A TOUS LES DICTATEURS AFRICAINS : LES LECONS A TIRER DE LA FIN TRAGIQUE DE Mouammar KADHAFI
Par Bienvenu MABILEMONO
TRAGEDIE D'UN DICTATEUR
Kadhafi, c'est fini, la Libye est enfin libre, mais que ce fut dur!
Il est exactement 1heure du matin et cela fait déjà plus de 2 heures que je visualise les images des vidéos sur la capture violente et la mort de Mouammar Kadhafi (http://www.slateafrique.com/56515/direct-cnt-kadhafi-est-mort ). C’est donc après avoir visualisé plusieurs fois différentes vidéos sur cette guerre de Libye qui s’est soldée par la fin du régime de Kadhafi que j’ai décidé de lancer un appel à la sagesse à tous les dictateurs africains et particulièrement à Denis Sassou N’Guesso du Congo Brazzaville, mon pays.
Arrêtons avec la dictature et cessons de faire de l’Afrique un monde à part. Suivons le bel exemple d’humanité, de tolérance, d’humilité, de sagesse et de grandeur d’esprit que nous a montré Nelson Mandela, cet illustre fils de l’Afrique et homme d’exception qui a montré à la face du monde que le pouvoir ne doit pas être une fin en soi, et surtout, on n’a pas besoin de demeurer au pouvoir à vie ou d'accumuler les milliards de dollars pour être un grand Homme et compter dans l'Histoire longtemps après sa mort. Il faut donc savoir passer la main. C’est en substance l’appel à la sagesse que je lance ici à tous les dictateurs africains au lendemain de la mort de celui qui, tout en se cachant derrière l’écran de fumée de son panafricanisme opportuniste, était en réalité leur guide et leur modèle, Mouammar Kadhafi.
Un grand vent de liberté et de démocratie souffle sur le monde arabo -musulman. Après de longues décennies de dictature et de servitude, ces peuples ont reconquis la liberté et chaque citoyen respire désormais un air de liberté. Ma conviction profonde est qu’un jour, ce désir de liberté s’étendra sur toute l’Afrique subsaharienne. Oui, les dictateurs africains auront beau redoubler d’ingéniosité et multiplier les stratégies ils ne feront que repousser l’échéance, mais il ne fait aucun doute que, tôt ou tard, les peuples africains-subsahariens briseront eux aussi leurs fers et armeront leurs bras pour chasser leurs dictateurs. A l’instar des peuples arabo-musulmans, la même ambition de reconquête de la liberté et de la dignité vibre dans les esprits des peuples d’Afrique subsaharienne.
L' Afrique noire ne vit ni en vase clos ni dans un monde immobile. Certes, depuis le début du printemps arabe, les peuples africains-subsahariens semblent encore tétanisés par la peur et ont du mal à en profiter, mais ils savent que la donne internationale a changé. Inspirés par le courage des Tunisiens, des Égyptiens et des Libyens, les peuples d'Afrique subsaharienne, notamment les jeunes qui aspirent à la liberté et à la démocratie véritable, risquent aussi de se révolter et provoquer la chute définitive de leurs dictateurs. Et j’insiste beaucoup sur le fait que les aspirations de la jeunesse africaine doivent être prises en compte. La jeunesse étant indiscutablement le maillon le plus fort de la société parce que dotée des plus grandes énergies, des plus fortes aspirations, des plus fortes capacités de révolte. C’est une force qui peut être explosive et émancipatrice, mais aussi ravageuse et destructrice quand elle n’est pas écoutée et respectée.
Je suis à peu près sûr qu’à défaut, peut-être, d’avoir sonné la fin de la dictature en Afrique, les images de la capture violente et de la mort de Mouammar Kadhafi ont marqué profondément les esprits de nombreux dictateurs africains. Ils ont compris qu’aucune dictature aussi féroce soit-elle ne peut vaincre la détermination d’un peuple et que lorsqu’un peuple se fâche, sa puissance est absolue.
Aussi, j’invite tous les dictateurs africains à admettre que l’heure est venue pour que l’Afrique subsaharienne développe enfin en son sein les comportements plus humanistes, la démocratie effective, le respect des droits de l’Homme et bannir définitivement la dictature, les modifications constitutionnelles opportunistes à effet de garder le pouvoir à vie et d’assurer les successions dynastiques du pouvoir. Disons-le sans détour ni langue de bois, ce qui vient de se passer en Libye envoie des signaux déterminants à tous les autres dictateurs africains. La capture violente et la mort de Mouammar Kadhafi doit convaincre tous les chefs d'Etat africains qui se cramponnent au pouvoir, martyrisent leur peuple, foulent aux pieds les droits de l’Homme, violent même leurs propres Constitutions taillées sur mesure et rêvent de se faire succéder au pouvoir par leurs enfants ou neveux, de cesser de jouer avec le peuple. Ils ont donc intérêt à jouer maintenant pleinement le jeu de la démocratie en respectant la limitation des mandats, en acceptant l’alternance du pouvoir par des élections libres et transparentes qui reflètent la volonté supérieure du peuple souverain. Sinon, ils devront se préparer à suivre la même voie que leur guide et modèle, Mouammar Kadhafi, et seront donc eux aussi précipités dans les oubliettes de l’Histoire.
Voilà pourquoi je conseille très vivement à Denis Sassou N’Guesso de ne pas prendre le risque de modifier la Constitution et de respecter la double limitation qui fixe à deux le nombre de mandats présidentiels et à 70 ans maximum l’âge des candidats à l’élection présidentielle. De même, s’agissant de la Paix et la réconciliation nationale qui demeure à ce jour une simple vue de l’esprit quatorze ans après la guerre civile qui divisa les Congolais en 1997, plutôt que mettre en place un soi-disant Comité Paix et réconciliation auquel personne ne fait confiance, il est urgent de convoquer, comme le réclame depuis des années l’écrasante majorité de congolais, une large concertation nationale qui réunira toutes les composantes de la société congolaise. C’est la seule voie qui nous permettra d’ouvrir enfin la page d’une réconciliation véritable et de poser des bases plus solides du développement du pays dans l’unité et la paix.
Bienvenu MABILEMONO
S.G. du Mouvement pour l’Unité et le Développement du Congo (M.U.D.C)
Pour une République Juste & Démocratique, Vous trompez le Peuple Nous dénonçons