au changement de la constitution
Brazzaville, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple
Manifeste pour le Report de l’Élection Présidentielle du 20 Mars 2016 Comité de Veille et de Soutien J3M Pour l’Alternance.
l’Élection Présidentielle du 20 Mars 2016
Comité de Veille et de Soutien J3M Pour l’Alternance.
« La conspiration pour la paix est vouée à une activité sans repos, inlassable. Quand la guerre n’est encore qu’une menace, elle doit en éloigner le spectre, en détruire les germes qui s’appellent haine, injustice, coutre vue, hystérie, volonté de puissance »
Érasme, le Plaidoyer pour la paix.
Après son adoption par le référendum du 25 octobre 2015 décrié par la Communauté internationale (car ne respectant pas la Charte de l’Union Africaine, ni les règles élémentaires de la gouvernance électorale), la dite “nouvelle” Constitution est entrée en vigueur le 6 novembre 2015. Dès lors, le Congo Brazzaville s’est trouvé engagé dans une phase de transition entre l’ancienne et la nouvelle République.Une phase marquée par un imbroglio institutionnel inédit etla ressuscitation des institutions de l’ancienne Constitution du 20 janvier 2002 à travers l’article 244 de la nouvelle Constitution.
Cette conjoncture place les institutions républicaines à cheval sur deux lois fondamentales. Une situation déjà très complexe pour des constitutionalistes avérés et, a fortiori, plus opaque encore pour le citoyen congolais.
Constitutionnellement, le mandat du Président de la République prend fin le 14 août 2016. En avançant la tenue de l’élection présidentielle à la date du 20 mars 2016, le Président Denis Sassou Nguesso désirait secrètement regagner une légitimité perdue le 6 novembre 2015 lorsqu’il a promulgué la nouvelle Constitution. En voulant fermer une porte, tout en ouvrant une autre, il a provoqué un appel d’air dans lequel sa légitimité s’est envolée. Il se trouve maintenant au cœur d’une crise institutionnelle qu’il a lui-même contribué à créer et cherche désespérément à en sortir à n’importe quel prix.
Cela confirme nos craintes, maintes fois exprimées : la fixation à une date très avancée de l’élection présidentielle, ajoutée aux impératifs calendaires, accentue significativement la difficulté pour les pouvoirs publics d’organiser, de façon consensuelle, des élections libres, transparentes et inclusives.
Conséquence, le gouvernement multiplie les entraves à la mise en œuvre de la gouvernance électorale démocratique : absence de dialogue, prise unilatérale de décisions relatives à l’organisation et à la structuration des organes dévolus au processus électoral, privations de libertés des leaders de l’opposition, instrumentalisation et confiscation des médias, lancement inapproprié de la campagne électorale le 4 mars 2016, jour de souvenir et de recueillement, etc., etc.
Des manœuvres qui n’ont qu’un seul but, asseoir la volonté hégémonique d’un seul homme, le Président Denis Sassou Nguesso.
Loin de ces calculs pitoyables, la Majorité Républicaine Idc-Frocad a manifesté sa volonté de participer à l’élection présidentielle du 20 mars 2016, à condition que soient appliquées, de façon juste et objective, les résolutions des différentes concertations de Sibiti et de Diata.
Il n’empêche. La participation de l’opposition réelle à cette élection présidentielle vise, entre autres, à dédramatiser la lutte pour le pouvoir dans l’intérêt du peuple. Car le véritable enjeu d’une élection réussie réside dans la transparence et la présence de tous les acteurs politiques. En la matière, elle permet de désamorcer les tensions qu’a engendré jusqu’à présent, au Congo Brazzaville, chaque rendez-vous électoral. Le retour de la confiance du peuple congolais serait l’honneur de toute la classe politique.
L’exigence d’une élection présidentielle apaisée, organisée suivant les standards internationaux, vise également à dissiper les griefs qui pourraient servir de prétextes à des conflits postélectoraux. Il s’agit ici d’éviter les dérives et l’usage de la violence exercée par la force publique, comme on a pu le voir au cours des événements du non-référendum du 25 octobre 2015.
Nous sommes très sensibles à la visibilité opportune des hommes politiques passés – ministres, sénateurs, députés et conseillers départementaux – et à leurs appels en faveur de la paix et de la quiétude du peuple congolais. Aussi, nous leur saurions gré qu’ils fassent en sorte que nos préoccupations deviennent aussi les leurs, et qu’ils les portent jusqu’à l’autorité publique.
Après avoir adopté et promulgué une loi électorale privant la Commission Nationale Électorale Indépendante de ses prérogatives, le Président de la République vient de signer le 17 février 2016 un décret portant nomination de ses membres ; décret en totale contradiction avec les dispositions du décret 2016-1000 du 1er février 2016 et de ladite loi électorale.
Ces pratiques pour le moins contestables s’inscrivent non seulement dans une logique récurrente d’un passage en force, mais surtout dans la volonté délibérée de maintenir l’organisation d’une élection fantoche au Congo Brazzaville.
La structure actuelle de la Commission Nationale Électorale Indépendante (CNEI) en est une preuve éclatante, puisqu’elle n’est ni paritaire, ni indépendante. Elle n’est que la duplication de la Commission Nationale Électorale (CONEL). À aucun moment et dans aucun des compartiments de la CONEL-BIS, le choix des hommes et des femmes qui la composent ne s’est fait de façon objective.
On constate en effet qu’en plus de leur appartenance à la mouvance présidentielle, plusieurs d’entre eux cumulent des fonctions concurrentes qui mettent à mal leur impartialité. À l’évidence, il y a là des conflits d’intérêt patents.
Ce qui n’est pas sans poser des questions fondamentales
Quel est le montant du budget alloué à l’organisation générale de l’élection présidentielle du 20 mars 2016 par la Commission Nationale Électorale Indépendante (CNEI) et les Commissions Électorale Départementales : Qu’en est-il, entre autre, des indemnités des membres de la Commission Nationale Électorale Indépendante et de celles des organes départementaux ? Sont-elles calculées de telle
Considérant que :
Ainsi, compte tenu de ce qui précède il apparait clairement que :
C’est pourquoi, le Comité de Veille et Soutien J3M pour l’Alternance demande purement et simplement le report de l’élection présidentielle du 20 mars. Dans le cas contraire seuls seront tenus responsables des conséquences, aux yeux du peuple congolais et de la communauté internationale, en fait et en droit, les organisateurs et les complices de cette comédie anticonstitutionnelle.
Fait à Paris, le 14 mars 2016
Pour le Comité de Veille et Soutien J3M pour l’Alternance,
Le Coordonnateur,
Isaac Djoumali Sengha
au changement de la constitution
Brazzaville, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple
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Un Dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le Peuple ne rélève pas le défi