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LA HAYE Mardi 19 Février 2013 : DÉBUT DU PROCES DE Laurent GBABGO A LA CPI

 

  

 

 

 

 

 

LA HAYE Laurent GBAGBO : LE DÉBUT DU PROCES DU VASTE COMPLOT INTERNATIONAL

 

 

                                                         

 

 

       

Laurent Gbagbo devrait officiellement endosser ce mardi le statut d’accusé. Sauf nouveau report, la Cour pénale internationale va, en effet, décider de confirmer ou non les charges qui pèsent contre lui : celle de crimes contre l’humanité commis pendant la crise post-électorale de 2010 et qui ont fait 3.000 victimes.

 

 

"Mais qu’est-ce que je fais ici? Je n’ai jamais pris le maquis, jamais tenu une arme! Je ne suis rien d’autre qu’un prisonnier politique." Presque deux ans après son arrestation, dix-huit mois après son transfèrement à La Haye, Laurent Gbagbo, qui se confiait il y a quelques semaines à son vieil ami, l’universitaire Albert Bourgi, n’a pas bougé d’un iota. Il reste cet ancien chef d’État persuadé d’avoir remporté l’élection présidentielle ivoirienne de 2010 et d’avoir été injustement châtié par la France.

 

Ce mardi, l’ancien président ivoirien devrait pourtant officiellement endosser le statut d’accusé. Sauf nouveau report, la Cour pénale internationale va, en effet, décider de confirmer ou non les charges qui pèsent contre lui : celle de crimes contre l’humanité commis pendant la crise post-électorale de 2010 et qui ont fait 3.000 victimes.

 

Cette audience devrait ouvrir la voie à un procès qui s’annonce long et difficile. Il s’y prépare activement. "Il est très combatif", assure Bourgi. "Très déterminé", abonde le Français Bernard Houdin, l’un de ses anciens conseillers personnels. Dans le "bureau" mis à sa disposition, une pièce avec quatre chaises et une table, il prépare sa défense. "Il veut que la vérité soit rétablie", explique sa nièce, Kady Bame. L’ancien président reçoit aussi beaucoup : "Pour le voir, il faut parfois patienter trois mois tant la liste des visiteurs est importante", explique son neveu Jo Mamadou. Albert Bourgi parle de milliers de coups de fil reçus en 2012.

 

Il perfectionne son anglais et prie

À sa nièce, Laurent Gbagbo a toutefois confié qu’il s’ennuyait. Alors, il lit, énormément,des romans et des ouvrages politiques. "Les gardiens se sont même plaints, sourit son neveu. Il n’y avait plus de place dans sa chambre." Ces mêmes gardiens qui lui donnent du "Monsieur le Président", selon un visiteur. Gbagbo perfectionne aussi son anglais, prie, appelle sa sœur. "C’est elle qui lui donne des nouvelles de la famille", explique sa nièce.

 

Si Laurent Gbagbo aurait peu de rapports avec ses co-détenus, il s’entend bien avec eux. Parmi ces derniers figure l’opposant et chef de milice congolais Jean-Pierre Bemba. Grâce à des relais au sein de la CPI, il s’arrangerait pour lui permettre de manger africain. Mais Laurent Gbagbo, qui s’est toujours perçu comme un intellectuel, rechigne à être mis dans le même panier.

 

"Il n’a pas de haine, pas de rancœur", selon son neveu. Mais Gbagbo ressasse le passé. À au moins deux de ses derniers visiteurs, il a confié qu’il aurait pu, quand il était président, "envoyer dix fois Alassane Ouattara [l’actuel chef d’État ivoirien] en prison". Gbagbo dit aussi qu’il pourrait être encore utile à la Côte d’Ivoire, travailler à la réconciliation nationale. D’ailleurs, il continue de rencontrer régulièrement les cadres de son parti, le Front populaire ivoirien. Au pays, ces derniers font en sorte que l’image de l’ancien président reste bien vivante. Hier (samedi, Ndlr), une manifestation de soutien s’est notamment déroulée à Yopougon, un quartier pro-Gbagbo d’Abidjan, avant d’êre dispersée par les forces de l’ordre.

 

Antoine Malo

Le JDD / Le Nouveau Courrier

 

Laurent Gbagbo prêt à un «procès devant l'Histoire»

C' est le grand jour pour Laurent Gbagbo. Un an et 3 mois après son transfert à La Haye, ce mardi 19 février débute l'audience de confirmation des charges de l'ancien président ivoirien devant la Cour pénale internationale. Cette audience, qui va s’étaler sur dix jours, doit permettre aux juges de la CPI de déterminer si le dossier de l'accusation est assez solide pour organiser le procès de Laurent Gbagbo.

La Procureure a enquêté pendant des mois et a rassemblé plus de 3 000 documents. Fatou Bensouda et son équipe veulent poursuivre Laurent Gbagbo comme co-auteur indirect de crimes contre l'Humanité commis fin 2010-début 2011, quand il refusait de reconnaître l'élection de son rival Alassane Ouattara à la présidence. Pour l'accusation, les forces pro-gbagbo auraient alors tué plus de 700 personnes et violé 35 femmes.

