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RCA : Catherine SAMBA-PANZA ELUE A LA TÊTE DE LA TRANSITION
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Un deuxième tour a été nécessaire, mais à l’issue de celui-ci, les 135 membres du CNT, le Parlement provisoire centrafricain, réunis ce lundi 20 janvier 2014 à Bangui, ont élu l’actuelle maire de la capitale, Catherine Samba-Panza à la présidence de la transition. Elle était opposée à Désiré Kolingba, fils de l’ancien chef d’Etat André Kolingba.
Les Centrafricains ont dû patienter un peu plus qu’attendu. Les membres du Parlement provisoire centrafricain, ne sont parvenus à élire un président qu’à l’issue de deux tours, en début d’après-midi ce lundi. Un second tour, organisé dans la foulée du premier, qui a opposé la maire de Bangui, Catherine Samba-Panza à Désiré Kolingba, fils de l’ancien chef d’Etat André Kolingba, décédé en 2010. Preuve peut-être que la situation en Centrafrique ne devait souffrir d'aucun retard. Et la première est sortie vainqueur de ce duel au sommet, par 75 voix contre 53. Catherine Samba-Panza a pourtant frôlé l’élection dès le premier tour : avec 64 voix, il lui en manquait une pour obtenir la majorité absolue. Aucun incident majeur n’a en revanche entaché le déroulement du scrutin. Les candidats ont pu se présenter pendant 8 minutes chacun. C’est Ngombe Kette Jean Barkes, ancien maire de Bangui, qui a commencé. Comme la plupart de ses adversaires, il a promis de restaurer la sécurité et l'économie, et de permettre aux centaines de milliers de déplacés de rentrer chez eux. Beaucoup de promesses également de désarmement et de réintégration des ex-Seleka et des milices anti-balaka. Couacs Tout juste peut-on relever quelques couacs, notamment lorsque l’un des candidats se trompe sur son âge et se dit âgée de 21 ans avant de se reprendre. Un autre candidat a par ailleurs suscité quelques rires en se présentant comme le vingtième sultan de Bangassou, bardé de diplômes, « des diplômes qu’aucun Centrafricain n’a obtenus », selon ses mots. Beaucoup plus d’attention en revanche au moment du discours de Catherine Samba-Panza, l’actuelle maire de Bangui que beaucoup considéraient, à juste titre donc, comme l’une des favorites et qui a fait valoir son expérience de médiatrice et sa sensibilité de femme, « de mère désireuse de voir ses enfants vivre en paix ». Soldats européens en Centrafrique Une élection qui intervient alors que l’Union européenne vient de donner son feu vert pour l’envoi d’une force d’appui aux soldats français et africain en RCA. Une force qui comprendrait près de 500 hommes.
Catherine Samba-Panza, la maire de Bangui, capitale de la République centrafricaine, a été élue présidente de transition du pays, à l'issue du second tour de l'élection par le Conseil national de transition (CNT). Sa victoire a eu lieu quelques heures après l'annonce par l'Union européenne de l'envoi de soldats sur le terrain, en renfort des forces françaises et africaines déjà déployées. La candidate a recueilli 75 voix, devançant Désiré Kolingba, fils d'un ancien chef de l'Etat, qui a obtenu 53 suffrages. L'annonce des résultats a été suivie d'applaudissements de l'assistance, qui a entonné l'hymne national.A peine élue, elle a lancé un « appel vibrant » aux miliciens chrétiens et combattants musulmans à déposer les armes, dans un discours devant les parlementaires. « Manifestez votre adhésion à ma nomination en donnant un signal fort de dépôt des armes », a-t-elle demandé, pour faire « cesser la souffrance des populations » après des mois de sanglantes violences interreligieuses. Lire le décryptage : Centrafrique : manœuvres politiques à Bangui sur fond de violences Avant de travailler dans le secteur des assurances puis d'occuper le poste de vice-présidente de l'Association des femmes juristes de Centrafrique, cette femme de 58 ans avait suivi des études de droit en France. Parallèlement à sa vie de femme d'affaires, Catherine Samba-Panza a œuvré au sein d'associations défendant l'égalité entre les citoyens centrafricains, et plus particulièrement entre les hommes et les femmes. Maire de Bangui depuis seulement six mois, la nouvelle présidente centrafricaine par intérim avait été désignée par la Séléka nouvellement arrivée au pouvoir, avec comme mission de rétablir l'ordre dans la capitale centrafricaine. Les combats opposant l'armée centrafricaine aux groupes armés partisans de Michel Djotodia plongeaient Bangui dans une situation chaotique. Celle qui indiquait que les chantiers auxquelles elle devait s'attaquer à Bangui « ne manquaient pas » se voit donc confier aujourd'hui une mission de même nature mais d'une tout autre envergure : plus qu'une ville, c'est désormais tout un pays qu'elle aura pour tâche de pacifier avant l'organisation de nouvelles élections. Le président François Hollande a tenu à la féliciter. Source : RFI
59 ans, la maire de Bangui a été élue hier, lundi 21 janvier, présidente de la République. Une première dans l'histoire de l'Afrique centrale. Par 75 voix contre 53 à Désiré Kolingba, elle a été choisie par le Conseil national de transition pour conduire la transition centrafricaine jusqu'aux élections. L'ancienne femme d'affaires est-elle prête à relever les terribles défis de son pays ? En ligne de Bangui, Catherine Samba-Panza répond aux questions de Boisbouvier.
RFI : Vous êtes la première femme présidente de l’histoire de la Centrafrique. Qu’est-ce que cela vous inspire ? Catherine Samba-Panza : Beaucoup d’émotion parce que les femmes centrafricaines attendaient ça depuis longtemps et elles ont commencé à désespérer parce qu’il n’y avait pas de candidates dans les diverses élections de ces dernières années et d’avoir pu y aller est une fierté pour toutes les femmes centrafricaines. Et ces derniers jours est-ce que certains se sont dit : ‘C’est une femme, elle n’y arrivera jamais’ ? Oui, beaucoup ! C’était à la limite du découragement. C’est vrai que beaucoup m’ont dit que les gens ne sont peut-être pas encore prêts à se faire commander par une femme. Mais il n’y avait pas que les femmes qui m’ont soutenue et qui m’ont encouragée. Il y avait beaucoup de jeunes. En tout cas, on sentait que la population voulait une rupture. La population ne voulait plus d’homme politique. Et j’ai senti au sein de la population ce désir d’avoir une femme qui puisse apaiser, réconcilier. Il y avait d’autres candidats sérieux ! Qu’est-ce qui a fait la différence en votre faveur : est-ce votre indépendance ? Votre caractère tenace ? Oui, je crois, un peu de tout cela : mes convictions, ma présence auprès des populations à chaque fois qu’il y a eu des crises, ma disponibilité… Tout le monde ne vous connaît pas encore très bien. Est-il vrai que vous êtes née au Tchad, d’un père camerounais et d’une mère centrafricaine ? Tout à fait. C’est ce que j’ai dit dans mon discours : je suis un pur produit de l’intégration sous-régionale, puisque j’appartiens à trois pays en fait, même si je n’ai qu’une seule nationalité. Ce brassage culturel m’enrichit, me permet d’avoir une ouverture d’esprit et m’interdit toute xénophobie. Il y a une semaine, vous n’étiez pas la candidate préférée des pays qui envoient des troupes à Bangui. Ils avaient d’autres candidats en tête. Est-ce que cela ne risque pas de vous compliquer un petit peu la tâche ? Je ne pense pas. Ils ont pris acte que la population centrafricaine voulait certainement une femme à la tête de ce pays pour rompre un peu avec le mode de gouvernance qui a prévalu jusque-là. Donc, je pense que la Communauté internationale va m’accompagner, va me donner l’appui nécessaire pour me permettre de mettre en œuvre mon action. Vous avez fait carrière dans le privé, à la tête d’une société d’assurances. Aujourd’hui, les enjeux sont beaucoup plus politiques qu’économiques. Quelle est votre expérience en matière politique ? Je suis peut-être dans le secteur des assurances, mais depuis les premières mutineries de 1996 j’ai été impliquée dans la gestion de