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près Blaise COMPAORÉ A QUI LE TOUR?

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LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT Denis SASSOU NGUESSO
Nous éprouvons un honneur inexprimable, d’avoir cette opportunité de vous adresser cette lettre patriotique, par laquelle nous souhaitons respectueusement vous formuler notre amour pour notre Nation, notre dévotion pour notre République, et notre reconnaissance de votre phénoménal parcours politique qui fait de vous le plus Grand Président de notre Histoire, sur la base de votre longévité au Sommet de l’Etat.
Monsieur le Président de la République, notre grande Nation, grande en termes d’Aura politique et ancestral historique, a été en avant garde en Afrique en matière de lutte pour l’indépendance et la reconnaissance de l’honorabilité historique de l’Homme Noir, et ce, dès le 29 Juillet 1926 par la création de l’Amicale des originaires de l’Afrique Equatoriale Française, par le premier indépendantiste de l’AEF, André MATSOUA. C’est dans cette perspective d’Aura de la terre de nos ancêtres, que notre Pays a été le refuge de l’honneur et de la liberté de la France, lorsque la métropole fut occupée par l’Allemagne Nazi durant la seconde guerre mondiale ; c’est ainsi que la France a connu deux capitales dans sa prestigieuse Histoire, Paris et Brazzaville. C’est dans la continuité du caractère central du Congo et dans la reconnaissance de l’honorabilité de l’Afrique Noire, qu’en Janvier 1944, en 1946 et 1958, le Général Charles De Gaulle adressa à Brazzaville, une série de discours annonçant l’indépendance des Pays d’Afrique Francophone et la naissance des nouvelles Républiques Africaines. Ces récits mythiques de l’Histoire du Congo indiquent, Monsieur le Président de la République, que la République du Congo a été prédestinée à être en avant-garde en Afrique Noire, en matière de développement du Spiritualisme Républicain et de la Démocratie.
Monsieur le Président de la République, en 1958 notre République moderne naissait ; cette période de notre histoire est marquée par l’ouverture du Congo au pluralisme politique. Le sentiment national se développe avec les premières élections qui se déroulent sur l’ensemble de l’AEF.
Les premières formations politiques : le Parti Progressiste Congolais (PPC) de Jean Félix TCHIKAYA, le Mouvement Socialiste Africain (MSA) de Jacques OPANGAULT et l’Union pour la Défense de la Démocratie et les Intérêts Africains (UDDIA) de l’abbé Fulbert YOULOU ; se cantonnèrent dans des espaces régionaux et identitaires (ethniques) afin de monnayer leurs bases populaires dans le cadre des coalitions. Cette caractéristique des partis montre bien que la fragmentation de l’espace politique a eu un impact sur la construction des identités ethno régionales.
Les acteurs politiques de cette période jouant sur les multiples divisions internes du tissu social, la période 1958 - 1963 de notre Nation, porte en elle les germes qui ont causé le cycle vicieux des crises socio politiques sans précédents de la décennie 1990.
L’année 1963 a été une année cruciale dans l’évolution historique de la République du Congo. Cette année marque l’avènement d’une génération mythique d’hommes politiques, la « Génération 1963 » dont vous êtes le dernier Leader historique en fonction, Monsieur le Président de la République. En effet, dans la facette révolutionnaire ayant conduit à l’instauration du parti unique (MNR-PCT) et de la pensée unique au Congo.
La pensée révolutionnaire communiste qui se traduisait par la formule « un seul parti, un seul combat et un seul idéal », a été marquée par plusieurs changements de têtes, des incantations idéologiques dogmatiques et des drames humains. Vous avez été, Monsieur le Président de la République, la « Seule Lumière régalienne de Stabilité » dans un océan générationnel très tumultueux. A une époque primitive, où le Pouvoir politique était au bout de l’infraction du canon et de la conspiration politique, nous ayant fait connaître par infraction quatre présidents en 19 ans, à vous seul, Monsieur le Président de la République, vous avez stabilisé politiquement, institutionnellement et constitutionnellement le Pays entre 1979 et 1992, et ce, au grand bonheur de notre Peuple.
Le 31 Décembre 1990, vous avez annoncé l’ouverture du processus démocratique au Congo et la tenue d’une Conférence Nationale Souveraine devant préparer le démarrage de la démocratie au Congo et faire table rase du passé révolutionnaire. En cela, Monsieur le Président de la République, vous avez le « mérite historique » d’avoir lancé la Démocratie au Congo, aucun Patriote ne peut le nier. En outre, pendant cette Conférence Nationale vous avez été vilipendé pendant des mois à la télévision, sans jamais réagir violemment, alors que vous aviez l’Armée Populaire Nationale avec vous, plusieurs personnes vous ont demandé d’interrompre le spectacle de la CNS, mais vous avez irrévocablement refusé. En Août 1992, vous avez perdu les élections présidentielles et vous avez accepté l’alternance démocratique au Congo. Par cet acte d’une grande portée historique, vous êtes le « Père de l’alternance démocratique » au Congo et un « Pionnier » de cette alternance en Afrique, car en 1992 très peu de Chefs d’Etat Africains l’avaient acceptée. Cette période historique Africaine 1990-1992, vous a confirmé, Monsieur le Président de la République, comme un « Visionnaire » de la Démocratie, de l’Alternance et du Spiritualisme Républicain en Afrique Noire.
