Lettre de Charles Zacharie BOWAO à Guy Blanchard OKOÏ, Chef d’Etat-Major Général
Charles Zacharie BOWAO
Ancien Ministre de la Défense Nationale
Brazzaville, le 16 octobre 2017,
Au général de division Guy Blanchard OKOÏ
Chef d’Etat-Major Général,
Vous avez décidé de remettre à la disposition de leurs structures d’origine les éléments de la Force publique régulièrement détachés auprès de l’ancien Ministre de la Défense que je suis.
(cf. notes de services 002165, 002166, 002167, 002168 et 002169 du 9 octobre 2017)
Il s’agit de :
Adjudant Léandre Andonga VOUKAMBA (DCC)
Adjudant Armand EWESSE OLLESSA (PC/ZMD-9)
Sergent-chef Sylvain MAPIONGO (DCC)
Sergent-chef Jules Alain VOUVOU NGUIZOULOU YAMBOTE (EMAT)
Sergent-chef Joël ITOUA (BSM)
Sergent-Chef Clotaire Albert EKAHELA (1er RG)
Vous avez, me semble t-il, omis le sergent Misère NGOLO OSSEBI (DCRM)
Je prend acte de votre décision.
En conséquence, j’ai demandé à chaque agent de la force publique réglementairement mis à ma disposition, de se présenter à son commandement d’origine dès ce lundi 16 octobre 2017. Ils ont accompli leur mission à mon entière satisfaction. Je souhaite pour chacun d’eux le meilleur emploi.
Par ailleurs, je vous saurais gré des mesures que vos services prendront, dans le respect des règles de l’art, pour faire le point quand à leur dotation en armes et munitions, afin de prévenir toute confusion.
À travers votre démarche, dont le manque de courtoisie m’interpelle, dois-je comprendre que les anciens ministre de la défense n’ont plus droit à un minimum de protection de l’Etat, comme l’exige la tradition républicaine en la matière ?
Il m’échappe pas que la démarche est loin d’être apolitique. Elle participe de l’insalubrité d’Etat anticonstitutionnel du 25 octobre 2015, le holdup présidentiel du 04 avril 2016, la guerre du Pool et les dernières mascarades législatives, locales et sénatoriales. Votre décision fait suite aux nombreuses assignations provisoires à résidence des dirigeants de la Fédération de l’Opposition FROCAD-IDC-CJ3M. Elle relève clairement de la violence d’Etat et de la tragicomédie instaurées à l’aune du changement illégal et inopportun de la Constitution du 20 Janvier 2002. Personne ne sera surpris par d’autres initiatives visant à “neutraliser” les leaders de l’Opposition républicaine encore en sursis.

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