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INTERVIEW DE Clément MIERASSA AU NOUVEAU REGARD

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    INTERVIEW DE Clément MIERASSA AU NOUVEAU REGARD

     

     

     

     

     
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    Interview

    Le Président Lissouba disait : « servir et non se servir » dixit Clément Miérassa

    Clément Mierassa, président de la formation politique dénommé PSDC et statisticien de renom, en se prêtant à notre Rédaction à déplorer la mauvaise gestion de la chose publique par les autorités du régime de Brazzaville.  

    Question : Monsieur le président bonjour !

    Réponse : Bonjour monsieur le journaliste.

    Question : En visite officielle au Bénin, la Directrice générale du Fmi, Christine Lagarde a épinglé le Congo-Brazzaville qu’il y a des équilibres macros très importantes. Les exigences sont telles que : livres ouvertes, chiffres claires, et parfaite détermination de l’ensemble de la dette publique. Pensez-vous que les autorités pourront s’en sortir ?

    Réponse : Merci bien monsieur le journaliste. Avant de m’y pencher  je vais faire deux remarques :

    La première est qu’après la dernière interview  que je vous ai accordée, un convoi de six véhicules remplis d’éléments de la force publique m’a manqué chez moi le 7 juillet 2017 promettant me servir la guerre. Il semblerait que mes points de vue étaient considérés comme des déclarations de guerre. Ceci malgré le fait que la loi fondamentale garantit la liberté d’expression. La deuxième est que je suis préoccupé depuis que j’ai suivi les incidents qui se sont produits au mois de novembre à la salle de la Semaine Africaine où les avocats  de André Okombi Salissa devaient tenir une conférence de presse. J’ai été indigné par le sort réservé à plusieurs journalistes. Je condamne cela avec force et espère que l’enquête promise ira à son terme, que les responsabilités seront établies et que des sanctions seront prises.

    Je suis triste pour cela et note que cela peut s’interpréter  comme l’expression d’une volonté de ne pas voir l’opposition s’exprimer. Le presse est le quatrième pouvoir et mérite à ce titre beaucoup de respect. J’ai une pensée particulière pour vous les journalistes et espère que vous continuerez à faire votre travail avec autant d’amour, de dévouement et de sagesse.

    Pour revenir à votre question qui est très pertinente, il me semble nécessaire que les congolais revisitent leur histoire surtout leur passé récent. Il faut que les congolais se souviennent des conditions de départ du Président Youlou en 1963 avec un chant qui n’honorait pas du tout les congolais. Chant dans lequel on disait : « Youlou a tout volé, nous rebâtirons de nouveau, suffit la liberté Congo é». Et nous avons un certain nombre d’autres repères. Il vous souviendra de ce qu’on a appelé la déclaration du 12/12/1975 : déclaration au cours de laquelle, les dirigeants politiques de l’époque ont marqué un arrêt et ont dressé un tableau extrêmement sombre de la situation du Congo et envisageait un certain nombre de mesures pour redresser la situation. Il y a eu dans ce pays ce qu’on appelait la conférence nationale des entreprises, il y a eu la conférence nationale souveraine et nous venons aux derniers événements, notamment la guerre qui a secoué notre pays en 1997.  A la suite de celle-ci, le Congo est rentré en négociation avec les Institutions financières internationales. Cela a duré plusieurs années, parce que ces négociations ont commencé pratiquement en 1999 et elles se sont terminées en 2010. Elles ont été suivies par plusieurs ministres des finances, le premier ministre des finances c’était Mathias Dzon après s’en sont suivis Roger Rigobert Andely, Pacifique Issoïbeka et on a terminé avec Gilbert Ondongo, pour atteindre le point d’achèvement en 2010. Donc le Congo a atteint le point d’achèvement en 2010. Et vous voyez qu’il y a un certain nombre des recommandations qui avaient été formulés. Ces recommandations concernent quoi ? Le fait que le Congo devrait avoir une politique d’endettement qui permette d’aller au développement. Parce que l’atteinte au point d’achèvement nous avait permis une réduction significative de la dette qui avait ouvert les perspectives de développement de ce pays. Malheureusement, et vous le savez en 2012 déjà, plusieurs acteurs politiques congolais dont moi-même avaient déjà tiré la sonnette d’alarme pour dire que le Congo traverserait une crise multidimensionnelle et qu’il fallait que les fils de ce pays s’asseyent dans ce que nous avions appelé les états généraux pour examiner la situation et redresser la barre. On ne nous a pas entendus. Des voix se sont élevées pour dire que le Congo n’était pas en crise. D’autres se sont élevées pour dire qu’on avait tellement d’argent, on n’avait pas à se plaindre. Il vous souviendra même que l’un des records qu’on a affiché ou qu’on a voulu donner au Congo en 2010, c’était que le Congo avait le budget le plus élevé des pays de la zone franc hormis la France, c’est bien ! Et on ne peut pas comprendre que, notre histoire soit jonchée non seulement je dirai des constats qui sont faits et d’une incapacité de résoudre ces problèmes.

