l'ancien président Jose Eduardo dos Santos accusé dans une vaste affaire de détournement de fonds, nouvelle étape du grand nettoyage engagé contre l'ancien régime par le nouveau chef de l'Etat, Joao Lourenço.
Inculpé en mars mais jusque-là laissé sous contrôle judiciaire, Jose Filomeno dos Santos, ancien patron du fonds souverain angolais, est le premier membre de la famille de l'ancien maître du pays incarcéré.
"En raison de la complexité et de la gravité des faits et afin de garantir l'efficacité de l'enquête (...), le ministère public a décidé d'appliquer aux accusés une mesure de détention préventive", a annoncé le procureur général, Alvaro Da Silva Joao.
"Les éléments de preuve rassemblés dans le dossier constituent des preuves suffisantes que les accusés se sont engagés dans des activités de corruption", a ajouté le magistrat.
L'homme d'affaire angolo-suisse Jean-Claude Bastos de Morais, un des proches du fils dos Santos qui a géré une partie du fonds souverain, a lui aussi été placé en détention provisoire.
Surnommé Zenu, Jose Filomeno dos Santos est poursuivi pour "fraude, détournement de fonds, trafic d'influence, blanchiment d'argent et association criminelle" avec d'autres personnalités, dont l'ex-gouverneur de la Banque centrale (BNA), Valter Filipe da Silva.
Selon le ministère angolais des Finances, le fils dos Santos est soupçonné d'avoir mis au point, alors qu'il dirigeait le fonds souverain, une gigantesque fraude qui aurait pu lui permettre de détourner, avec ses complices, jusqu'à 1,5 milliard de dollars.
- Virement suspect -
Cette escroquerie avait été maquillée en un plan qui devait permettre à l'Angola de bénéficier de 35 milliards de dollars de financements, avec une fausse garantie de la banque Credit suisse.
La fraude avait été découverte à la faveur d'un transfert suspect de 500 millions de dollars vers le compte londonien du Crédit suisse, bloqué par les autorités britanniques.
Le ministère public suisse a de son côté annoncé en mai avoir ouvert une enquête pour "blanchiment d'argent" dans cette affaire et mené plusieurs perquisitions.

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