LES DICTATEURS FACE A LA REVOLTE POPULAIRE
YEMEN : Le Président Saleh se rend en Arabie Saoudite se faire soigner
Bombardement du palais
Présidentiel
SANAA, Yémen — Le président du Yémen, Ali Abdallah Saleh, s'est rendu en Arabie Saoudite pour y obtenir des soins médicaux après avoir été blessé par un tir de roquette sur sa résidence, a annoncé dimanche un responsable du gouvernement.
Ce départ précipité risque d'aggraver la crise politique qui secoue le pays, où la population manifeste depuis des mois pour exiger le départ du président, au pouvoir depuis 33 ans.
Il survient également alors qu'Ali Abdallah Saleh faisait face à des pressions grandissantes de la part des pays du Golfe et de son allié de longue date, Washington, qui avaient exigé sa démission. Il avait accepté de transférer ses pouvoirs à plusieurs reprises, mais s'était toujours ravisé.
Cette fois, ce pourrait véritablement être la fin. Ali Abdallah Saleh pourrait bien ne jamais remettre les pieds au pays, confronté à une puissante alliance tribale qui lui a déclaré la guerre après avoir constaté que les manifestations pacifiques ne suffiraient pas à convaincre l'homme fort du Yémen de quitter le pouvoir.
Le responsable gouvernemental, qui s'est exprimé sous le couvert de l'anonymat, a précisé que le président avait quitté le pays avec la plupart des membres de sa famille. Il a affirmé que ses collègues et lui ont été informés du départ du président seulement après que celui-ci eut quitté le pays.
L'agence de presse d'Arabie Saoudite, contrôlée par le gouvernement, a annoncé que le président était arrivé au pays très tard le samedi 4 Juin 2011. Elle a ajouté que le gouvernement saoudien espérait qu'Ali Abdallah Saleh se remettrait rapidement de ses blessures et qu'il demandait à toutes les parties de faire preuve de retenue en faisant remarquer que le Yémen «risquait d'être plongé dans les violences et les combats».
Washington a également fait part de son inquiétude quant à la situation qui prévaut au Yémen et qui pourrait miner les efforts pour anéantir la succursale d'Al-Qaïda qui est active au pays et qui a tenté de perpétrer bon nombre d'attaques contre les États-Unis.
Ali Abdallah Saleh a été un allié crucial des États-Unis dans la lutte anti - terroriste. Washington tente maintenant de négocier des modalités de départ stables pour le président Saleh.
Selon des médecins et responsables locaux, les combats au cours duquel le président Saleh a été blessé ont fait 10 morts et 35 blessés dans les rangs tribaux au cours de la nuit dans le quartier de Hassaba, où se trouve le QG du cheikh Sadeq al-Ahmar. Les combats ont duré jusqu'à l'aube. La plupart des bâtiments et maisons voisines ont déjà été fortement endommagés par plusieurs jours de bombardements.
Les forces pro - Saleh et rebelles ont échangé des tirs de roquettes, qui ont touché un poste de police. Un déluge d'artillerie s'est abattu dans les rues où se trouvent des bâtiments du gouvernement dont s'étaient emparés des combattants tribaux.
Depuis le début des combats, le 23 mai, dans la capitale, les habitants se réfugient dans les caves et sous-sols. Vendredi, selon l'agence de presse officielle yéménite, les tirs de la rébellion contre la mosquée du palais présidentiel ont fait sept morts. C'est la première fois que les combattants de la tribu Hachid attaquaient le palais présidentiel en deux semaines de combats avec les forces loyales à Saleh.
Selon l'agence officielle yéménite, cinq hauts responsables de l'État blessés lors de l'attaque de vendredi ont été envoyés tôt samedi en Arabie saoudite pour traitement.
Le président Saleh est la cible depuis février d'un mouvement de contestation sans précédent, inspiré par les soulèvements en Tunisie et en Égypte. Des manifestations pacifiques, violemment réprimées par le pouvoir yéménite, ont rassemblé des centaines de milliers d'habitants quotidiennement à Sanaa et plusieurs villes du pays, notamment Taez dans le sud.
Avant l'annonce du départ du président Saleh, l'Allemagne avait ordonné la fermeture immédiate de son ambassade au Yémen, dont le personnel va être évacué. Le ministère français des Affaires étrangères avait de son côté recommandé à ses ressortissants encore au «Yémen de quitter le pays au plus vite en empruntant les vols commerciaux disponibles», en raison de la «dégradation maintenant très rapide et imprévisible de la situation».
