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CONTRE PROPAGANDE CONTRE LE MEETING DES FORCES DEMOCRATIQUES DU DIMANCHE 3 MAI 2015 A POINTE NOIRE
Au Burundi, la contestation contre un troisième mandat du président Nkurunziza se poursuit. C’est à nouveau dans le quartier de Musaga, à Bujumbura, que les choses bougent. Quelque deux mille personnes sont descendues dans la rue. Il s'agit du nombre de manifestants le plus important depuis le début des événements. Et les manifestants sont très déterminés.
L’ultimatum du Conseil national de sécurité, l’intervention des soldats et des policiers dimanche et leur présence massive ce lundi n’y ont rien fait, les manifestants sont de nouveau dans rues du quartier de Musaga. C’est sans doute la plus forte mobilisation depuis deux semaines. Dans la foule, un jeune étudiant se montre déterminé : « Ce que les autorités disent, ça n’engage qu’elles et ça ne nous concerne pas. Nous, on veut seulement le changement. On va continuer jusqu’au bout, jusqu’au bout de la mort ».
Depuis le matin, ces manifestants reprennent en cœur les mêmes chansons, les mêmes slogans contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza. Ils continuent tous de dire leur détermination de se battre jusqu’au bout.
Leurs discours semblent se radicaliser, comme en témoigne Florent, un jeune chômeur d’une trentaine d’années : « On ne peut pas partir, car Nkurunziza tue les gens, il vole le pays, il vole les biens du pays et, en plus, il viole la Constitution et les accords d’Arusha. Parce qu’ici au Burundi, nous vivons grâce aux accords d’Arusha. Les Hutus et les Tutsis, nous sommes ici ensemble. Nous devons vivre en liberté. Nkurunziza doit partir ».
Pas d’accès au centre-ville
Mais aujourd’hui comme hier, ces manifestants n’ont pas pu accéder au centre-ville de Bujumbura, leur but ultime, pour y manifester. Ils ont donc installé plusieurs points de contrôle et ils interdisent que les gens sortent du quartier.
Célestin, chauffeur de taxi de son état, tient l’un de ces checkpoints : « On ne peut pas travailler, on leur interdit, à eux aussi, de travailler. Il ne faut pas qu’ils nous gênent. Il faut qu’on fasse pression pour interdire à Nkurunziza un troisième mandat ».
Partout, les soldats et les policiers burundais laissent faire. Leur mot d’ordre : contenir les manifestants dans leur quartier respectif et veiller à ce que l’on n’érige pas de nouvelles barricades.
LA BELGIQUE SUSPEND SON SOUTIEN AU PROCESSUS ELECTORAL
Au Burundi, la contestation de la candidature de Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat présidentiel continue de provoquer des affrontements violents entre les forces de l’ordre et l’opposition. La Belgique, qui maintient des relations étroites avec cet ancien protectorat, a décidé de suspendre à la fois la coopération policière avec le Burundi et son aide au processus électoral.
Pour le gouvernement belge, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est la mort de onze manifestants abattus par la police alors que, selon les Nations unies, celle-ci n’était pas en état de légitime défense. Cette annonce du Haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU est invoquée comme la raison principale de la suspension de la coopération avec le Burundi.
La Belgique avait prévu un budget de 4 millions d’euros en vue du soutien à la préparation des municipales le 26 mai et de la présidentielle du 26 juin. Et le ministre chargé de la Coopération au développement, Alexander De Croo, a officiellement fait savoir que les fonds seraient gelés. Seuls deux millions ont été versés et les deux millions restants ne seront donc pas déboursés.
Coopération avec la police burundaise suspendue
De la même façon, la Belgique menait conjointement avec les Pays-Bas un projet de soutien à la police burundaise pour une enveloppe globale de 5 millions d’euros. Ce projet est lui aussi mis en suspens de manière provisoire et les 3 millions d’euros non encore déboursés ne seront pas versés non plus.
Pour le ministère belge de la Coopération, les conditions pour des élections libres au Burundi ne sont pas réunies pour l’instant. Ça fait plusieurs mois que la Belgique, mais aussi l’Union européenne, ont averti le Burundi qu’une nouvelle candidature de Pierre Nkurunziza présentait des risques de divisions et de tensions. Le gouvernement belge estime que la Constitution burundaise, basée sur les accords de paix d’Arusha doit être respectée, en particulier dans la limitation à deux mandats de la fonction présidentielle.
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