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Moustapha Niasse: «C’est le peuple qui détient la souveraineté populaire»

  

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C

  POUR LE PRESIDENT DE L'ASSEMBLÉE NAIONALE SENEGALAISE MOUSTAPHA NIASSE " C'EST LE PEUPLE QUI DETEINT LA SOUVERAINETÉ POPULAIRE" 

 

 

 

 

Les présidents du Ghana, du Nigeria et du Sénégal sont, ce 5 novembre, au Burkina Faso. Que vont-ils dire au nouvel homme fort du pays, le lieutenant-colonel Zida ? Moustapha Niasse préside l’Assemblée nationale sénégalaise. En ligne de Dakar, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

« La question qui se pose aujourd’hui en Afrique, c’est la durée au pouvoir de certains chefs d’Etat. Cela dit, tout dépend des contextes nationaux et des conditions dans lesquelles se déroulent les successions. Pour ce qui concerne le Burkina Faso, je pense sincèrement que, ayant compris que la situation était devenue intenable, le président Compaoré à bien fait de quitter le pouvoir et aussi, sans doute, pour éviter un bain de sang. Mais, se posera toujours le problème de la durabilité des régimes, une durabilité trop longue, qui fait que finalement, ce que l’on n’a pas pu faire en 10 ans, 15 ans, on ne peut pas le faire en 30 ans… […] C’est le peuple qui détient la souveraineté populaire, et c’est le peuple qui, en définitive, est l’interlocuteur des dirigeants une fois qu’ils ont été élus par ce même peuple. »

  

 

 Trois chefs d’Etat ouest-africains au chevet du Burkina Faso

 

    

 

Le chef de l'Etat ghanéen et président en exercice de la Cédéao, John Dramani Mahama, ainsi que les présidents nigérian Goodluck Jonathan et sénégalais Macky Sall, sont ce mercredi 5 novembre 2014 à Ouagadougou pour y rencontrer le lieutenant-colonel Zida, patron de la transition burkinabè. Et surtout, pour préparer le sommet de la Cédéao qui se tiendra à Accra jeudi et qui sera en partie consacré à la crise au Burkina Faso.

Les présidents nigérian, sénégalais et ghanéens sont présents, ce mercredi 5 novembre à Ouagadougou pour une série d’entrevues avec le nouvel homme fort au Burkina Faso, le lieutenant colonel Isaac Zida. Un objectif majeur : faciliter la transition vers un pouvoir civil sur laquelle Isaac Zida s'est engagé à maintes reprises.

Premier à se poser vers 9h30 (TU), l'avion de Macky Sall a été suivi, vingt minutes plus tard, par celui de son homologue nigérian. Enfin, l'appareil du chef de l'Etat ghanéen a atterri vers 10h15. M. Zida, a constaté l'AFP, se trouvait sur la piste pour accueillir les visiteurs. L'homme fort du Burkina s'est mis au garde à vous devant les arrivants avant de leur faire l'accolade. Aucun hymne n'a été joué, a encore remarqué l'AFP.

La venue des trois chefs d’Etat a été préparée par d’intenses tractations menées par les émissaires de la troïka Union africaine, Nations unies et Cédéao. Des observateurs proches du dossier burkinabè estiment que ces personnalités de haut niveau ont joué un rôle essentiel.

Message à l'unisson

Les émissaires de la troïka ont en effet répété à l’unisson un message clair et sans ambiguité à l’adresse du lieutenant-colonel Isaac Zida, le patron de la transition : l’Union africaine a prévu de sanctionner le Burkina Faso si la transition n’est pas assumée par une personnalité civile, passé un délai de quinze jours. Une menace prise très au sérieux à Ouagadougou.

Le Burkina Faso, pays enclavé de 16 millions d’habitants, figure parmi les nations les moins bien classées dans l’indice de développement humain (IDH). Or, lorsque l’UA suspend un membre de ses instances, on observe souvent presque mécaniquement, une restriction, voire une interruption des aides apportées par les bailleurs de fonds européens et américains. Exemple à Madagascar, en Egypte ou en Guinée Bissau.

Zida déterminé à rendre le pouvoir

Le lieutenant-colonel Zida, qui a poursuivi toute la journée de mardi ses consultations, a répété à plusieurs reprises qu'il était prêt à remettre d'ici quinze jours le pouvoir aux civils. Il a aussi reçu une délégation de l'ancienne majorité présidentielle qui a exprimé ses craintes quant à sa sécurité.

Ainsi, le fait que les émissaires de la troïka, plutôt que de mener des visites éclair, aient opté pour une présence prolongée à Ouagadougou, a peut-être dissuadé des initiatives qui menacent la sortie de crise. Les militaires se sentent sous surveillance, mais l’opposition et la société civile aussi. Elles sont vivement encouragées à mettre de côté leurs divergences pour que les militaires transmettent le flambeau de la transition à une personnalité civile de leur choix.

Préoccupations

Malgré les déclarations de bonnes intentions du lieutenant-colonel Zida, un certain nombre de voix se sont élevées ces derniers jours pour s'interroger sur la sincérité des militaires. Questionnement partagé par Michel Camdessus, ex-directeur général du FMI, membre de l'Africa Progress Panel, une fondation basée à Genève et présidée par Kofi Annan.

 

 

Abidjan, Chantal TANOH pour la Voix du Peuple

       
 
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