En tout cas, c’est la question qu’on se pose, au regard du « gangstérisme » dont fait montre Denis Sassou-N’Guesso, malgré les appels de la Communauté internationale. Le président congolais Sassou-N’Guesso avance, lentement mais et sûrement, vers son 3ème mandat qui débuterait, sans doute, le 15 août 2016. Tout le plan tracé par ses « gangs » se réalise forcement, avec effusion de sang. Malheureusement, il s’agit « du sang et des larmes des autres »qu’il s’était pourtant engagé à défendre et protéger dans son discours du 13 août 2014.
Abdoudaye Bathily, représentant spécial de Ban Ki-Moon ridiculisé
Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Afrique centrale, Abdoulaye Bathily n’en croit pas ses yeux. Jamais, alors jamais, un représentant spécial de Ban Ki-Moon n’a été aussi vilipendé dans le monde. Quelques jours avant la tenue du référendum, Ban Ki-Moon, secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) a dépêche son représentant pour s’enquérir de la situation et amorcer la médiation entre le pouvoir en place et l’Opposition radicale. Dans sa gibecière: le report du scrutin référendaire qui pointait à l’horizon! Après avoir discuté avec le président de la République et les opposants, Abdoulaye Bathily a été surpris de l’organisation du scrutin précédée par l’assignation à résidence de deux leaders charismatiques de l’Opposition : Guy Brice Parfait Kolélas et André Okombi Salissa. Malgré tout, Bathily est revenu au Congo, cherchant à rattraper les choses avant la promulgation de la nouvelle Constitution par le chef de l’Etat. Au moment où il s’attelait à relancer les négociations, Sassou-N’Guesso signait le 06 novembre 2015 le décret portant promulgation de la nouvelle loi fondamentale.
L’Union Européenne malmenée
Dans une correspondance datée du 29 octobre 2015 adressée au ministre congolais des Affaires étrangères et de la coopération, la Délégation de l’Union européenne à Brazzaville se proposait d’assurer la médiation entre le gouvernement congolais et l’Opposition. Là aussi, sans être répondue, l’Ue est étonnée de la promulgation de la constitution. Dans cette correspondance, l’Ue rappelait qu’elle n’avait pas encore évalué le résultat de ce référendum tant contesté. L’Ue pourra-t-elle obtenir l’annulation du référendum comme le préconisent l’Initiative pour la démocratie au Congo (IDC) et le Front pour le Respect de l’Ordre Constitutionnel et l’Alternance Démocratique (FROCAD) comme préalable à toutes négociations ?
Les Etats-Unis et son président Obama vilipendés
Le dernier communiqué de la Maison blanche fait état de la déception du président américain suite à l’organisation forcée du référendum par le pouvoir de Brazzaville. En effet, Barak Obama est l’un des rares présidents d’une grande puissance qui n’admet pas des chefs d’Etat à vie: « L’Afrique a besoin d’institutions fortes et non d’hommes forts ». Malgré les appels à la raison lancés par le Numéro-un du pays de l’Oncle Sam, «Mwana Mwebara» a force le passage.
L’Union africaine dans la tourmente sur la situation du Congo
De toutes les organisations internationales sus-citées, l’Union africaine paraît le maillon le plus faible. Vladimi Zuma, président de la Commission de l’UA, s’est contentée de diffuser un communiqué rappelant les principes de l’Union sur l’observation de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance adoptée par la 8è session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat tenue le 30 janvier 2007 à Addis Abeba, en Ethiopie. Le huitième chapitre de ladite Charte se penche sur les sanctions en cas de changement anticonstitutionnel de gouvernement : « Les Etats-parties conviennent que l’utilisation, entre autres, des moyens ci-après pour accéder ou se maintenir au pouvoir constitue un changement anticonstitutionnel de gouvernement, et est passible de sanctions appropriées de la part de l’Union. » On peut citer « Tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique ».
Comme on le constate, Sassou-N’Guesso serait donc plus fort que toutes les organisations onusiennes, africaines et les grandes démocraties du monde ?
Ghys Fortuné DOMBE-BEMBA
Paul Marie Mpouelé démissionne de la coordination du Frocad
Auteur: Paul Marie Mpouelé