LA DIASPORA CONGOLAISE DOIT S’UNIR
Soyons prêts pour l’intérêt de nos populations
Raphaël GOMA
S’interroger sur l’avenir de la diaspora et son rôle dans le combat de la restauration des valeurs démocratiques issues de la conférence nationale souveraine pourrait sembler hyper actuel. Car, en cette période obscure, de manque de visibilité politique, où les convictions de la génération d’hommes politiques des années post coloniale de l’Afrique sont mises en cause, et à l’aune des agrégats macro économiques, sociales, la diaspora semble être la mieux aguerrie, pour prendre le relais de la course pour le développement de nos sociétés sur le continent.
Depuis douze ans, la préoccupation de la diaspora à restaurer la démocratie pluraliste au Congo Brazzaville s’est manifestée par la permanence et la pertinence des questions qu’elle s’est posée et par la signification des réponses qu’elle a proposées à ces questions, à travers des colloques, séminaires et conférences et en particulier sur Internet. Des communications, des mémorandums et des livres ont été publiés. Plusieurs associations ont été crées. Elles prouvent, chacune à sa manière, l’intérêt permanent de la recherche de la diaspora dans cette préoccupation.
Face à la violence savamment orchestrée par le coup d’état du 5 juin 1997, qui a entraîné la mise en parenthèse de l’expérience démocratique au Congo Brazzaville, les congolais de la diaspora se sont senti le devoir de réagir. En conséquence, plusieurs cercles de réflexions ont vu le jour mais leurs moyens d’actions paraissent peu déterminants pour mettre fin au régime antidémocratique du Congo. Qu’on en juge: d’aucuns plaident pour un retour à l’ordre constitutionnelle par le biais d’une concertation nationale inclusive, d’autres ont critiqué l’absurdité de cette démarche, et pensent que, seul un soulèvement populaire des forces vives de la nation peut venir à bout de la dictature qui s’est installée au Congo. Enfin, d’autres encore prônent la rupture en pensant que les aînés doivent laisser la jeunesse aux avant postes pour mener le combat.
Il conviendra alors de préciser et de rappeler que les échéances électorales de 2002 et 2009 ont permis un nouveau regard sur le régime de Brazzaville, en particulier pour ceux qui doutaient encore de le qualifier de « Dictature ». Aujourd’hui, chacun de nous, qu’il soit en France ou aux Etats unis, au Canada ou en Grande Bretagne, au Burkina Faso ou en Afrique du Sud, à sa manière, individuellement ou en association doit être conscient que l’enjeu ne peut se résumer à une vaine querelle sur l’attitude des leaders du front des partis de l’opposition avant et/ou après l’élection du 12 juillet 2009. Mais, l’événement lui-même, inséparable des violences qui divisent les congolais et qui les opposent doit nous conduire à réfléchir sur les ambiguïtés et les ambivalences de certains hommes politiques. A vrai dire, il n’est plus possible de continuer à penser que M. Sassou et son système se soucient du bien être des populations. Il convient plutôt de le stopper car l’étendue des dégâts économiques et sociaux ne fait que croître, et donc le retard pour le développement du Congo avec.
Pourquoi alors en France, les représentants de la diaspora sont-ils systématiquement dénigrés? Pourquoi douter de leur intégrité et jeter leur honneur en pâture? Certes, nul ne peut contester que la diaspora soit diverse et diversifiée. Mais alors, pourquoi n’arrive t-elle jamais à fédérer toutes les associations au sein d’un Congrès ou d’un Conseil? Est-ce que certains congolais de la diaspora ne le veulent pas et qu’une classe d’hommes politiques n’y voit pas ses intérêts?
Au-delà de la part personnelle et indiscutable que l’ego de certains responsables de la diaspora peut porter dans l’affaiblissement décisif du rôle de la diaspora dans le combat politique actuel, avec la répétition des erreurs de certains aînés qui ont favorisé le coup d’état en 1997. Il faut tout de même relever que, la diabolisation permanente des représentants de la diaspora est peut être le fruit d’un « conflit d’existence » entre les responsables d’associations qui utilisent la parure et le paraître pour se faire une place hors du Congo et ceux qui veulent se distinguer par leurs pragmatismes et leurs actes.
Néanmoins, qu’on ne s’y trompe pas. Pour l’intérêt de tous, il ne serait alors pas inconvenant d’imaginer que, dans les mois prochains, naisse ou se consolide une structure formelle, capable de mutualiser les actions des associations de France au sein d’un Conseil qui interviendrait sur le plan national et international pour raviver la flamme du patriotisme qui a toujours caractérisé les Congolais de l’étranger. Dans une telle perspective, il appartient aux responsables de la diaspora de: Paris, Lille, Marseille, Lyon, Strasbourg, Bordeaux etc., engagés pour la restauration des valeurs démocratiques de ne pas perdre Espoir, mais d’être prêts pour un grand rassemblement et de se souvenir que l’union fait la force. Car, quand on perd Espoir, on a plus d’avenir. Le présent est aussitôt avalé par le passé. C’est le règne de l’éphémère. N’oublions pas que, les filles et les fils du Congo ont les yeux tournés vers la diaspora. Alors, soyons prêts pour l’intérêt de nos populations et donc de notre nation.
Raphaël Goma
Militant associatif