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Brice Parfait KOLELAS «zappe» Sassou dans le Pool et rejette son fameux dialogue du 11 juillet 2015

 

   Auteur : Ghys Fortuné DOMBE BEMBA

 

 

 

 


                                                                       

 

 

Le secrétaire général du Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI), Guy-Brice Parfait Kolélas, a été le grand absent lors du lancement par le président de la République, Denis Sassou NGuesso, le 26 juin 2015 à Mindouli, des travaux de la route qui reliera cette localité à Kinkala (chef-lieu du département du Pool). De même, il a été « non partant » à la rencontre citoyenne organisée le lendemain à Kinkala entre le chef de l’Etat et les fils de cette circonscription, question de réaffirmer son non au pseudo dialogue prévu du 11 au 15 juillet 2015. Pour quelles raisons ?
Les raisons du «zapping» (ou «du changement de fréquences») de Parfait Kolélas vis-à vis de Denis Sassou NGuesso, leader du Parti congolais du travail (PCT) ayant signé une alliance avec le MCDDI, sont à rechercher d’abord dans un passé immédiat, ensuite dans un passé plus ou moins lointain.


En ce qui concerne le volet immédiat, les analystes politiques évoquent la désapprobation par Parfait Kolélas de la manière avec laquelle ont été nommés, le 19 juin 2015 par le chef de l’Etat, les nouveaux sous-préfets, administrateurs-maires d’arrondissements et de communautés urbaines.

Ces nominations étaient couplées à celles des secrétaires généraux desdites entités par arrêtés du ministre de l’Intérieur.
En clair, le leader du parti qui a pour logo le soleil n’est pas satisfait du manque de considération dont continue de faire preuve le chef de l’État vis-à-vis de sa personne. Car, la moindre des choses, en matière de politesse, serait que M. Sassou consulte son allié avant de nommer tel cadre ou tel autre membre du MCDDI à telle ou telle fonction administrative.

L’alliance signifie que les parties doivent traiter d’égal à égal. Parfait Kolélas et Denis Sassou NGuesso sont tous deux leaders de leurs partis respectifs.
Toujours dans ce volet immédiat, de nombreux observateurs notent que Guy-Brice Parfait Kolélas a répondu favorablement, le 20 mai 2015, à l’invitation du chef de l’État qui avait initié des Consultations avec les forces vives du pays sur la vie de l’État et de la Nation. En répondant à cette invitation, Guy-Brice Parfait Kolélas avait pris son courage de deux mains, mais surtout couru le risque de trahir la volonté de certains de ces partisans qui l’avaient conseillé de boycotter ces Consultations. Il fallait partir, parce que le leader du MCDDI a de la considération pour son partenaire.

Et puis, il est conscient que la politique de la chaise vide ne paie pas souvent. Et, enfin, parce qu’il n’avait pas peur de dire, de vive voix, au chef de l’État, son refus d’adhérer au projet de changement de la Constitution lancé par le PCT de Denis Sassou NGuesso. Et il l’a dit.

Mais, il semble que M. Sassou voudrait l’isoler à cause de son franc-parler

Nombreux sont les Congolais qui remarquent que le président Sassou a entrepris d’isoler ses compatriotes farouchement opposés à la dynamique du changement de la Constitution, dont Parfait Kolélas.

En effet, il serait le tireur des ficelles et le financier occulte non seulement des opérations de sabotage des activités du MCDDI, mais aussi, des actes de provocation ou de division des militants de ce parti et de sa famille biologique.

Tenez ! Selon une source digne de foi, six jeunes sympathisant du MCDDI, auraient avoué qu’au cours de la visite du chef de l’Etat à Mindouli et à Kinkala, les 26 et 27 juin derniers, des banderoles leur avaient été commandées pour être montées sur la place publique, sur instruction du ministre de la Pêche et de l’aquaculture, Bernard Tchibambéléla. Ces banderoles porteraient cette inscription : « Le MCDDI dit Oui au changement de la Constitution».

Point n’est besoin d’imaginer les liasses d’argent mises dans les mains de Bernard Tchibambéléla par le pouvoir en place, aux fins d’accomplir cette sale besogne. Ces jeunes, surpris en flagrant délit, ont été protégés par la suite par des éléments de la police du Général Jean François Ndéngué, qui les encourageaient à finaliser leur sale boulot. N’eut-été la grâce de Dieu, le sang aurait coulé entre les...

La jeunesse du Pool manipulée

Dans le même registre d’instrumentalisation de la jeunesse du Pool, en général, et de la jeunesse du MCDDI, en particulier, quelques rares ex-combattants Ninjas ont été soudoyés pendant la rencontre citoyenne de Kinkala pour faire une déclaration favorable au changement de la Constitution du 20 janvier 2002, sous prétexte que cette Loi fondamentale aurait cessé d’être au goût du jour.
«Depuis quand les ex-Ninjas ont lu cette Constitution ? Est-ce que les ex-combattants peuvent être considérés comme des membres d’un parti politique pour oser prendre ainsi la parole ? » Telles sont quelques-unes de questions que se posent les observateurs avertis de la scène politique congolaise.

Heureusement que la plupart des jeunes sont restés sourds aux sirènes de la manipulation

A Mindouli comme à Kinkala, Guy-Brice Parfait Kolélas a donné des consignes à ses militants, pour qu’ils restent en éveil, de peur de tomber sous les charmes du pouvoir de M. Sassou, ou d’aller grossir le nombre de ceux qui adhèrent aveuglement au projet de changement de Constitution.
Selon des sources concordantes, la majorité des jeunes qui ont été aperçus à Mindouli et à Kinkala provenaient de Brazzaville, où ils avaient été embarqués à bord de bus Coaster par les leaders des partis de la majorité comme le RC de Claude Alphonse N’Silou ou des associations membres de la plate-forme M2NR. Ainsi, le pouvoir a pensé donner l’image d’un chef d’Etat populaire au Pool, très ovationné dans l’hinterland. A la vérité, il n’en a pas été le cas.

