32 ANS DE DICTATURE CA SUFFIT
L'opposition du Congo-Brazzaville appelle une nouvelle fois le président Denis Sassou-Nguesso à ne pas toucher à la Constitution. Les opposants, rassemblés au sein d'un Front pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique ( FROCAD ), se sont réunis dimanche 3 Mai 2015 à Pointe-Noire, la capitale économique du pays. Un lieu symbolique, puisque c'est là que, le 26 avril dernier, que le fils du président et les associations qu'il parraine avaient appelé à l'émergence d'une nouvelle République.
C’est par l’hymne national « La Congolaise » que les leaders de l’opposition et leurs militants ont bouclé leur meeting à la place de la République de Pointe-Noire. Le lieu, bien quadrillé par la police, n’a pas pu contenir la foule. Ceux qui ont pris la parole, Guy Romain Kinfoussia, Clément Mierassa, Pascal Tsaty Mabiala et Paul-Marie Mpouele ont dit non au changement de la Constitution et au référendum. Ils ont réclamé plutôt une gouvernance électorale pour un scrutin présidentiel apaisé en 2016.
L’opposant Jean Ngouabi a eu le même langage : « Nous avons prouvé qu’il y a des problèmes, des problèmes de gouvernance électorale qu’il faut régler avant qui que ce soit. »
Dans la foule, les autres militants étaient sur la même ligne. « Voir que le peuple se mobilise pour dire non au changement de la Constitution, je partage entièrement ça, parce que, comme on l’a dit ici, 32 ans de pouvoir, ça suffit », explique un homme qui ajoute : « Je suis déjà très sensible au fait que le peuple a été mobilisé. Malgré tout ce qui a été fait pour démoraliser les gens, pour que les gens ne viennent pas au meeting, il y a eu beaucoup de gens qui sont venus et c’est vraiment une dynamique qui prouve que les gens ont dépassé la peur ».
Le meeting de l’opposition n’a pu se tenir qu’après moult réunions et explications entre les opposants et les autorités policières et administratives de la ville océane.
Le courage est le rempart des failbes face à une dictature féroce et armée. Même avec les mains nues ont peu venir à bout d'une dictature comme l'a montré le vaillant peuple burkinabé aux yeux du monde. Jeunesse congolaise c'est votre avenir qui se joue maintenant.Prenez votre destin en mains, la liberté n'a pas de prix. Les Pontenegrins et les Pontenegrines viennent de mettre en marche le train de la libération, il est en marche soyez du voyage.
Aux forces armées congolaises nous demadons de suivre l'exemple de l'amée burundaise.
" l’armée appelle au respect des droits garantis par la Constitution"
Le ministre burundais de la Défense a réaffirmé samedi 3 Mai 2015 la neutralité de l’armée et demandé de cesser les atteintes aux droits constitutionnels des Burundais, quelques heures après l’annonce par son homologue de la Sécurité publique d’un durcissement de la répression de la contestation qui agite le pays.
Le général Pontien Gaciyubwenge a également appelé les acteurs politiques au Burundi à éviter tout comportement indigne et action de nature à replonger le pays dans le sombre passé qu’il a vécu, en référence à la sanglante guerre civile (1993-2006) ayant opposé l’armée tutsi à des groupes rebelles hutu, qui hante encore les esprits et dont le pays – à l’histoire récente jalonnée par les massacre entre les deux communautés – peine à se remettre.
Le ministère met en garde ceux qui s’arrogent le droit de porter gratuitement atteinte aux droits que la Constitution garantit aux paisibles citoyens et leur demande d’y mettre fin sans délais, a déclaré le général Gaciyubwenge, lisant une déclaration à la presse, à l’issue de laquelle il a refusé de répondre aux questions.
Il semble faire implicitement référence à l’action de la police qui empêche depuis sept jours les opposants à un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza de converger vers le centre-ville pour y manifester, provoquant des heurts réguliers, brutalement réprimés.
Le ministre de la Défense a souligné que personne ne peut demander à l’armée du Burundi d’adopter un comportement, une attitude ou des méthodes qui sont en contradiction avec l’accord d’Arusha et à la Constitution.
Les Accords d’Arusha, signés en 2000, ont ouvert la voie à la fin de la guerre civile. Ils prévoient notamment que les corps de défense et de sécurité sont non partisans et ne favorisent ni ne désavantagent aucun parti politique ou groupe ethnique.
Le ministre de la Sécurité publique, Gabriel Nizigama, avait promis samedi matin de durcir la répression contre les opposants au 3e mandat, dénonçant une entreprise terroriste au lendemain d’attaques à la grenade ayant tué deux policiers à Bujumbura.
Il avait affirmé que la police, en collaboration avec l’armée du Burundi, (allait) tout mettre en oeuvre pour arrêter ce soulèvement.
Jusqu’ici, les deux ministres faisaient ensemble leurs déclarations publiques relatives à la contestation en cours. Au Burundi, des proches du ministre de la Défense ont expliqué à l’AFP que des hauts gradés de l’armée l’avaient pressé de ne pas faire participer l’armée à la répression, de rappeler la neutralité des militaires et de se démarquer publiquement des positions très tranchées de son collègue.
Depuis le début du mouvement, l’armée s’interpose régulièrement entre la police et les manifestants pour éviter les dérapages. Les protestataires considèrent que les soldats sont neutres et les protègent des abus des policiers, acquis selon eux au Cndd-FDD au pouvoir.
Le général Gaciyubwenge met en garde également toute personne physique ou morale qui répandrait des messages divisionnistes et incendiaires visant à saper la paix et l’unité nationale et appelle la classe politique à respecter et faire respecter cet accord et la Constitution, sans autre détail.
La contestation a éclaté le 26 avril 2014, au lendemain de la désignation par son parti, le Cndd-FDD, pour être son candidat à la présidentielle. Les opposants à cette candidature estiment qu’un nouveau mandat du président Nkurunziza, élu en 2005 et réélu en 2010, serait inconstitutionnel et contraire aux accords d’Arusha qui limitent à deux le nombre de mandats.
Brazaaville, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple
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