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Discours d’Annonce de Candidature de Monsieur Clément MIERASSA 06 février 2016
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PARTI SOCIAL DEMOCRATE CONGOLAIS PSDC
Discours d’Annonce de Candidature de Monsieur Clément MIERASSA
06 février 2016
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les Chevaliers de la Plume ; Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les Responsables des Partis Amis ; Militantes, Militants, Sympathisantes et Sympathisants ; Distingués Invités.
Permettez-moi tout d’abord, d’avoir une pensée particulière pour tous ceux qui ont combattu dans ce pays pour la démocratie et qui ne sont plus de ce monde, ainsi que pour toutes les victimes de l’intolérance, de la brutalité et de la violence d’un pouvoir dictatorial en place au Congo depuis plus d’une quarantaine d’années. Permettez ensuite de vous dire qu’aujourd’hui, au delà de la propagande du système, le Congo va très mal. - Oui, le Congo est malade de ses dirigeants dont le comportement se caractérise par un paradoxe criard entre ce que l’on dit et ce que l’on fait.
- Oui, le Congo souffre de ce que ceux qui se sont accaparés du pouvoir par les armes, violent de façon quotidienne les lois et règlements de la République, et ne considèrent pas la loi fondamentale comme un texte sacré. Ainsi dans ce cadre, qui peut concevoir que le Premier Magistrat de notre pays n’honore pas le serment qu’il a prêté conformément aux dispositions de l’article 69 de respecter et de défendre la Constitution du 20 janvier 2002 ?
- Comment expliquer que depuis 2002, le Président de la République n’ait pas osé déclarer son patrimoine conformément à l’article 48 de la Constitution du 20 janvier 2002 ?
Cette question est d’autant préoccupante, que le Président de la République a lui-même déclaré que le Congo n’était pas hélas exempt de corruption, de concussion, de vols, de détournements de fonds et autres ; et il a précisé que là, c’étaient les dirigeants, lui-même compris qui étaient interpellés. - Oui, il est difficile de comprendre que le Congo soit un pays extrêmement riche et que la majorité des Congolais croupit dans une misère indescriptible.
- Oui, il est intolérable de voir la gestion familiale et clanique du pays avec la volonté de s’éterniser au pouvoir, et avec l’ambition affichée d’aller à la monarchisation du pouvoir. On a menti aux Congolais en leur faisant croire qu’on allait changer la Constitution pour faire évoluer les institutions. Aujourd’hui, la réalité a rattrapé le pouvoir.
Toutes ces institutions sont dans l’illégalité totale depuis de nombreuses années.
Cette situation concerne la Cour Constitutionnelle, la Cour suprême et le Conseil Supérieur de la Liberté de Communication qui jouent un rôle essentiel dans l’organisation du scrutin présidentiel ; - Oui, le Congo va mal parce qu’on a imposé par la force une Constitution qui par l’article 96 donne à un congolais le droit de tuer alors que toute société a admis aujourd’hui ce que les chrétiens appellent les commandements de Dieu parmi lesquels ceux-ci :
Tu ne tueras point ;
Tu ne voleras point ;
Tu ne mentiras point ;
- Oui, le Congo va mal, parce que l’on a trompé les jeunes en leur promettant l’épanouissement en fixant à 30 ans l’âge minimum pour être candidat à l’élection présidentielle. Mais ce qu’on ne dit pas, c’est comment un jeune supposé avoir huit années d’expérience professionnelle peut être capable de réunir la somme de 25 millions de francs CFA de caution.
Ceci dans un pays où le pouvoir a été incapable de résoudre le problème de l’emploi et du chômage des jeunes.
- Oui, le Congo où l’école se porte très mal et demande à être sérieusement redressée. Et que dire de la santé ? - Oui le Congo est malade parce qu’en dépit d’importants moyens financiers dont il a disposé, les congolais n’ont pas d’eau, alors que l’eau est la vie et d’électricité. Bref, la liste n’est pas exhaustive. Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les journalistes, Il est surprenant d’entendre certains congolais déclarer que le Président actuel est le meilleur de tous. Et c’est là où il faut se poser plusieurs questions :
Peut-on se considérer meilleur, lorsqu’après près de 32 ans au pouvoir on n’a pas formé des cadres susceptibles de prendre en main les destinées du pays ?