    Et j’en viens à votre question après cette illustration pour dire, ce que j’ai retenu du message de Christine Lagarde et du commentaire du journaliste de Rfi : le Congo très mauvais élève du Fonds monétaire international et le Congo a caché sa dette et on demande au Congo d’ouvrir les livres sinon nous n’obtiendrons pas ce que nous recherchons à savoir la signature d’un programme avec le Fonds monétaire international.

    Alors monsieur le journaliste, prenez le dernier communiqué. Il fait apparaitre quoi ? La peur que les acteurs politique congolais, que les dirigeants ont de la transparence. Rappelons  que le Président Lissouba disait : « servir et non se servir ». Malheureusement nous les acteurs politiques congolais nous avons choisi de nous servir et non de servir le pays. Nous n’aimons pas ce pays. Et nous autres, nous  avions, souvent eu le courage (il faut le dire) de dénoncer ce qui se passait. Vous les journalistes vous nous aviez suivi, que ce soit ce qui concerne la crise depuis 2012, que ce soit ce qui concerne les choix économiques, que ce soit ce qui concerne la qualité de la dépense, que ce soit même en ce qui concerne l’appréciation des ministres de la zone franc.

    Il vous souviendra qu’au mois de mars 2017, la réunion des ministres des finances de la zone franc a épinglé la zone Cemac pour une attitude d’indiscipline budgétaire. Aujourd’hui, le Congo est dans une situation extrêmement préoccupante. La situation, elle est véritablement chaotique. Je vous donnerai quelques éléments, l’Assemblée vient d’adopter la loi rectificative du budget 2017. Celui-ci  qui était adopté à 2744 milliards est ramené à 1513 milliards. C’est-à-dire qu’il a été réduit de 45%. Nous avons vécu au-dessus de nos moyens, nous avons eu beaucoup de moyens, nous avons eu des excédents. Le gouvernement a pris l’engagement de faire faire l’audit du compte de stabilisation  et de le rendre public. On n’a jamais vu le moindre audit. Donc ce que Madame Lagarde a constaté, je suis au regret de le dire, beaucoup de congolais, beaucoup de cadres, que ce soit les cadres politiques ou les cadres techniques congolais l’ont relevé. Mais les dirigeants ont toujours voulu faire la sourde oreille.

