DECLARATION DE LA COORDINATION CONGO YA SIKA SUR LE COUP D’ETAT CONTRE LA DEMOCRATIE AU MALI
Le jeudi 22 mars 2012, une junte militaire conduite par le capitaine SANAGO a destitué le président élu du Mali, Monsieur Amadou Toumani Touré et son gouvernement, suspendu la constitution, décrété un couvre-feu permanent dans tout le pays et mis en place un Comité National pour le Redressement, la Démocratie et la Restauration de l’état (CNRDR).
Les organisations politiques de la diaspora congolaise en France réunies au sein de la Coordination CONGO YA SIKA, condamnent avec fermeté le coup d’état militaire qui a renversé les institutions légitimes en cours au Mali.
Rappelons que depuis l’instauration de la démocratie en 1992, le Mali a connu, deux alternances démocratiques avec des élections transparentes, qui ont vu succéder les présidents Alpha Oumar Konaré (juin 1992-1997/ 1997-2002) réélu, et Amadou Toumani Touré (2002-2007/2007-2012) dont le mandat arrivait à terme le 7 juin 2012.
Force est de constater que le Mali est, et constitue un modèle de démocratie dans la sous région et pour tous les peuples d’afrique au sud de l’équateur. Ainsi, l’interruption brutale de cette aspiration du peuple Malien à choisir librement ses représentants est une régression, voire un véritable recul de la liberté et de la marche vers le progrès pour tous les peuples africains que nous sommes.
Face à cette situation contraire aux idéaux et à la charte de la bonne gouvernance, lesquels préconisent un ensemble de valeurs et principes communs pour l’alternance démocratique, la Coordination CONGO YA SIKA :
- Dénonce la mise à l’écart des institutions légales du Mali,
- Demande aux responsables du CNRDR de rétablir sans délai le gouvernement renversé, et de lever le couvre-feu en cours dans le pays,
- Demande enfin à toute la nation malienne de rester vigilante et de défendre l’idéal démocratique, gage du bien-être et du progrès de tous les peuples.
Fait à Paris, le 26 mars 2012.
Pour la conférence des présidents de la Coordination CONGO YA SIKA,
Monsieur Raphael GOMA.
MALI: MANIFESTATION A BAMAKO CONTRE LA JUNTE QUI A PRIS LE POUVOIR AU MALI
Plus d'un millier de personnes ont manifesté lundi 26 Mars 2012 à Bamako pour dire non à la junte qui a pris le pouvoir au Mali, sérieusement menacée au nord par l'avancée des rebelles touareg et de groupes islamistes armés.
Militants et sympathisants du "Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FUDR)", créé
dimanche et qui compte plusieurs des principaux partis, se sont retrouvés à la bourse du travail de la capitale.
"Sanogo, dégage!", criait la foule à l'adresse du capitaine Amadou Sanogo, chef de la junte qui a renversé jeudi le
président Amadou Toumani Touré (dit "ATT"). "Libérez l'ORTM", la radio-télévision publique tenue par les mutins, scandaient encore les militants.
Sanogo dégage !
"Nous exigeons le retour à l'ordre constitutionnel", "A bas les putschistes, vive la démocratie et vive le Mali",
proclamaient des banderoles.
La marche initialement annoncée a cédé la place à une manifestation dans la cour du bâtiment, et s'est déroulée sans
incident.
Le FUDR regroupe 38 partis politiques - dont des formations majeures comme l'Union pour la République et la
démocratie (URD) et l'Alliance pour la démocratie au Mali (l'Adéma) - ainsi qu'une vingtaine d'associations déterminées à lutter contre ce putsch "anticonstitutionnel".
Les rues de Bamako se sont par ailleurs animées lundi matin, avec la réouverture de nombreux commerces et des
habitants de sortie sur les marchés pour se ravitailler. Mais le véritable test sera mardi, qui doit marquer selon la junte la reprise du travail dans les administrations et le secteur
privé.
Dimanche soir, le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE, junte)
avait mis en garde contre tout débordement à l'occasion de cette manifestation lundi, férié au Mali pour célébrer le 26 mars 1991.
Un coup d'Etat militaire conduit par un certain Amadou Toumani Touré (ATT) mettait fin ce jour-là à deux décennies de
dictature du général Moussa Traoré, après un soulèvement populaire durement réprimé.
Le coup d'Etat du 22 mars dernier a suspendu le processus politique dans le pays, à quelques semaines de la
présidentielle prévue le 29 avril et qui devait tourner la page ATT.
Chute "imminente" de Kidal
Toutefois, Solidarité africaine pour la démocratie et l'indépendance (Sadi), seul parti d'opposition à l'Assemblée
désormais dissoute (trois des 147 députés), a apporté son soutien aux mutins en créant le "MP22", le Mouvement
populaire du 22 mars 2012.
Si elles ont fait une ouverture en proposant des discussions de "paix", les nouvelles autorités sont dans l'immédiat
confrontées à la menace que fait peser l'avancée des rebelles touareg et des islamistes armés dans le nord.
Les rebelles visent Kidal, une des villes les plus importantes du nord-est, dont la chute est "imminente" selon le
groupe islamiste armé touareg Ansar Dine. Ce mouvement veut appliquer la charia par "la lutte armée" et a déjà revendiqué le contrôle des localités d'Aguelhok, Tessalit et Tinzawaten
(nord-est).
Les putschistes ont justifié leur coup d'Etat par l'échec du régime déchu face à la nouvelle rébellion touareg,
lancée mi-janvier avec parfois le soutien de groupes islamistes armés, en particulier Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
Mais ils n'ont pas convaincu la communauté internationale, qui a unanimement condamné leur coup et exigé le retour à
l'ordre constitutionnel.
Un sommet extraordinaire des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) se
tient à Abidjan mardi pour tenter d'esquisser une sortie de crise.
Ex-puissance coloniale, la France a réclamé le respect du calendrier électoral et assuré qu'"ATT" restait pour elle
"le président du Mali", sans toutefois exiger explicitement son retour au pouvoir.
Paris a de nouveau appelé lundi "au retour de l'ordre constitutionnel" et à la libération des responsables du
gouvernement renversé, alors que quatorze d'entre eux, actuellement détenus au camp de Kati, ont entamé dimanche une grève de la faim.
Le sort d'Amadou Toumani Touré demeure toujours inconnu. La junte a assuré qu'il "va très bien" et est "en sécurité",
mais sans dire où il se trouve, ni s'il est en détention.
BAMAKO, Seydou Ousmane pour la Voix du Peuple.
«Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peulpe ne relève pas le défi »
Pour une République Juste & Démocratique, Vous trompez le Peuple Nous dénonçons