Peut-on se considérer meilleur, lorsqu’on n’a pas respecté les lois et règlements de la République particulièrement la loi fondamentale qu’est Constitution ?
Peut-on se considérer meilleur, lorsqu’on refuse d’organiser les élections libres démocratiques et transparentes et surtout de mettre en place une commission électorale véritablement indépendante, alors que hier à l’opposition, l’on a déclaré qu’un démocrate sincère n’a pas peur d’une commission véritablement indépendante ?
Peut-on se considérer meilleur, lorsqu’on laisse non résolus des contentieux tels ceux du Président Alphonse Massamba Débat qui n’a pas de sépulture digne, de l’attentat du DC1O de l’UTA, des Disparus du Beach, des disparus des couloirs humanitaires et autres ?
Peut-on se considérer meilleur, lorsqu’après plus de 30 ans au pouvoir on a été incapable de réaliser la diversification économique, et pourtant le principal objectif du plan quinquennal 1982-1986 était de mettre en place un puissant secteur hors pétrole ?
Comment peut-on se considérer meilleur, lorsque l’on sait que :
1- L’indice de perception de la corruption du Congo est inférieur à 30 sur 100 et que l’on sait que le pays ne se développera pas s’il ne mène pas une lutte implacable contre la corruption. Le Congo est classé 24ème pays le plus corrompu du monde ;
2- Le Congo est classé parmi les régimes autoritaires avec un indice de la démocratie de 2,89 sur 10 ;
3- Le climat des affaires demeure très préoccupant en dépit de quelques progrès réalisés ; Que dire des slogans qu’il sied de rappeler :
a) « vivre durement aujourd’hui, pour mieux vivre demain » ;
b) « autosuffisance alimentaire d’ici à l’an 2000 » les importations des produits alimentaires se chiffrent aujourd’hui à des centaines de milliards de francs cfa que dire de la déclaration solennelle » ;
c) « Pendant qu’on se serre la ceinture ici il ne faut pas qu’il y ait gaspillage là » ?
Il y’a en fait, à boire et à manger. L’on peut dire de façon résumée que le Congo traverse une grave crise multidimensionnelle : crise politique, crise économique, crise sociale, crise morale, crise culturelle. La question fondamentale que l’on peut se pose est de savoir que faire ?
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, les Chevaliers de la plume.
Cette question me préoccupe tous les jours et ceci depuis très longtemps. L’on peut se rappeler ici que nous avons choisi peu avant la conférence nationale souveraine de nous battre pour le changement et la rupture. Ce combat se poursuit.
Nous avons pris l’engagement de faire la politique autrement qu’elle ne se fait aujourd’hui. C’est dans ce cadre que personnellement j’ai toujours placé l’action de notre parti, le Parti Social Démocrate Congolais dans les Forces de Changement, l’Union pour le Renouveau Démocratique (URD), l’Alliance URD-FDU, le Collectif des Partis, Associations et Individualités revendiquant la mise en place d’une commission électorale véritablement indépendante, le Front des Partis de l’Opposition Congolaise (FPOC), le Collectif des Partis de l’Opposition (CPO), le Mouvement Citoyen pour le Respect de l’Ordre Constitutionnel (MROC), le Front Républicain pour le Respect de l’Ordre Constitutionnel et l’Alternance Démocratique (FROCAD), et enfin l’Accord de partenariat FROCAD-IDC.
A ce propos, je me dois de saluer avec déférence et féliciter les congolais pour la démonstration qu’ils ont faite dans leur capacité de se mobiliser pour exprimer leur désir ardent de changement et de rupture. Dans cette démarche, nous ne pouvons pas ne pas nous appesantir sur les événements du mois d’octobre qui se sont soldés par un bilan important de morts et de nombreux blessés.
Nous avons toujours une pensée particulière pour ces martyrs de la démocratie. Aussi, tenons-nous à rendre hommage à la tenue de la Convention FROCAD- IDC qui a accordé une attention particulière à la gouvernance électorale et à la question de l’élection présidentielle de 2016. A ce sujet, il s’est dégagé la ferme volonté de la participation du FROCAD-IDC à l’élection présidentielle de 2016, sous réserve de l’obtention de quelques conditions minimales.
C’est au regard des conclusions des travaux de cette Convention, que les militantes et militants du Parti Social Démocrate Congolais, m’ont adressé un appel à candidature pour la présidentielle de 2016 en m’exhortant d’y répondre favorablement.