     

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Et vous avez vu que lorsqu’on a formé le dernier gouvernement, on a mis en exergue l’efficacité. En quoi  il est efficace après avoir plongé le pays dans cette situation. Est-ce qu’il est capable de le relever ? S’il l’a plongé dans une période de vaches grasses, est ce que dans une situation de vaches maigres comme c’est la situation aujourd’hui, est ce qu’il peut la relever ? Et nous avons beaucoup d’exemples. Je vous citerai des exemples pour être concret monsieur le journaliste. Nous avons dénoncé à plusieurs reprises la corruption au Congo. Nous avons relevé que l’indice de perception de la corruption au Congo, faisait du Congo l’un des pays les plus corrompus du monde. Et les dirigeants congolais aiment à dire, qu’on ne peut se développer si on ne lutte pas contre la corruption. Que la corruption c’est le cancer de l’économie, c’est un véritable obstacle au développement. Où en sommes-nous ? Nous avons dénoncé le fait que le bout de route qui part derrière chez moi jusqu’à l’aéroport : 2,800 km. Ça a coûté plus de 9 milliards, c’est-à-dire plus de 3 milliards le kilomètre. Est-ce que nous avons été entendus ? Le Président de la République déclare, lors de son discours d’investiture en 2009 que le Congo n’est pas exempt de corruption, de détournement, de concussion, de népotisme et autres. Et il a précisé : « là ce sont les gouvernants qui sont interpellés ». Combien de gouvernants ont été interpellés ? Donc, le message de la Directrice du Fonds monétaire sonne comme le glas dans ce que les congolais eux-mêmes connaissent. Ils ont choisi le silence pour suivre la situation. Maintenant que la situation arrive à un niveau préoccupant, parce que figurez-vous, lorsqu’on ramène le budget de 2017 à 1513 milliards, la ligne rubrique du personnel fait 451 milliards, les bourses font 38 milliards, les transferts aux établissements publics font également 85 milliards, ça fait déjà plus de 500 milliards. Et il vous reste combien ? Et là-dedans dans ce qui reste, est-ce que vous pouvez payer la dette, faire fonctionner les services, avoir un bon budget d’investissement ?