BURKINA FASO : MUTINERIE MILITAIRE A BOBO - DIOULASSO : 6 MILITAIRES ET UNE FILLETTE DE 14 ANS TUÉS
A Bobo Dioulasso, le calme est revenu samedi 4 juin 2011, après 48h de tirs en l'air et de pillages orchestrés par des militaires. Le chef d'état-major des armées s'est rendu dans la ville accompagné du chef d'état-major particulier du président pour s'enquérir de la situation. Vendredi, décision avait été prise de réprimer la mutinerie. Trois corps, gendarmerie, parachutistes et sécurité présidentielle, sont intervenus. Le bilan de ces 48 heures d'intervention est de six militaires tués, une jeune fille tuée par une balle perdue, et une vingtaine de blessés civils et militaires. Plus d'une cinquantaine de mutins présumés ont été arrêtés. Depuis, le régiment de la sécurité présidentielle patrouille en ville et des ratissages ont lieu pour rattraper d'éventuels mutins fuyards et récupérer les objets volés à la population et aux commerçants.
SYRIE : INQUIÉTUDE FACE A UNE RÉPRÉSSION IMPITOYABLE
Alors qu'une foule immense enterrait les dizaines de personnes tuées la veille par les forces de sécurité, trois manifestants ont péri samedi 4 juin 2011 en Syrie, le régime semblant déterminé à mater la révolte qui secoue le pays depuis près de trois mois.
Au total, 53 civils ont été tués vendredi 3 Juin 2011 à travers la Syrie lors des plus importantes manifestations depuis le début mi-mars de la révolte contre le régime du président Bachar al -Assad, alors que le responsable d'une organisation de défense des droits de l'homme prévenait que le pays était « au bord du gouffre ».
La répression a été qualifiée d' « impitoyable » par Londres, qui a condamné « le mépris odieux » de Damas pour la vie humaine, alors que le patron de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit "alarmé" par l'escalade de la violence exercée par le pouvoir, qui reste sourd aux pressions et sanctions internationales.
TROIS CIVILS TUÉS AU COURS DE FUNÉRAILLES
Trois civils ont été tués samedi dans la localité de Jisr al - Choughour, dans le gouvernorat d'Idleb (nord-ouest) par les forces de sécurité qui « ont tiré pour disperser plus de 1 000 manifestants sortis protester après les funérailles d'un civil », a précisé un militant sur place.
L'agence officielle Sana a indiqué pour sa part qu'un « assaillant » et un membre des forces de sécurité avaient été tués lors de heurts à Jisr al- Choughour, alors que les autorités accusent toujours des "gangs criminels" d'être à l'origine des troubles.
Les journalistes étrangers ne peuvent pas circuler librement en Syrie, rendant difficile toute vérification des faits sur le terrain. Selon les ONG, la répression de la révolte a déjà fait plus de 1.100 morts et entraîné l'arrestation de milliers de personnes.
CENSURE
Parallèlement, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton s'est dite « profondément préoccupée » par l'interruption du réseau Internet dans le pays, rétabli samedi après une coupure de plus de 24 heures. Elle a affirmé que le régime devait « comprendre que tenter de réduire sa population au silence (n'empêcherait) pas la transition ». La cyberdissidence syrienne joue en effet un rôle important dans l'organisation de la révolte, depuis le début des troubles.
La mobilisation de vendredi était la « plus importante » depuis le 15 mars, « et ce en dépit de l'amnistie » générale pour les prisonniers politiques proclamée mardi par Monsieur Assad, a estimé Monsieur Abdel Rahmane. « Cela montre que les gens ne font plus confiance au régime », a-t-il ajouté, estimant que la Syrie était désormais « au bord du gouffre ». Après l'annonce de l'amnistie, des centaines de prisonniers politiques et de conscience ont été libérés, selon des ONG syriennes.
Mais cette amnistie réclamée depuis des années arrive « trop tard », a affirmé l'opposition en exil, qui exige désormais le départ « immédiat »de Bachar al -Assad et la tenue d'élections parlementaires et présidentielle libres.
Dans ce bras de fer, entre les peuples qui aspirent à plus de liberté et les tyrans accrochés au pouvoir. La population civile paie un lourd tribut, le monde bouge, le vent qui souffle sur toutes les dictatures jusqu'où ira t' il?
SANAA, Mohamed El DJAFAR pour la Voix du Peuple
Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons