REACTION DU PARTI SOCIAL DEMOCRATE CONGOLAIS (PSDC)
AU MESSAGE DE VŒUX DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU CONGO Denis SASSOU NGUESSO
PARTI SOCIAL DEMOCRATE CONGOLAIS
P.S.D.C.
BUREAU EXECUTIF NATIONAL
B.E.N
Le 31 décembre 2010, le Président de la République a, dans un message à la nation, formulé les vœux à l’occasion du nouvel an 2011.
Ce message a suscité une réaction de la part du Parti Social Démocrate Congolais (PSDC), qui a jugé utile de faire quelques rappels, avant de l’analyser.
En effet,
· Le 14 aout 2009, dans son discours d’investiture, le Président Denis SASSOU NGUESSO faisait de notre point de vue, un bilan fortement négatif de son action, en rappelant à l’opinion tant nationale qu’internationale, que notre pays n’était « …pas hélas, exempt de corruption, de concussion, de détournements de deniers publics et d’autres actes tout autant répréhensibles que néfastes à l’accomplissement du bonheur collectif ». Il précisait d’ailleurs à cette occasion « qu’ici, ce sont les gouvernants qui sont interpellés ».
Le PSDC remarque, que ce constat cinglant et clair n’a jamais été suivi d’effets.
· Le 13 aout 2010, lors de la présentation de l’Etat de la Nation au Parlement réuni en Congrès, le Président de la République rééditait le même constat.
Faisant le bilan des 50 ans d’indépendance, il déclarait ce qui suit : « j’ai parlé du social comme étant le maillon faible de notre action, parce qu’une partie considérable de notre population manque du minimum vital, c'est-à-dire, de l’eau, de l’électricité, des besoins de santé et autres… »
C’est dans ce contexte, que le Parti Social Démocrate Congolais analyse le message de vœux du Chef de l’Etat dans lequel il a relevé les aspects suivants :
1- Notre pays se porte chaque année de mieux en mieux.
A ce sujet, le PSDC a le regret de constater que si le Congo est un pays extrêmement riche, le Congolais s’enfonce malheureusement chaque jour, dans une misère indescriptible. En réalité, il y a une infime minorité qui vit avec arrogance dans une opulence inexplicable, alors que la majorité de la population patauge dans un océan de misère.
2- Le taux de croissance remarquable de plus de 10% ne signifie rien pour les congolais lorsque, même la promesse faite sur le déblocage des effets financiers relatifs aux avancements ou toutes autres promotions dans la fonction publique, sème le trouble dans le milieu des fonctionnaires, ces mesures s’étalant sur 3 ans. Et de plus, cette promesse ne concerne au plus que 80.000 congolais sur plus de 4 millions d’habitants que compte le pays. Comment dans ces conditions, le reste de la population profite t’il de l’excellente situation décrite dans son message?
3- Il insiste sur la nécessité de la discipline, de la rigueur et du dévouement pour appliquer les politiques économiques.
Le PSDC s’interroge si cela est possible, lorsque le Président de la République et son Gouvernement violent impunément les lois et règlements de la République, particulièrement la Constitution du 20 janvier 2002. Ils refusent de déclarer leurs patrimoines, conformément à l’article 48 de ladite constitution de sorte qu’aujourd’hui beaucoup de congolais ne sont pas surpris des problèmes en justice en France, pour l’affaire dite des biens mal acquis. A ce propos, il est parfaitement incompréhensible, que le Président n’ait pas abordé ce sujet à cette occasion, et qu’il n’ait rien expliqué aux Congolais.
- De quelle discipline le Président parle t-il, lorsqu’il n’a jamais pris un texte règlementaire pour fixer les salaires des membres du Gouvernement ?
- De quelle rigueur parle t-il, lorsqu’il instrumentalise les Institutions de la République ?
- Enfin, à qui demande t’on d’être dévoué, quand on se rend compte que l’on enfonce chaque jour davantage le pays dans une vision tribaliste de la chose publique, que le Président SASSOU NGUESSO(alors à l’Opposition) dénonçait lui même avec véhémence dans une interview qu’il avait accordée dans le journal Nouvel Afrique-Asie, dans sa parution n° 87 de décembre 1996.
L’illustration patente de cet aspect a été faite lors de la dernière réunion du Conseil des Ministres de l’année le 29 décembre 2010, avec des nominations qui font apparaitre clairement une dérive dangereuse selon laquelle, la compétence n’appartient soudainement qu’à un département et à une seule ethnie.
Il est même important de noter à ce propos, qu’au Ministère des Finances, du Budget et du Portefeuille Public par exemple, les réunions techniques, comme celles du comité de trésorerie, peuvent se tenir désormais en dialecte du département. Quel recul déplorable ? A-t-on conscience que cela crée de la frustration et décourage beaucoup de travailleurs ?