Regardez le drame du Congo, notre incapacité en tant que acteurs politiques de respecter nos propres textes. Prenez rien que l’article 48 de la Constitution de 2002, il disait quoi ?  « Tout citoyen élu ou nommé  à une haute fonction doit déclarer son patrimoine à l’entrée et à cessation de ses fonctions ». Pourquoi nous ne le faisons pas ? Mais parce que nous avons des choses à cacher. Et lorsqu’aujourd’hui, le Fonds monétaire internationale relève nos faiblesses, en matière de lutte contre la corruption, en matière de statistique, je suis un statisticien, je suis plus que préoccupé. Je suis au regret de vous faire constater, que notre niveau de développement statistique, est  largement en deçà de celui des pays comme le Burkina Faso, le Niger qui au point de vue de la richesse ne sont pas plus riches que nous. Mais il faut savoir une chose, si vous n’avez pas de statistiques fiables, vous ne pouvez pas avoir des décisions appropriées. Et c’est le cas du Congo. Donc le message en fait de la Directrice générale du Fmi, c’est le constat qui est fait de la peur des congolais vis-à-vis de la transparence. Nous sommes dans la mauvaise gouvernance, nous sommes dans la peur de la transparence, nous sommes dans l’irrespect dans nos lois et règlements de la République, nous sommes dans une vision qui n’est pas une vision qui peut faire progresser la société mais qui est plutôt une vision de régression. Il ne faut pas dormir sur ses lauriers maintenant que ce constat est fait. Il faut prendre la réalité en face et se dire que ferons-nous pour redresser les choses. Est-ce que le gouvernement actuel est capable ? J’en suis très inquiet. Croyez-vous monsieur le journaliste, je prends un exemple simple, pas par jalousie mais pour illustrer un certain nombre des choses: un ministre d’Etat congolais est censé gagner presqu’autant que le Président des Etats-Unis, un ministre congolais est sensé gagné plus que le Président français. Ça ne vous fait pas réfléchir. Et depuis qu’on parle de crise, on parle de réduction du train de vie   de l’Etat, qu’est ce qui a été fait ? Absolument rien. Et c’est pour ça que l’on constate, qu’il y a un manque de volonté politique. Et il faut qu’il y ait la volonté politique pour  que nous avancions. Sans cette volonté, sans une capacité de remise en cause, nous allons tourner en rond. Mais maintenant que le Fonds monétaire a mis les pieds dans le plat et est en train de secouer la casserole,  demande que les audits se réalisent alors que nous-mêmes nous les avions demandé depuis longtemps. Il vous souviendra que moi-même j’ai demandé à plusieurs reprises qu’on fasse l’audit du Trésor, qu’on fasse l’audit de la Délégation des Grands Travaux, qu’on fasse l’audit des Marchés publics, qu’est-ce qu’on nous a dit. Nous-mêmes nous avons souvent demandé qu’on renforce les rôles des organes de contrôle, quelles ont été les réponses à ces préoccupations ? Le silence ! Et on traine cette affaire. Pour terminer, je vous ferai une confidence, en 2008 j’étais Président de l’Ard et à ce titre nous avons profité de la publication du livre de Xavier Harel « Afrique : Pillage à huis clos » qui relevait que, de 2003 à 2005, 1 milliard de dollar c’est-à-dire l’équivalent de plus 500 milliards de francs Cfa n’avait pas été pris en compte dans le tableau des opérations financières de l’Etat au Congo. Nous avons saisi la Cour des comptes. Nous avons fini par écrire au président de l’Assemblée. Nous avons écrit au président du Senat. La réponse était quoi ? Le silence complet. Au moins la Cour des comptes a eu la gentillesse de nous  signifier, que nous n’avions pas le droit de les contacter et qu’elle nous a cité le nombre des personnalités qui devraient la contacter. Mais ça ne résout  pas le problème du Congo. Donc la situation du Congo, c’est une situation qui est connue maintenant de tout le monde. Je pense que les choses se clarifieront et l’on demande des réformes immédiates avant la conclusion d’un programme. Le programme a été demandé en décembre 2016 par le Sommet des Chefs d’Etat de la Cemac. Le Cameroun, le Gabon, le Tchad, la RCA sont déjà en programme avec le Fonds monétaire international. Un an après, le Congo et la Guinée Equatoriale n’y sont pas. Vous ne voyez pas que nous constituons un problème. Pas seulement pour les congolais mais y compris pour la sous-région et y compris pour la communauté internationale. Donc je crois que le moment est venu que nous en prenons conscience et que nous avancions. Nous devons avoir une juste appréciation de la gravité de la situation, du chaos dans lequel nous sommes plongés. Il faut le dire avec force : que nous vivons aujourd’hui dans un pays extrêmement riche mais où les habitants ploient dans une misère indescriptible. Il faut que l’on avance. Cette situation ne doit pas perdurer. Elle doit s’arrêter.

Question : Cette dette cachée par les autorités du pays et qui fait couler beaucoup d’eau sous le pont, constitue-t-elle une épine dans les discussions avec le Fmi ?

