Nous avons, dans ce pays, un homme qui dirige le Congo depuis 1968, d’abord dans l'ombre de feu président
Marien Ngouabi, qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui et qu'il n'a pas hésité, d’ailleurs, d’assassiner un jour du 18 mars 1977. Cet homme, c’est Denis Sassou Nguesso. La seule
interruption qu’il a connue, c'est l'intermède de 5 ans de Pascal Lissouba. A lui seul donc, il totalise bientôt 40 ans de pouvoir sans partage (ministre et/ou president de la Republique
compris).
De tous les Présidents que le Congo a eus, M. Sassou Nguesso est celui qui a la plus grande longévité au
pouvoir. Devant la tragédie qui a frappé le pays, M. Sassou Nguesso avait le temps, suffisamment de temps et de moyens matériels et financiers pour déplacer ces engins de la mort. Il n’a
manqué de rien. En tout cas, je dis bien RIEN !
Faut-il attendre la mort de centaines voire de milliers de personnes pour qu'il comprenne, prenne conscience
et se rende compte que ces choses-là étaient une menace permanente pour la vie des populations congolaises ? Pourtant, ils n’ont pas, en tout cas, traîné les pieds, lui et son clan, pour se
faire ouvrir des centaines de comptes bancaires à l’étranger et s’octroyer des appartements, des hôtels particuliers, des studios de luxe en France et certainement ailleurs…
En lisant ce document, certains seront certainement offusqués et mettront en avant le manque de compassion
ou de délicatesse devant la mémoire des innocents, victimes expiatoires de la goinfrerie démesurée, de l’inconscience, l’insouciance et même de l’irresponsabilité et de l’incapacité de ceux
qui prétendent nous gouverner.
Pour ma part, je ne suis pas fier du tout de voir sur des photos, des lits d'hôpital sans matelas partagés
par quatre malades qui, souvent, ne sont même pas de même sexe. En quel siècle sommes-nous ? Avec cela, je demanderai aux donneurs de leçons de morale de s’abstenir.
En effet, nous savons tous que tous les quartiers de Brazzaville sont cosmopolites. Dans les quartiers
sinistrés, il n'y a pas que les originaires du Nord ou les parents de Sassou qui y vivent. Mon problème n'est pas à ce niveau-là. Mon problème est au niveau non de l'homme Sassou, mais du
dirigeant qu'il est et qui préfère se vautrer dans le luxe, la luxure et le crime au lieu d'être un bon dirigeant capable d'anticiper les catastrophes et qui, de surcroit, est militaire,
Officier Général. Ce n'est pas rien.
Au jour d'aujourd'hui, il est PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DES ARMEES, MINISTRE DE LA DEFENSE, un poste
qu'il n'a jamais quitté depuis 1968, même quand il est président de la République. M. BOWAWO n'est qu'un délégué à ce poste qui reçoit les ordres de son titulaire. Alors, dans ces conditions,
la responsabilité et la culpabilité de Sassou Nguesso sont totales.
Ceci dit, en ce qui me concerne, je n’ai pas le temps de pleurer face à cette hécatombe. Je n’ai pas le
temps de la compassion, tellement je suis scandalisé, outré et indigné. Cette catastrophe aurait pu être évitée depuis des décennies, depuis voici 40 ans que M. Sassou est au pouvoir et qu’il
est toujours resté MINISTRE DE LA DEFENSE, CHEF DES ARMEES.
C'est cela qui me révolte et c'est pourquoi les larmes n'ont pas de place pour le moment. Il y a tellement
de tragédies et de mort d'homme dans ce pays à cause de cet homme incompétent et médiocre.
Le Congo est indépendant depuis 1960, bientôt 52 ans. En dehors de ses villas privés qu'il retape avec les
fonds de l'Etat (Villa de Mpila) et les Palais qu'il démolit et restaure (Palais de la Glacière) toujours aux frais de l'Etat congolais, cet homme, hautain et d'un orgueil inégalé et sans
pareil et qui peut être poursuivi pour abus de biens sociaux, s'est toujours contenté des infrastructures héritées de la colonisation quand il s’agit des infrastructures concernant l’armée,
la police et le reste de l’administration. Il ne lui est jamais venu à l'esprit que ces installations peuvent être obsolètes avec le temps. Apparemment, ce n'est pas son problème. Pourvu
qu'il mange et que ses poches soient pleines. Et il n’éprouve aucune honte auprès de ses homologues.
