Source : LA LETTRE DU CONTINENT
LES BIENS MAL ACQUIS : LES SASSOU NGUESSO DANS LE VISEUR DE LA JUSTICE FRANCAISE
Arrivé en catastrophe à l'aéroport du Bourget dans la soirée du 18 février 2013, le neveu de Denis Sassou
Nguesso et secrétaire général du Conseil national de sécurité (CNS), Jean-Dominique Okemba, est venu s'enquérir de l'étendue de la perquisition effectuée, cinq
jours auparavant, au domicile de Julienne Sassou Johnson, l'une des filles du président congolais, bd du général Koenig à Neuilly-sur-Seine, face à l'île de Puteaux
(lire).
Cette opération de René Grouman et Roger Le Loire dans le dossier des Biens mal acquis
(BMA) devrait en appeler d'autres. Les deux juges s'intéressent ainsi aux conditions d'acquisition d'un appartement d'Edgard Nguesso, neveu du président congolais, situé
dans le 16e arrondissement de Paris. Ce bien a été acheté en 2003 via la SCI du Nord, grâce à un emprunt de plus d'un million €. S'ajoutent deux autres biens, dont un à Levallois-Perret, au
nom de son épouse Michèle. Autre fille du président congolais, Claudia Lemboumba "Coco" possède plusieurs appartements dans le 16e arrondissement parisien,
notamment avenue Victor Hugo, tout comme son frère, Denis Christel Sassou Nguesso.
Le neveu Wilfrid Nguesso, dit "Willy", est également dans le collimateur des juges pour
- entre autres - un appartement bd Bessières (17e). Quant à Maurice Nguesso, frère du chef de l'Etat, gérant de la SCI 23 Malesherbes, l'un de ses appartements est localisé
dans le 8e arrondissement.
Le président congolais ne serait pas épargné. En plus d'un hôtel particulier au Vésinet, plusieurs biens
sont à son nom avenue Rapp (7e) et rue Marbeuf (8e). Enfin, les inspecteurs de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) ont listé un appartement dans
le 17e arrondissement au nom d'Antoinette Sassou Nguesso, la première dame.
GABON : NICE CAPITALE DES BONGO
La première perquisition opérée le 13 février à Nice dans le volet gabonais du dossier sur les Biens mal acquis (BMA) ne doit rien au hasard. Omar Bongo avait fait de cette ville du Sud de la France un lieu de villégiature privilégié dès les années 70. Le 29 mars 1971, l'ancien président gabonais avait racheté à un particulier une première propriété et un terrain à Cimiez Cap de Croix, quartier juché sur les hauteurs de la ville. Il avait également acquis, dans la même zone, une villa dénommée Villa l'Oliveraie, le 26 novembre 1973, puis une autre, l'année suivante, dénommée Les Heures Claires, et une quatrième le 10 juin 1976.
D'autres propriétés, toujours situées à Cimiez, suivront respectivement le 30 mars 1984, le 14 novembre 1986 et le 8 janvier 1998. A ce patrimoine s'ajoute un terrain basé avenue de la Marne, dont l'ancien chef d'Etat est devenu acquéreur en 1991. C'est également à Nice que se joue la succession d'Omar Bongo depuis son décès en 2009. La notaire Christine Damiano-Conynck gère ce dossier représentant plus de six tomes. Les deux juges chargés d'enquêter sur les BMA, Roger Le Loire et René Grouman, avaient d'ailleurs perquisitionné son étude en juin 2011.
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