Répondre : Il important de rappeler que l’année 2017 a été décrétée année de rigueur et de la vérité. Le problème de la dette une véritable épine. Quand nous nous sommes battus pour l’atteinte du point d’achèvement  que nous avons obtenu en 2010, quelle était la philosophie ? La dette constituait un véritable goulot d’étranglement pour le développement du Congo et qu’il fallait régler cette question. Lorsque nous avons atteint le point d’achèvement en 2010, cette question a été réglée. Et nous avons sauf si je me trompe, pris des engagements pour prohiber des procédures comme celles du gage dans le secteur pétrolier et dans le secteur des mines. Et à l’époque, nous avions un niveau de dette qui était jugée insoutenable qui ne nous permettait pas d’avoir des bonnes perspectives d’avenir. Mais comment expliquer que six ans après, nous retombons dans une situation où nous cachons la dette. Et lorsque le Fonds monétaire international le dit, il faut expliquer aux congolais. Chaque année le  Fonds monétaire international effectue une mission dans chaque pays, au titre de consultations, au titre de l’article 4 et le Congo est membre du Fonds monétaire international. Si je comprends bien, ça veut dire que, à chacune de ces consultations, nous n’avons pas été sincères et nous n’avons pas ouvert nos livres. Mais nous avons caché dans quel intérêt ? Regardez la situation dans laquelle le Congo se retrouve. Nous avons connus une embellie financière. Nous avons connu des budgets extrêmement élevés. Nous avons été censés avoir dégagé des excédents budgétaires. Et nous nous retrouvons non seulement avec un niveau de dette inexplicable et nous nous retrouvons en plus avec des questions de gage de nos ressources etc. Non ! Je crois que la peur de la transparence doit sortir de la tête des congolais surtout des acteurs politiques. Et c’est pour ça qu’il faut que nous allions à la transparence. Que nous nous remettons en cause. Aujourd’hui vous savez avec les panama et les paradis papers, si vous avez de la richesse cachée dans ces paradis fiscaux, on finira un jour à l’autre par vous la découvrir. Et ce qui me choque monsieur le journaliste, c’est l’inégalité dans le traitement. Vous avez un pays dans lequel, on s’acharne sur les opposants. Ils sont nombreux à la Maison d’arrêt être à avoir été arrêtés. Soi-disant pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Pendant ce temps les congolais voient les scandales économiques, les crimes économiques restées impunis. Vous avez suivi qu’un député a relevé lors de la dernière interpellation du gouvernement par l’Assemblée, qu’il y avait une route inexistante, pour laquelle les fonds auraient été débloqués; c’est très grave. Et qu’est-ce qu’on fait ? Lorsqu’on dit qu’on a caché la dette, on a menti, qu’est-ce qu’on fait : absolument rien. Cette impunité, ne peut pas continuer. Sinon nous scions  la branche de l’arbre sur laquelle nous sommes assis. Et à mon avis, ce n’est pas du tout intéressant. Il y a deux poids et deux mesures alors que selon notre loi fondamentale tous les congolais sont égaux devant la loi. Cette situation crée beaucoup de frustration et ne favorise ni l’unité, ni la cohésion,  ni la concorde nationales. Donc aujourd’hui ça me fait très très mal en tant qu’acteur politique, très mal en tant que statisticien et très mal parce que nous avons une structure qui est censée gérer toutes les questions de la dette au Congo, c’est la Caisse congolaise d’amortissement. Dans quel intérêt on a voulu cacher cette dette ? Alors, on allait continuer de le faire si le Fonds monétaire international n’était pas venu. Et moi je suis scandalisé d’entendre certains acteurs politiques dire, nous allons avoir maintenant la possibilité de la détermination de notre dette avec le Fonds monétaire international. C’est notre dette et on attend que ça soit le Fonds monétaire international qui la détermine. Reconnaissez qu’il y a un problème extrêmement grave. Je crois, que les congolais doivent connaître la vérité puisque le Fonds monétaire international a recommandé l’Audit sur la bonne gouvernance dans tous ses secteurs. L’interprétation que je donne c’est quoi, c’est le secteur politique, c’est le secteur économique, c’est le secteur financier, c’est le secteur social, c’est tous les secteurs qu’il faut regarder. Et ça nous ramène à une question qui nous a toujours intéressées, le problème de la gouvernance électorale. Si on a caché la dette que disons-nous des résultats des élections ? Voilà, les questions qui intéressent les congolais. Et c’est tout le pavé. Et c’est toute la classe politique qui est pratiquement remise en cause. Et moi, ça me fait froid au dos en tant que statisticien congolais de voir l’image de mon pays être ternie au plan international sous prétexte que nous avons menti, sous prétexte que nous avons caché la dette. Et je crois que des mesures draconiennes doivent être prises, que des sanctions soient prises à l’endroit de ceux qui sont responsables de ce genre de situations. Si nous ne le faisons pas nous n’avancerons pas.

