Relations Congo Brazza / Etats-Unis : Les grandes désillusions du dictateur Denis Sassou-Nguesso
Il était parti pour rencontrer le président nouvellement élu des Etats-Unis, Donald Trump. Mais la tête-à-tête annoncé à grands renforts médiatiques par les services de communications présidentiels du Congo Brazzaville, abondamment relayé par la presse africaine, n’aura finalement pas lieu.
L’imprudence est que la rencontre attendue pour être un huis-clos entre les deux personnalités, a été ébruitée. C’est sans compter avec le sens de discrétion de la communication de Donald Trump qui a simplement opposé un démenti formel à une telle information.
Par conséquent, Sassou-Nguesso est revenu bredouille à Brazzaville, sans la moindre entrevue avec Trump, malgré son séjour en terre américaine. Il était pourtant annoncé que la crise libyenne ferait partie du menu des discussions entre les deux personnalités. Ce qui n’a pas manqué de susciter de l'espoir sur le continent compte-tenu de la guerre contre les djihadistes en cours dans ce pays. Mais tel un ballon de baudruche, le président congolais a été dégonflé. Et comme si cela ne suffisait pas, Denis Sassou-Nguesso s’est vu notifier la saisie de son Boeing aux Etats-Unis par le biais du cabinet d’avocats White and Case.
Cette confiscation est en rapport avec le bras de fer judiciaire qui oppose Denis Sassou-Nguesso à l’Anglo-libanais Mohsen Hojeij. L’homme d’affaires qui dirigeait alors une importante société privée baptisée Commisimpex dans les années 1980, a remporté d'importants marchés publics. Mais à la fin des travaux, les autorités de Brazzaville ne lui ont versé qu'une petite partie de son dû.
La justice a plusieurs fois donné raison à l’homme d’affaires anglo-libanais sans que l’Etat congolais ne se résolve à payer la dette. Donc, pour récupérer son argent, Mohsen Hojeij a saisi la justice américaine qui a fait saisir l’avion présidentiel contre une dette estimée à près de 20% du budget congolais.
Ces événements sur le sol américain constituent un double coup dur pour le président Sassou-Nguesso. Dans un premier temps, le chef de l’Etat congolais a vu son rendez-vous avec Donald Trump annulé malgré sa présence sur le sol américain. Un cinglant camouflet à la diplomatie congolaise qui a péché par manque de discrétion.
Bien curieux, les autorités américaines n'ont pas fait obstruction à l'exécution de la décision de la justice en faisant prévaloir l’immunité diplomatique dont devrait jouir Denis Sassou-Nguesso en sa qualité de président en exercice dans son pays. Par la saisie de son Boeing, c'est là un début d'exécution de la décision de justice dans le cadre du bras de fer judiciaire avec Mohsen Hojeij. Par ces revers, il a lieu de se demander si l'homme fort de Brazzaville n'est pas tombé fatalement dans un guet-apens américain au travers d'une supposée audience avec le nouveau président élu, Donald Trump.
Christophe SESSOUSource : beninmondeinfos.com

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