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LA VALSE DU CIMENT AU CONGO BRAZZAVILLE

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LE CIMENT UNE DENRÉE RARE DE SPÉCULATION AU CONGO BRAZZAVILLE

50 ans après l’indépendance le Congo manque de tout

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au Congo Brazzaville, le gouvernement est dépassé par la spéculation du ciment, ce produit est pourtant indispensable pour la reconstruction après la destruction massive du pays lors de la guerre fratricide du 05 Juin 1997.

Officiellement, le prix d’un sac de ciment de 50 kg  est fixé à 5900 FCFA  soit 118000 FCFA  la tonne c’est-à-dire 20 sacs. Cependant, sur le marché parallèle celui des (revendeurs) spéculateurs le sac de 50 kg est revendu à 10 000 FCFA soit 200 000 FCFA la tonne.

 

Face à la valse des prix, le gouvernement congolais est incapable de satisfaire la demande qui est estimée à 70 000 tonnes hebdomadaire par rapport à une offre hebdomadaire de 20 000 tonnes.

 

En vérité, le marché du ciment est à l'image du pays, 50 après l’indépendance, nous sommes confrontés à deux types de constats ; l’un est que, le Congo est devenu un pays pauvre très endetté où le déshonneur et la malhonnêteté se sont historiquement substitués à l’honneur, l’honnêteté  et la dignité. L’autre, c’est le mal-être sous toutes ses formes qui se présente partout, l’urgence en tout domaine et la faillite de quelques infrastructures héritées de l’époque coloniale ainsi que la mise à « sac » des industries telles que la Cimenterie de Loutété (CIDOLOU).

 

La pratique du pouvoir, depuis 50 ans a pu décevoir un certain nombre d’espoirs mis dans les héritiers de la période post coloniale. Aujourd’hui, le fonctionnaire et même le congolais ordinaire ne peuvent envisager de construire au Congo, car construire est un luxe réservé aux seuls gouvernants qui avec l'argent dilapidé du pays font pousser des villas partout dans la capitale politique et économique.

 

L'inflation du prix du ciment qui augmente à un rythme exponentiel par rapport au pouvoir d'achat laisse pantois les congolais qui sont désabusés par les excès du pouvoir. Que faire ? Comment remédier à des tels processus ? Il convient tout de même de préciser que c’est non seulement la politique sociale et économique du gouvernement qui est à l’origine de l’inflation aussi bien dans le domaine des biens de première nécessité que celui de l’habitat ; mais c’est sûrement beaucoup plus l’inexistence d’un parlement digne de la représentation et des aspirations du peuple congolais.

Dans ces conditions, il faut comprendre qu’au fur et à mesure que s’est affirmée la fraude comme mode de gestion publique, particulièrement dans les secteurs clés de l’économie congolaise, des stratégies d’enrichissement personnel se sont progressivement multipliées, renforcées et imposées sur le marché financier congolais par une minorité au pouvoir au détriment du bien être des populations.

 

Plus fondamentalement, ce mode de gestion et par conséquent les souffrances des populations trouvent une grande partie de leur explication dans le manque de contre pouvoir aussi bien juridique que législatif, c’est-à-dire le manque de démocratie.  L’émergence d’une nouvelle classe politique responsable, solidaire et  patriotique ne peut que contrarier le type de stratégie machiavélique poursuivi par les autorités de Brazzaville. Un des principaux problèmes de la nouvelle classe politique sera celui de la restauration des valeurs démocratiques pour mettre le Congo sur la voie de la reconstruction d’un système démocratique équilibré, plus stable, mais aussi plus juste qui ouvrirait la voie au développement et donc à davantage d’emplois et du bien-être des congolais.            

 

Le coût exorbitant du ciment favorise la fracture sociale, d’un côté les nantis du pouvoir avec des villas et de l’autre le peuple cantonné dans des bidons villes avec toutes les conséquences que l’on connaît.  La dernière en date  3 enfants tués dans l’incendie d’un hangar dans un quartier nord de la ville de Brazzaville plus précisément à Thomas SANKARA.

« Bouala yayi Mambou »

 

Brazzaville, Steve OBORABASSI  pour la Voix du Peuple

 

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