L'accusation insiste sur 4 événements

Les quatre dossiers mis en évidence par l'accusation sont : la répression d'une marche de l'opposition sur la Radio Télévision Ivoirienne en décembre 2010, la répression d'une marche de femmes à Abobo, le bombardement du marché de cette même commune d'Abidjan, et aussi des exactions perpétrées par les partisans de Laurent Gbagbo à Yopougon entre le 12 avril et le 8 mai 2011.

Cela peut peut surprendre, car à ce moment là Laurent Gbagbo lui même avait déjà été arrêté, le 11 avril, dans sa résidence. Pacal Turlan, le conseiller en coopération internationale au Bureau du Procureur explique les choix de l'accusation : « Ce que nous disons c’est que la politique qui a abouti à la commission de ces crimes contre l’Humanité entre décembre 2010 et jusqu’en mai 2011 a été pensée avant même la fin du processus électoral ; une politique mise en place et exécutée par Laurent Gbagbo, son cercle rapproché et d’autres personnes. Nous le montrerons. Nous avons entre autres des témoignages, des documents écrits, retrouvés sur place. Nous n’aurons pas à entrer dans le détail de notre liste d’éléments de preuve pendant l’audience de confirmation des charges, mais nous avons des dizaines de documents à montrer à l’audience ».

Dix jours d'argumentation pour les deux camps

L'objectif est de convaincre les juges qu'il y a matière à organiser, ou non, un procès Gbagbo. L’avocat de Laurent Gbagbo refusait d'accorder des interviews avant le début de cette audience. Au delà des questions de procédure dont il a fait son cheval de bataille, Me Emmanuel Altit devrait aussi dénoncer le climat qui prévaut en Côte d'Ivoire et qui pourrait selon la défense dissuader des proches de l'ancien président ivoirien de témoigner en sa faveur.

Laurent Gbagbo s'exprimera lui-même à la fin de l'audience, le 28 fevrier. Sans doute pour rappeler qu'à ses yeux, il est victime d'un complot orchestré par Nicolas Sarkozy et son ami Alassane Ouattara, et qui visait à lui faire quitter le pouvoir en Côte d'Ivoire.

Ce qui est sûr, c'est qu'il a beaucoup travaillé à la préparation de cette audience. Son porte-parole pour l'Europe Bernard Houdin le confirme : « Laurent Gbagbo avait dit lors de son audience de comparution initiale " nous irons jusqu’au bout ". Laurent Gbagbo a toujours été un homme combatif. Il considère la CPI comme une épreuve, comme quand beaucoup plus jeune, on l’a envoyé en prison. Il n’a pas changé, il n’est pas dans l’attente, il est dans la préparation de cette audience, et il bénéficie des moyens nécessaires pour le faire. Il est intellectuellement en pleine forme, c’est un historien qui a l’habitude de traiter des dossiers, et il dira au monde entier ce qu’il voulait faire de la Côte d’Ivoire, et comme l’élan de ce pays a été brisé par une force armée étrangère. »

Laurent Gbagbo bénéficiera d'une organisation spécifique

L'an dernier, son avocat avait tenté de faire valoir que sa santé ne lui permettait pas d'assister à un procès. Après une expertise médicale, qui a nécessité un nouveau report de l'audience de confirmation des charges, le deuxième, les juges ont conclu que l'ancien chef de l'Etat, âgé de 67 ans était apte à participer à la procédure, moyennant quelques aménagements. Fadi El Abdallah, le porte-parole de la CPI détaille le principe : « Pour éviter que Laurent Gbagbo ne se fatigue, les juges ont décidé que les audiences se tiendraient sur des demi-journées, tous les après midi, et par séance d’une heure, entrecoupées de pauses. Il est même prévu, si besoin, qu’il puisse suivre l’audience par retransmission vidéo depuis une salle préparée à la Cour, ou même depuis le centre de détention. »

Deux mois pour décider de la tenue d'un procès

A la fin de cette audience de confirmation des charges les juges auront deux mois pour se prononcer et ainsi donner, ou non, leur feu vert à un procès Gbagbo. L’enjeu est évidemment énorme pour Laurent Gbagbo lui-même, mais aussi pour le Bureau du Procureur. Dans le cas du responsable FDLR, (Forces démocratiques de libération du Rwanda), Callixte Mbarushimana par exemple, il avait échoué à construire un dossier suffisamment solide aux yeux des juges pour organiser un procès. Cette fois, avec le prisonnier le plus célèbre de la CPI, il joue encore plus gros, en terme de crédibilité. d’autant que des ONG s’émeuvent aussi que les poursuites de la CPI ne visent pour l’heure que le camp Gbagbo.

Rfi.fr

 

 

 «Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi » 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons 

   

     

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