1 - De la responsabilité criminelle des gouvernants congolais
Depuis 1997 à aujourd'hui, Sassou Nguesso a massivement distribué en quantités incalculables des armes et
des munitions de guerre à tous les originaires du Nord dont les quartiers, à Brazzaville, sont les plus touchés par l’explosion. Lui et les membres de son clan ont créé dans tous les
quartiers Nord de Brazzaville des dépôts clandestins d’armes et de munitions sous le prétexte d’assurer l’autodéfense contre les hordes sudistes revanchardes susceptibles de les anéantir. Un
système de chantage, de manipulation, de lavage de cerveaux et de gouvernement de la peur par la peur était ainsi né, avec, en toile de fond, le développement et l’instrumentalisation de la
haine de l’autre.
Souvenons-nous de son discours du 21 mars 1999, au Dispensaire Marien Ngouabi, croisement de la Rue Ossio et
de l'avenue de Talangaï, au quartier Mikalou, où il appelait tous les ressortissants du Nord, plus particulièrement l’ethnie Mboshi dont il est issu, à lui donner leurs enfants pour aller
faire la guerre dans les régions du Sud-Congo, et particulièrement dans la région du Pool où se trouvent ses ennemis à lui Sassou.
Ceci dit, les seuls dépôts d’armes et de minutions n'auraient donc pas fait autant de ravages, de dégâts et
ravager tous ces quartiers pour avoir des répercussions jusqu’à Kinshasa d'en face. Cependant, une chose est sûre, c’est qu’il y a eu un effet domino.
Outre les cinq déflagrations des dépôts d'armes de guerre de toutes sortes, entre 7h00 et
10h00, le souffle des explosions a fait exploser les munitions, les mines, les grenades, les dynamites et les roquettes et autres mini-bombes stockées et camouflées dans les maisons
individuelles. En tout cas, nombreux sont ceux qui, dans ces quartiers sinistrés, ont détenu une arme de guerre, des munitions, des grenades, des dynamites, sous le prétexte de se défendre en
cas d'attaques des Sudistes (Congolais du Sud et particulièrement de la région du Pool, la région désignée comme ennemie par M. Sassou Nguesso). Tout cela a été fait dans la culture de la
haine de l’autre.
Or, on ne peut pas gouverner un pays dans et avec la haine de l’autre. Pendant ce temps, les hôpitaux
manquent de médicaments, de lits, de matelas, etc., au point aujourd’hui de voir quatre blessés graves sur un seul et même lit sans matelas. La honte !
Maintenant, la question qui se pose à Brazzaville est celle de savoir comment les autorités politiques du
pays, catapultés en 1997 au bout d’un canon par la France du président Chirac, vont se comporter face à cette tragédie ?
A titre de rappel, de 1997 à 2004, M. Sassou Nguesso a mené une guerre sans pitié contre une partie du
peuple congolais. Ce fut un véritable carnage, un massacre humain, un génocide. La Communauté internationale a fermé les yeux sur cette hécatombe. Toutes les infrastructures furent toutes
démolies, bombardées (écoles, collèges, lycées, Eglises, ponts, routes, dispensaires, centres médicaux, etc.).
A ce jour, quinze ans après, rien n'a été fait pour restaurer toutes ces infrastructures, pour réhabiliter
toutes ces régions dévastées. Nous disons bien : RIEN. Sous le prétexte de bien et mieux punir ces régions et ces populations « rebelles » dont la Région du Pool. Il y a eu plus de 100 000
morts, sans compter les charniers jusqu'ici non encore répertoriés. De même, les rafles du Beach de Brazzaville[i]
vont dans cette logique diabolique de destruction et d’extermination de tout ou partie d’un peuple. A se demander si ce comportement criminel et cette pratique politique font partie des
enseignements francs-maçons de l’Obédience à laquelle appartient M. Sassou Nguesso ?
Toutefois, dans cette situation, la France porte une très lourde responsabilité. C'est peut-être pour cela
qu'elle a toujours étouffé toutes les poursuites judiciaires intentées contre ses protégés du Congo, étant donné que celles-ci rejailliraient inéluctablement sur elle. Ainsi, les victimes des
régions Sud du Congo (de Bacongo, Makélékélé, la région du Pool jusqu’aux Pays du Niari, régions martyres, sinistrées), n’ont connu une moindre réparation. Les rescapés, les survivants des
massacres n'ont jamais été recensés, jamais indemnisés.