la chose publique, la réconciliation, la médiation. J’ai fait partie des instances très importantes des résolutions de conflits, de dialogue. J’ai une certaine expérience, quand même. Après l’arrivée de François Bozizé au pouvoir en 2003, vous avez même co-présidé le Forum de Réconciliation nationale. Etes-vous une experte du dialogue ? Absolument. Vous savez, les Centrafricains ont toujours en mémoire mon image, tenant la main au président David Dacko [premier président de Centrafrique, 1960-1966, ndlr] et au professeur Abel Nguéndé Goumba [vice-président centrafricain 2003-2005, et Premier ministre en 1959] pour les réconcilier, alors qu’ils étaient en froid depuis plus de quarante ans ! Je pense que c’est comme ça que j’ai été découverte. Pourtant, malgré cette belle image en effet, qui a eu lieu grâce à vous, cela n’a pas ramené la paix. La guerre a continué. Quelles sont les erreurs de 2003 qu’il ne faudrait pas commettre à nouveau aujourd’hui ? D’abord, souvent nous ne respectons pas nos engagements. En plus, nous n’appliquons pas les textes. Et puis ensuite, il y a la course vers l’exercice du pouvoir qui fait que les politiques instrumentalisent souvent un certain nombre de problèmes, tribaux, religieux, identitaires. Vous êtes de confession chrétienne. Après les tueries à caractère religieux, est-ce que les musulmans pro-Seleka ne risquent pas de vous regarder avec une certaine méfiance ? Je ne pense pas, parce que j’ai toujours été très ouverte. J’ai toujours eu de très, très bonnes relations avec les uns et les autres à cause de mon ouverture d’esprit, en voulant avoir avec moi toutes les tendances, toutes les sensibilités politiques et nationales, c’est un avantage. Avant votre élection de ce lundi, avez-vous parlé avec des chefs de la Seleka pour les rassurer ? Pour les rassurer, non. Mais de par mes activités en tant que maire de Bangui, j’ai eu à être en contact avec aussi bien certains chefs de la Seleka que des anti-balaka. Ce sont des gens qui me font confiance. Maintenant que je suis à la tête de l’Etat, nous pourrions certainement envisager quels types de dialogue on pourrait instaurer pour détendre un peu l’atmosphère politique, militaire, de la vie du pays. Envisagez-vous de nommer un Premier ministre de confession musulmane ? Je n’ai aucune animosité (à ce propos)... Je cherche des compétences. Je vois un gouvernement de technocrates avec une forte probité morale. Si j’ai un Premier ministre qui répond à ces critères et qui est de religion musulmane, je ne vois pas pourquoi je ne le nommerai pas. Mais la vice-présidente du CNT vous a prévenue, ce ne sera pas une partie de plaisir. Elle n’a pas besoin de me prévenir ! J’en ai conscience moi-même ! La transition, tout le monde n’est pas d’accord sur sa durée. Doit-elle se terminer avant la fin de l’année comme le souhaitent les Français ? Peut-elle durer jusqu’en 2015, voire en 2016 ? Non. Je pense que le calendrier initialement prévu, de février 2015, est tenable. Toute précipitation pourrait être préjudiciable, notamment des contestations de résultats. Je pense que certains partenaires envisageaient de raccourcir ce délai, simplement parce qu’il y avait des problèmes au sommet de l’Etat. Mais maintenant, la donne a changé. L’administration est complètement à terre. Le problème d’état civil est très, très sensible en ce moment. Je pense que toute précipitation serait à éviter. Combien de temps vous donnez-vous pour nommer un Premier ministre et former un gouvernement ? Mercredi ou jeudi. En tout cas il sera nommé d'ici deux ou trois jours. Et quel sera le premier pays où vous ferez un déplacement ? Je ne sais pas encore. Je viens d’arriver. Laissez-moi le temps de m’installer
Brazzaville, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple |
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«Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi »
Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons
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