Par ailleurs, le Président de la République a fait une fois de plus, le constat de son échec après 26 ans de pouvoir. Il reconnait que les congolais manquent du minimum vital, faute de définition claire, d’élaboration, d’exécution et de suivi de bonnes politiques économiques et sociales.
L’agriculture, qui dit t’on est privilégiée aujourd’hui, a été, lors du programme triennal 1975-1977, proclamée priorité des priorités. Le Plan Quinquennal 1982-86 quant à lui, avait pour entr’autre objectif, la mise en place d’un puissant secteur hors pétrole dans lequel l’agriculture et l’industrie devaient jouer un rôle de choix. C’est dans ce sens que le Président Sassou NGUESSO avait lancé le très slogan célèbre « Autosuffisance alimentaire d’ici à 2000 ». Dix ans après l’an 2000, on ne peut encore que constater cet échec.A-t-on eu le courage de tirer sans complaisance et laxisme les leçons de cette situation ?
Le mutisme du Président de la République sur la question électorale est inquiétant, car tout le monde sait que, toutes les élections organisées dans notre pays depuis 2002 à savoir, les législatives, les locales et les présidentielles, ont été truquées, et font dire au commun des congolais que beaucoup de députés ont été nommés, et que le Président de la République a été très mal élu.
A ce sujet, il convient de rappeler que l’Opposant SASSOU NGUESSO de l’époque, déclarait ce qui suit dans le journal ci-dessus cité : « ...les forces démocratiques au Congo se battent pour que les élections soient libres et transparentes, afin que le principe de l’alternance soit respecté…On ne peut parler de démocratie et rejeter ce principe » fin de citation.
Ce silence assourdissant laisse penser que le Président SASSOU NGUESSO et le Gouvernement veulent perpétuer le même système fortement critiqué par la population congolaise, et qui constitue à n’en point douter, une véritable menace de la paix, au regard de ce qui se passe autour de nous à travers le monde.
Il sied de rappeler que partout ailleurs, les élections sont organisées par une structure dont l’indépendance est reconnue par tous. Ce qui n’est pas encore le cas au Congo.
C’est pourquoi, le PSDC lance dès à présent, un vibrant appel à toutes les forces démocratiques de notre pays pour qu’en 2012, se tiennent au Congo des élections libres démocratiques, crédibles et transparentes.
Le PSDC souhaite ardemment, au cours de cette année 2011 :
1- pour la consolidation du processus démocratique, que toute la classe politique congolaise et le Gouvernement tirent les conséquences de ce qui se passe dans le monde en général et en particulier en Cote d’Ivoire, afin que désormais nos dirigeants, particulièrement le Président de la République ne soient plus mal élus ;
2- que le Gouvernement agisse pour consolider l’unité et la concorde nationales, et régler de manière définitive le problème de la sépulture du Président Alphonse MASSAMBA DEBAT ;
3- la convocation d’une concertation des forces politiques, afin de préparer de façon consensuelle, la tenue des élections législatives libres, démocratiques et transparentes en 2012 ;
4- que les dispositions soient prises, pour respecter les lois et règlements de notre pays, notamment la Constitution. Dans ce cadre, toutes les personnalités qui ont été nommées ou élues à de hautes fonctions publiques doivent déclarer leurs patrimoines.
5- que les Institutions de la République suivent de façon sérieuse, sans complaisance, sans sentimentalisme, sans laxisme et avec beaucoup de rigueur, le problème de la lutte contre la corruption et celui des biens mal acquis. A cet effet, tous les opérateurs économiques qui ont perçu l’argent public pour exécuter des projets et qui n’ont absolument rien réalisé, et pour qui les dossiers ont déjà été transmis au niveau de la Commission de lutte contre la corruption soient traduits devant la justice ;
6- que le Gouvernement profite de ce que l’Etat dispose d’importantes ressources en 2011, pour régler les problèmes des retraités d’une part, notamment l’automaticité de la retraite et le paiement de leurs arriérés et d’autre part, ceux de la jeunesse particulièrement le problème de l’emploi ;
7- que l’on gère le pays dans la transparence et que l’on fasse la lumière sur les excédents pétroliers à travers un audit annuel du compte de stabilisation qui sera rendu public.
Pour terminer, le PSDC lance un vibrant appel à ses militants, à ses sympathisants ainsi qu’aux militants et sympathisants des partis du Front des Partis de l’Opposition Congolaise et à tous les démocrates sincères pour qu’ils se mobilisent dès à présent pour la tenue en 2012 des élections législatives libres, démocratiques et transparentes.
Fait à Brazzaville, le 10 janvier 2011,
Le Président
Clément MIERASSA
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