Question : S’agissant des réformes fortes et immédiates dont on a fait mention dans le communiqué de presse du Fmi, qu’est-ce que cela vous fait dire ?

Répondre : Il y a des choses qui me font sourire. J’ai lu le livre que  Gabriel Entcha Ebia a publié en 2009, sous le titre : « 800 jours au ministère de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat » Il disait ceci en ce qui concerne l’obligation de déclaration du patrimoine.

« En application des dispositions de l’article 48  de la Constitution, j’ai initié un avant-projet de loi obligeant tous les citoyens élus ou nommés à des hautes fonctions à déclarer leurs biens à leur prise de fonctions et à la cessation de celles-ci. Ce texte pourtant attendu par la Communauté financière internationale, était d’une extrême importance, puisqu’il s’inscrivait dans le cadre de la lutte contre la corruption. Mais les éléphants du gouvernement, tournant le dos aux principes de transparence et de la bonne gouvernance, l’ont plutôt torpillé à telle enseigne qu’il n’a dépassé le cap de l’interministériel. Mon successeur reprit ce dossier après moi sans plus de succès et va, malgré les instructions  du Président de la République lui-même. C’est cela la force du système. On a beau être animé des meilleures intentions du monde, seul, on ne peut pas transformer le monde. Que comprenne qui pourra », fin de citation.

Le 20 juillet 2004, il y a plus de 13 ans, Gabriel Entcha Ebia avait transmis au Secrétariat  général du gouvernement un projet de loi relative à l’obligation de déclaration du patrimoine par tous les citoyens élus ou nommés à une haute fonction  publique. Et  jusqu’à ce jour, ce texte important n’a jamais été pris et pour quelle cause !

Sur la même question Feu André Milongo avait déposé au Parlement un projet de loi. Personne ne sait ce que ce texte est devenu.

Comme on le constate, ce n’est pas facile.

A cela il faut maintenant  l’audit sur la gouvernance et la lutte contre la corruption.

Certains d’entre nous, ne sommes pas heureux mais je pense que c’est un passage obligé. Tous les acteurs politiques et les congolais doivent comprendre. Nous avons besoin de réaliser une remise en cause fondamentale. Nous avons besoin d’une forte volonté politique. Il s’agit de privilégier l’intérêt général au détriment de l’intérêt individuel.

Je vous signale que selon l’indice de perception de la corruption publié par Transparency International, le Congo est classé parmi les pays les plus corrompus du monde.

Et tout le monde sait que la corruption est le cancer de l’économie et un gros obstacle au développement. L’indice de démocratie nous classe parmi les pays à régime autoritaire. Vous suivez les débats sur la gouvernance électorale.

Bref, nous avons besoin d’un bon sursaut national. Tous les congolais doivent apporter leur soutien à la réalisation de ces réformes.

Question : Finalement à quel moment les congolais pourront-ils espérer à un lendemain meilleur ?