Je les remercie du fond de mon cœur pour cette marque de sympathie, de confiance et de soutien.
J’ai pris sur moi le temps d’y réfléchir, et de procéder à quelques consultations.
Tout en mesurant le poids de la responsabilité qui m’engage, j’ai pris la décision de faire acte de candidature à l’élection présidentielle de 2016. Mesdames, Mesdemoiselles Messieurs les chevaliers de la plume, Je sais que vous n’hésiterez pas à me poser la question de savoir, candidature, mais pourquoi faire ?
Je vais essayer d’esquisser en quelques lignes quelques aspects du projet de société que je présenterai le moment venu. Au vu de la situation actuelle de notre pays il faut agir, mais agir pour le changement et la rupture. Pour cela il faut : o œuvrer pour sortir le pays de la grave crise multidimensionnelle qu’il traverse aujourd’hui.
La tenue des états généraux de la nation requiert une urgence de premier plan.
Cette rencontre permettra aux congolais de faire un sérieux état des lieux et d’envisager ensemble les solutions appropriées à une situation qui est véritablement préoccupantes. Tous les aspects y seront vus notamment la réconciliation, la restauration de la démocratie et de l’Etat e droit, la résolution des nombreux contentieux et autres ;
o agir pour arrêter la déliquescence de l’autorité de l’Etat ;
o entreprendre une reforme structurelle de la vie des partis ;
o tout mettre en œuvre pour la mise en place d’une institution présidence de la République normale ;
o moraliser la vie publique en s’attaquant avec détermination aux antivaleurs et en envisageant la mise en place d’une cour de répression de l’enrichissement illicite ;
o veiller à la juste répartition de la richesse nationale ceci en ayant un regard particulier sur la question du pouvoir d’achat du congolais ;
o agir pour refonder l’école ; o mener une lutte âpre contre la pauvreté ;
o accorder une attention particulière aux conditions de vie des congolais ; particulièrement dans les domaines de la santé, de logement et autres ;
o prendre à bras le corps le problème du chômage des jeunes ;
o accorder une attention particulière aux problèmes des couches vulnérables comme les retraités, les orphelins, et autres ;
o agir pour sortir le pays de la trop forte dépendance vis-à-vis du pétrole en mettant une bonne politique de la diversification économique. Au-delà de ces aspects,
Je profite de l’occasion qui s’offre à moi, pour réagir à une publication du site Zenga-mambu du 5 janvier 2016, d’un certain Bernard Lissi Lambossi en réalité pseudonyme de quelqu’un qui cache son identité sous le titre « nguirisation accélérée de certain leaders déchus du FROCAD en vue de boycotter les présidentielles de mars 2016 ».
Dans cet article l’auteur a cru m’attaquer en déclarant que Clément Mierassa aurait fini dans les bras de Denis Sassou Nguesso. A ce propos, je peux me permettre d’affirmer sans ambages et en toute sérénité que Clément Mierassa n’a jamais eu la moindre relation de compromission ni avec Denis Sassou Nguesso, ni avec le pouvoir.
C’est un des atouts qu’il entend sauvegarder pour mener à bien son combat politique. Par ailleurs, il est difficile de parler de l’organisation d’une élection dans ce pays sans évoquer la fraude, la tricherie et autres. Dans ce cadre, dans plusieurs districts des Plateaux, parmi lesquels, Lékana, Ngo et autres, l’opération de la révision des listes électorales a déjà été arrêtée, alors qu’officiellement cette opération est censée prendre fin le 15 février. Ainsi de nombreux congolais parmi lesquels les militants de l’Opposition sont pénalisés et ne peuvent se faire inscrire.
Le District de Ngo constitue déjà un gros scandale. L’opération a été arrêtée le 1er février, mais les documents ont déjà été signés et antidatés au 15 février 2016. Bref, il nous faut être vigilant. Pour terminer, je lance un vibrant appel à tous ceux qui nous ont suivi et nous suivent, à tous ceux qui partagent la même vision que nous pour qu’ils nous rejoignent dans ce noble combat et qu’ils nous apportent leur soutien multiforme.
Je vous remercie pour votre aimable attention
P.S.D.C
Démocratie-Tolérance-Justice

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