En 1997, devant les situations de non existence de l’Etat, d’anéantissement de l’Autorité régalienne de l’Etat, de multipartisme anarchique et de la volonté de l’Ancien Régime de faire obstruction à l’alternance démocratique, la guerre du 05 Juin 1997 fut déclenchée. Cette sale guerre et celle de 1998, n’auraient jamais dues avoir lieu ; il s’agit de guerres dont les racines se trouvent dans la non résolution des problématiques politiques et sociétales de fond de notre Nation. Nos anciens n’ont pas réussi à résoudre ces problématiques et la responsabilité des Jeunes Patriotes est engagée afin de les résoudre pour l’Intérêt Supérieur de notre République.
Entre 1997 et 1999, notre Pays a connu les plus graves troubles politiques et la plus grave guerre civile de son Histoire, mais déjouant tous les pronostics pessimistes, vous avez réussi, Monsieur le Président de la République, à stabiliser le Pays, à rétablir l’Autorité de l’Etat, à restaurer l’Unité Nationale et à lancer le programme le plus ambitieux de modernisation et d’urbanisation de notre Histoire Nationale.
Son Excellence Monsieur Denis SASSOU NGUESSO, Président de la République du Congo, devant vos mérites historiques, politiques et démocratiques, nous croyons que vous êtes prédisposés à être une « Icône » de la République. Nous y croyons avec une telle ferveur, que nous désavouons les actions de plusieurs de vos plus proches collaborateurs (Ministres, Parlementaires, Conseillers), qui motivés par des enjeux égoïstes, sont en pleine souillure de votre Héritage régalien à la Nation Congolaise.
En effet, dans leur plaidoyer pour le changement Constitutionnel initié depuis plusieurs mois, ils violent certains éléments de votre Héritage régalien à la Nation.
Primo, ils ont lancé une stratégie d’apologie des particularismes régionaux, en mettant en exergue les sages des départements dans le débat politique actuel. En conférant une légitimité politique et morale à des départements distincts, dans un débat politique national ; ils ne réalisent pas à quel point ils diffusent dans la société Congolaise, un message subliminal anti républicain, anti national, en prétendant exprimer unanimement « La Voix d’un Département donné» dans le débat politique.
Monsieur le Président de la République, en grand homme d’Etat et en garant de l’Unité Nationale, nous vous invitons respectueusement à recadrer certains de vos stratèges et conseillers, dans l’Intérêt Supérieur du Pays. Sachant que nos départements ont des forts particularismes ethniques, le Congolais ne doit jamais être « réduit » à ses origines ethniques, mais doit être « considéré et valorisé » à l’aune de sa citoyenneté nationale, ses compétences et de sa capacité d’apport. Le Congo du 21ème siècle ne doit pas être une « juxtaposition » de 50 ethnies, mais une « fusion » de 50 ethnies. Vous avez tant œuvré pour Unir notre Pays, qu’il ne faut pas permettre à ces stratèges de saper votre Héritage à la Nation.
Secundo, ils affirment qu’il nous faut africaniser et adapter notre Démocratie et notre Constitution à notre Culture. Il n’existe pas une démocratie occidentale, américaine, asiatique ou africaine ; la démocratie est un idéal « Unique et Universel » ! Par conséquent, la thèse d’une africanisation de la démocratie est une « aberration » qui révèle que les esprits qui ont développé cette théorie, ne sont pas suffisamment avant-gardistes. L’adaptation culturelle du système démocratique implique le façonnement d’un Exécutif « fort », et une structuration inter pouvoir (exécutif, législatif et judiciaire) qui favorise la « stabilité » pendant les mandats politiques. A ce propos, la Constitution du 20 Janvier 2002 est une bonne adaptation de la démocratie à la culture socio politique du Congo, notre Constitution doit être strictement respectée dans sa lettre et dans son esprit.
La Constitution du 20 Janvier 2002, qui a été élaborée dans le respect des conclusions de la Conférence Nationale Souveraine et dans le respect des Traités Internationaux signés par l’Etat, institut dans son Préambule, ses Titre I et II, tous les droits civiques, politiques, philanthropiques dignes d’une Nation démocratique moderne. Elle fixe les conditions de sa révision dans le respect de la forme républicaine et démocratique du Congo ; c'est-à-dire l’interdiction de la révision de trois points cruciaux : la limitation du nombre des mandats présidentiels, la forme républicaine et laïque de l’Etat, les droits civiques et politiques des Citoyens.