Répondre : Il y a un slogan que j’ai beaucoup admiré par le passé : « Vivre durement aujourd’hui pour mieux vivre demain ». il y a un autre que j’ai également bien retenu : « lorsqu’on serre la ceinture ici, il ne faut pas qu’il y ait gaspillage là ». Aujourd’hui il faut dire que le Congo, nous avons raté un rendez-vous extrêmement important. Nous avons eu des ressources extrêmement importantes qui auraient pu nous permettre de bâtir un socle très intéressant pour notre avenir et pour l’avenir de plusieurs générations. Aujourd’hui, il s’agit vraiment de sortir de cette crise multidimensionnelle quelque soient les solutions envisagées. Moi j’ai toujours été de ceux qui pensent qu’il nous faut avancer dans la cohésion nationale, au lieu de faire ce que nous vivons maintenant : les fonctionnaires sont payés chaque mois, les retraités ont douze mois d’arriérés, le Chu en a quatre et ce n’est pas une démarche de cohésion nationale. C’est pour ça que nous avions toujours milité pour la réconciliation nationale. Dans un premier temps nous avons souhaité qu’on aille aux états généraux de la nation pour que les congolais dans leur ensemble s’approprient de ce qu’il faut faire pour que nous sortions ce pays  de la crise. Pour que nous prenions des engagements et que ces engagements puissent être respectés. On n’a pas voulu des états généraux. Nous avons parlé du dialogue national inclusif sous l’égide de la Communauté internationale, on ne veut pas en parler. A chaque fois on dit qu’il y a des solutions…Non, je crois que le pays est là, c’est notre pays. Il y a des responsabilités selon moi qui auraient dû et qui devraient être établies mais pour le reste prenons la situation telle qu’elle se présente. Réfléchissons à l’avenir et voyons qu’est-ce que les congolais peuvent faire ensemble pour sortir ce pays de ce marasme dans lequel le Congo est plongé, ceci tout en veillant à la sauvegarde de l’unité et de la concorde nationales.

Question : Pour la recherche des voix de sortie, seriez-vous prêts d’apporter votre pierre à l’édifice au cas où l’on vous solliciterait ?

Répondre : J’ai toujours agi pour apporter ma contribution. Quoique traité d’opposant radical, je fais des propositions que vous connaissez. C’est pourquoi qu’on aille vers l’amélioration de la situation. Il est dommage que certains amis politiques aient toujours vue ça en termes de recherche de positionnement politique. Mais eux, ils ont fait quoi ? Il y a des partis qui gagnent toutes les élections et le Congo est plongé dans cette situation, quelle est leur responsabilité ? Quelque part il y a quelque chose qui ne marche pas. Vous ne pouvez pas pendant 20 ans gagner toutes les élections et pendant 20 ans vous conduisez le pays à cette situation préoccupante. Ça veut bien dire qu’il y a une réflexion profonde qui doit être menée. Mais cette réflexion, elle est multidimensionnelle. Et moi j’attache du prix à ça. Sur les élections, vous savez bien les propositions que j’ai faites. A chaque fois on nous a parlé des rencontres à Ewo, à Sibiti… Vous savez bien ce que ça a donné. Vous avez même vu que nous n’étions aux dernières législatives mais j’ai lu quand même dans la presse que pour ces législatives qui ne concernaient en réalité que la plupart des parents et amis et la majorité présidentielle il y a quand même eu 53 recours à la Cour constitutionnelle, ça ne vous dit rien. Il faut que nous allions à une situation d’amour de notre pays et il y a des solutions que les congolais peuvent apporter : la bonne gouvernance, la diversification de l’économie, le respect des lois et règlements de la République. Les congolais sont bien capables d’avancer. En 1963, il y a eu cette réaction de la part des congolais qui avaient été encadrés par les syndicalistes. Cela veut dire que les congolais ont bien de la matière grise de l’intelligence. Mettons cette matière grise au service du bien du Congo et non au service du mal. Nous avons un beau et riche pays. Œuvrons pour le développer  pour le bonheur de tous les congolais. 

J’ai toujours pensé que la tenue d’un dialogue national inclusif sous l’égide la Communauté internationale nous permettrait de trouver les solutions appropriées de sortie de cette crise multidimensionnelle.

Propos recueillis par Michel Hadridh NKOLA

 

PEUPLE CONGOLAIS

 

 
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« Les batailles de la vie ne sont pas gagnées par les plus forts, ni par les plus rapides, mais par ceux qui n' abandonnent jamais » Roi Hassan II

JE SUIS   Monsieur 8% LE VIEUX DICTATEUR SANGUINAIRE ET CORROMPU LE MADURO DE L'AFRIQUE CENTRALE  Denis SASSOU NGUESSO

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