Que dire des causes plus ou moins lointaines du mécontentement de Parfait Kolélas ?

Si la goutte immédiate qui a fait déborder le vase dans les rapports MCDDI-PCT, pour ne pas dire dans le mariage Kolélas-Sassou a été la publication des décrets de nomination du 19 juin 2015, les causes de la détérioration du climat entre les deux hommes remontent à fin 2014 et début 2015.

L’on se souviendra que l’année dernière, Guy-Brice Parfait Kolélas avait pris son bâton de pèlerin pour expliquer à la base du parti des neuf arrondissements de Brazzaville les raisons de ses sorties médiatiques. Notamment, le non-respect des clauses de l’Alliance MCDDI-PCT réactivée en 2007 par Bernard Kolélas et Ambroise Edouard Noumazalay. Les postes de préfet ou d’ambassadeur promis au MCDDI n’avaient toujours pas été accordés par le PCT. A Brazzaville, par exemple, le MCDDI n’avait qu’un petit maire: celui de Madibou, Nicolas Malonga, et dans le Pool un sous préfet. Voici que ces derniers viennent d’être limogés depuis les décrets du 19 juin 2015 !

En début d’année 2015, plus précisément le 17 février, le journal «Le Militant» a été publié sous le logo du MCDDI : le soleil ! Sans l’accord du secrétaire général Guy-Brice Parfait Kolélas. Son siège se trouve être le domicile du petit-frère de ce dernier, Euloge Landry Kolélas, au n°1590 de la rue Mbemba Hyppolite, à Makélékélé …

Bref, cet incident du journal Le Militant ainsi que la question des parlementaires qui devraient être déchus pour transfuge du MCDDI à la DRD, auraient pu être déjà réglés par le ministre de l’Intérieur à qui le secrétaire général du MCDDI avait plusieurs fois écrit pour s’en plaindre. Hélas ! Le ministre Mboulou ne dit mot à ce jour. M. Sassou, son mentor, non plus ! Pourtant, au nom de la solidarité dans l’Alliance MCDDI-PCT, le président du Comité central du Parti congolais du travail aurait pu porter aide et assistance à personne en danger. Peine perdue !

Le Zapping justifié par …

«A quoi sert-il de compter sur un partenaire peu sincère?», se demandait, fin 2014, Parfait Kolélas. « Si cette alliance n’était pas scellée sur le sang des Ancêtres, que sont Bernard Kolélas et Ambroise Edouard Noumazalay, je la rompais tout de suite», ajoutait-il.

En avril 2015, à la clôture du premier congrès national extraordinaire du MCDDI, le secrétaire général a souhaité que si l’allié du MCDDI était sincère, c’était à son tour de soutenir le candidat du MCDDI à la présidentielle de 2016. Donc, Denis Sassou porterait le sac de Parfait Kolélas. Ce ne serait que le juste retour de manivelle ou le retour de l’ascenseur à son allié et compagnon de route, pour gouverner ensemble, selon le principe de l’alternance.
En mai 2015, Parfait Kolélas a pris part aux « Consultations » avec le Chef de l’Etat.

Mais, le mois suivant, Denis Sassou N’Guesso a nommé des cadres du MCDDI à des postes de responsabilité, sans «Consulter» Parfait Kolélas.
Et lorsque, à la fin du même mois, le président de la République a organisé une descente dans le Pool pour y être reçu par les ressortissants de ce département, Guy-Brice Parfait Kolélas a jugé le moment tout indiqué pour lui jouer un lapin. Il s’était rendu au Pool non pas pour rencontrer le Président, mais pour donner des consignes à ses militants et revenir aussitôt à Brazzaville. Car, ce qui le préoccupe le plus aujourd’hui, c’est la question de la gouvernance électorale, autrement dit le balisage du chemin qui le conduira au Palais présidentiel par la voie des urnes, rassuré de sa victoire au regard du jeu des alliances avec de nouveaux partenaires forts qui jouissent d’une forte popularité dans les onze autres départements du Congo, où ils dament le pion à M. Sassou. De retour à Brazzaville, Guy-Brice Parfait Kolélas a subi des attaques verbales de plus d’un dignitaire du pouvoir, notamment à l’aéroport Maya-Maya, le jour où le président béninois est venu voir son homologue.

Imperturbable jusqu’ au moment on nous mettons sous presse cette édition, Guy-Brice Parfait Kolélas a reconfirmé son «non» à la participation au fameux Dialogue national sans exclusive annoncé par Denis Sassou Nguesso. Il demande plutôt que ce marché de dupes s’arrête par-là. Il aurait fallu tout simplement appliquer les conclusions des Concertations d’Ewo et de Dolisie. Tant pis, si les gens qui entourent M. Sassou ne veulent pas reconnaître que la vie est faite de relations de cause à effet. Le sapeur-pompier Collinet Makosso qui est sur tous les fronts pour défendre son mentor devrait aussi mettre de l’eau dans son vin.

Ghys Fortuné DOMBE BEMBA

au changement de la constitution 

Brazzaville, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple

 

 

Un Dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le Peuple ne rélève pas le défi

 

 
 
 
 
        
 

 

Un Dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le Peuple ne rélève pas le défi

 
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