C’est dans cette logique de guerre et d’extermination de l’autre qu’ont été mises en place les Opérations «
Colombe 1 et 2 », « Hadès », « Hérode », « Mouebara » auxquelles a très activement participé un Français décoré de la Légion d’Honneur par le président Chirac peu de temps avant de quitter le
Palais de l’Elysée. Il s’agit de M. Jean-Paul PIGASSE.
Or ce qui vient de se passer à Brazzaville, le 4 mars 2012, dans les quartiers nord de Brazzaville, est le
reflet et la copie conforme des destructions massives opérées et infligées, de 1998 à 2004, par M. Sassou Nguesso et son clan aux régions sud du pays en général et à la région du Pool en
particulier. Imaginez une guerre qui a duré six ans, et durant lesquels les Cobras (milices privées de M. Sassou Nguesso), les troupes angolaises, tchadiennes, gabonaises, les mercenaires de
diverses nationalités, à la demande de la France du président Chirac et mis au service de M. Sassou Nguesso, ont pilonné toutes ces régions et très particulièrement la région du Pool ! Quel
peut être l'état de ces régions et des populations aujourd’hui ? Ce cynisme, cette barbarie n'ont été dénoncés ni condamnés par personne. En tout cas pas par la Communauté internationale ou
le monde occidental en général ; la France disposant de son droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU a fait obstacle. Autant dire aujourd'hui, que les crimes de M. Sassou Nguesso sont
les crimes de la France.
Ceci étant, il est bien évident et logique que M. Sassou Nguesso indemnise nos compatriotes sinistrés suite
à cette catastrophe sans précédent qui a soufflé et détruit plus du tiers de la ville de Brazzaville. Mais, qu’en est-il des précédents, de ses victimes et survivants des régions saccagées et
dévastées par lui dans le Sud-Congo de 1998 à 2004, avec la bénédiction de la France ? Certainement que la politique des deux poids et deux mesures s'appliquera. Parce qu’il y aurait
certainement des Congolais qui sont supérieurs à d’autres, comme il y aurait certainement aussi des morts qui sont supérieurs à d’autres, comme il y aurait aussi deux catégories de citoyens
Congolais, selon la logique de M. Sassou Nguesso.
Cependant, pour ce faire et qu’à cela ne tienne, le moment est sans doute venu où M. Sassou Nguesso, sa
progéniture et tout son clan, devront faire preuve de patriotisme en rapatriant, de toute urgence, tout l’argent pillé par eux et placé à travers le monde dans divers paradis fiscaux avec
l’aide très active des banques françaises pour permettre la reconstruction de tout le pays, ainsi toutes les zones broyées par lui et le « tsunami » sans eau du 4 mars 2012 dû à son
irresponsabilité et son incapacité à gouverner le pays, si ce n’est à le piller, le vider de son sang comme une sangsue, comme un vampire.
Mais, le moment est aussi venu de faire l’inventaire des biens de l’Etat spoliés par Sassou Nguesso et son
clan. Et c’est aussi le moment où le peuple congolais doit exiger :
·Le démantèlement de tous les dépôts clandestins ainsi que le ramassage des armes et munitions stockées,
entreposées illégalement dans les quartiers populaires de Ouenze, Talangaï, Mikalou, Kombo, Massengo, Itatolo, Simba Pelle, Djiri, Kintele, etc. Des armements dont les conditions de
conservation n’obéissent pas aux normes de sécurité réglementaires. De même que toutes les Sociétés privées comme SOCOFRAN spécialisées dans le trafic des armes et des munitions de guerre et
dont le propriétaire, sinon le principal Actionnaire, n’est autre que M. Sassou Nguesso lui-même, doivent disparaître.
·La saisie de tous les comptes bancaires ouverts à l’étranger par M. Sassou Nguesso et son clan. Il y en
aurait 112, rien qu’en France.