Tertio, Monsieur le Président de la République, plusieurs de vos collaborateurs ne comprennent pas pourquoi vous avez inséré dans la Constitution actuelle, le caractère irrévocable et immuable de l’alternance démocratique. Ils ont oublié la portée de votre déclaration du 31 Décembre 1990 où vous avez accepté devant l’Histoire, le « caractère hautement démocratique » de l’alternance. Vous avez accepté le théâtre de la Conférence Nationale et le passage de témoin au Président LISSOUBA, à cause de ce principe démocratique et « hautement Républicain ».
Dans la pensée contemporaine, la République est avant tout un pacte de valeurs universelles, un idéal, un rêve que la Nation doit atteindre pour le bien de Tous. Un idéal constitué de la recherche systématique de l’Intérêt Général dans la gouvernance publique. Un idéal constitué de la volonté absolue d’ériger La Loi en principe sacro-saint garantissant la Paix sociale et la Stabilité institutionnelle. Un idéal constitué par la conviction absolue que La Loi et l’aspiration au Bien commun sont supérieurs à quiconque. Un idéal stipulant irrévocablement que la fonction de Chef d’Etat et les fonctions publiques ne sont pas héréditaires, familiales, claniques, mais sont issus du Choix du Peuple par le moyen des élections. Un idéal intimement lié au principe sacré de l’alternance.
Monsieur le Président de la République, vous êtes le Père de l’alternance démocratique au Congo depuis 1992. Votre Aura historique et votre Autorité politique font que vous êtes actuellement « le Seul » capable d’inculquer le principe de l’alternance pacifique au microcosme politique et sécuritaire national, majorité et opposition confondues. Afin que cette alternance démocratique soit une réussite historique et sans ébullitions ex post, il est indispensable que vous parrainiez « personnellement » cette épisode hautement importante pour la Nation. Cet espoir de notre part est d’autant plus soutenu, par la lecture de votre Livre Parler Vrai Pour l’Afrique, en sa page « 89 », vous dites nous vous citons « Oui, ils sont assez nombreux. Beaucoup de partis politiques sont créés par des jeunes. On sent cette poussée. De la part des femmes aussi. Nous sommes d’ailleurs entrain de les aider à monter en puissance et à s’intéresser davantage aux affaires publiques.…Les jeunes qui ont la volonté de se lancer dans la vie publique de créer des partis politiques, d’espérer demain participer à la direction du pays, sont de plus en plus nombreux.…Je suis persuadé que le Congo ne manque pas de jeunes capables de prendre la relève», et aussi : « Sans doute. Ceux de nos dirigeants politiques qui peuvent être considérés comme des anciens commencent à quitter la scène, qu’il s’agisse de KOLELAS, de YHOMBI, de LISSOUBA, et d’autres. Moi-même d’ailleurs, à 67 ans, je commence à envisager la sortie, parce que notre Constitution stipule que, à plus de 70 ans, on ne peut plus être candidats à la présidentielle », et enfin : « En tout cas, la Constitution précise que le président ne peut effectuer plus de deux mandats ». Vos écrits sont d’une profondeur politique telle qu’ils nourrissent nos espérances républicaines. D’ailleurs, Monsieur le Président de la République, nous considérons que l’une des caractéristiques des grands Leaders est qu’ils sont toujours en avance sur leurs époques, en termes d’idées et de pratiques politiques, les grands Leaders réussissent leur succession de leur vivant, à l’instar de votre modèle Nelson MANDELA et de vos amis Jerry RAWLINGS, Matthieu KEREKOU, Abdou DIOUF et Joachim CHISSANO ; nous pensons intimement que vous êtes de cette trompe de Leaders noirs.
Monsieur le Président de la République, nous croyons fortement que la Stabilité Institutionnelle du Pays réside dans le respect strict des LOIS de la République, car ces LOIS constituent les « Fondements » de notre existence collective et les « Colonnes » de l’Ordre établi. Nous vous implorons, Monsieur le Président, de ne pas écouter les nombreux courtisans qui veulent vous induire en erreur, et qui sont motivés par des intérêts privés, familiaux et égoïstes. Nous vous formulons Trois propositions républicaines devant permettre une succession pacifique et maîtrisée au
Sommet de l’Etat : Le respect strict de l’Ordre Constitutionnel ; La formation d’un Gouvernement d’Ouverture qui va méticuleusement préparer l’atterrissage de vos 32 ans de Présidence, et qui va piloter dans la Paix et la Maîtrise la future Alternance ; Le vote par le Parlement d’un Amendement Constitutionnel instituant un Statut Spécial (immunitaire, sécuritaire, protocolaire et financier) aux anciens présidents en vie, à cause de leur rang dans l’Histoire du Pays.
L’Histoire est en marche, le Pays est devant la fenêtre d’une opportunité historique devant permettre le renforcement du Spiritualisme Républicain, de la Démocratie, dans la Paix et la Sérénité. Nous avons confiance, Monsieur le Président de la République, que vous serez une quatrième fois au rendez-vous de la Grande Histoire Nationale.
Nous vous saurions gré, Monsieur le Président de la République, de bien vouloir agréer l’expression de notre plus profond respect et de nos sincères salutations républicaines.
Auteur: Front des Jeunes Nationalistes – FJN
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