·La vente de tout le patrimoine immobilier du clan acquis à l’étranger avec l’argent pillé dans les caisses
de l’Etat congolais, entre autres[ii] :
o l’appartement de 10 pièces (valeur : 1, 6 Million d’Euros) situé à 33-35, rue de la Tour, 75016 Paris
;
o l’appartement de 9 pièces (valeur : 2,47 Millions d’Euros) situé à 63, avenue Niel, 75017 Paris ;
o l’appartement de 6 pièces (valeur : 1,28 Millions d’Euros) situé à 10, rue Copernic, 75016 Paris ;
o le Studio (valeur : 240 000 Euros) situé à 181-183, avenue Victor Hugo, 75016 Paris ;
o l’hôtel particulier de 7 pièces et piscine intérieure (valeur : 3,15 Millions d’Euros) situé à Boulevard
du Général Koenig, 92 Neuilly-Sur-Seine ;
o l’appartement de 4 pièces de 93m² (valeur 710 000 Euros) situé à 35, place Georges-Pompidou, 92
Levallois-Perret.
Sans compter les acquisitions immobilières dans d’autres villes françaises ou européennes, notamment à Nice,
en Espagne, voire au Maroc, au Brésil, en Asie, aux USA, etc. A cette liste qui n’est pas exhaustive, faut-il ajouter les Avoirs en argent liquide déposés dans les 112 comptes bancaires du
clan Sassou & Co dont les banques françaises en assurent le blanchiment, faisant ainsi de la France un Etat receleur.
Ces ventes et la restitution des Avoirs congolais dilapidés placés dans les banques françaises permettront
de doter en équipement les hôpitaux dont le manque de matériels adéquats et de médicaments est aussi criard.
Comme dit l’adage, à quelque chose malheur est bon ; car aujourd’hui, M. Sassou Nguesso est mis à nu. C’est
le moment où nous devons lui faire comprendre qu’il n’est pas bon de jouer avec les richesses du pays en se permettant d’acquérir, avec l’argent volé, d’acheter à coup de centaines milliards
et de milliards des propriétés pour le seul plaisir personnel, de sa progéniture et de son clan.
2 - De l’action des forces vives de la nation, de la société civile et des organisations de défense
des droits de l’homme
Pendant des décennies, le Congo est dirigé par un homme sans scrupule et qui n’est pas un civil. Cet homme
est militaire et, de surcroît, officier général. Il n’est donc pas l’homme à ignorer les règles de base applicables à la gestion, à la conservation et au maniement des munitions et des armes
de guerre. Cet homme, non seulement il est président de la République, mais il est aussi chef des Armées et ministre de la Défense. Dans ces conditions, qui d’autre est plus responsable et
coupable que lui ?
Si les forces vives de la nation, la société civile, les syndicats, les sinistrés, les familles éprouvées et
les organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme pouvaient se ressaisir, se mettre ensemble et s’accorder pour réfléchir à la suite à donner à cette catastrophe, je suis sûr
et certain que la réponse serait très facile à trouver. C’est pourquoi, pour ce faire, nous demandons :
·A tous les sinistrés et toutes les familles éprouvées du Congo, anciens et nouveaux, de créer une
association nationale de défense des intérêts des victimes des incuries du système PCT ;
·Aux organisations humanitaires et de défense des droits de l’homme d’empêcher le gouvernement de se
comporter en juge et parti, et faire en sorte que l’enquête annoncée pour déterminer les responsabilités ne soit pas diligentée par le gouvernement. L’exemple de l’affaire du Beach est
révélateur.
·A l’OCDH, aux autres organisations congolaises de défense des droits de l’homme, avec l’appui et l’aide de
la FIDH et d’autres organisations internationales de défense des droits de l’homme, d’étudier les modalités pratiques pour ester en justice devant les juridictions internationales comme la
CPI, aux fins d’établir la responsabilité et la culpabilité individuelles de M. Sassou Nguesso, président de la République, Chef des Armées et Ministre de la Défense, pour mise en danger du
Peuple Congolais. Ce type de démarche ne pouvant être mené qu’au niveau international étant donné l’expérience vécue avec l’affaire dite des « Disparus du Beach », raflés publiquement par les
« anges de la mort » de M. Sassou Nguesso, en 1999.
·A toutes les organisations de défense des Droits humains de faire appel, via les Représentations
diplomatiques accréditées en République du Congo, aux Experts militaires de divers pays pour mesurer le niveau de radioactivité nucléaire des munitions explosées à Brazzaville, car convaincu
que certaines armes et munitions ont certainement été dotées d’uranium appauvri. Et cela, le gouvernement congolais ne pourra jamais l’admettre s’il est juge et parti, si on lui laisse la
liberté de diligenter l’enquête annoncée.