Par LA VOIX DU PEUPLE
TOUMBA DIAKITÉ PARLE SUR RFI
« Dadis voulait me faire porter le chapeau » (Toumba Diakité)
Que s’est-il passé le jour du 28 septembre 2009?
• Le jour du 28 septembre, Dadis a envoyé les bérets rouges en précurseurs pour aller s’interposer entre les
manifestants et les empêcher d’accéder au stade. Il connaissait cette réalité du terrain. Il a également fait venir les 250 nouvelles recrues du Centre d’instruction de l’école de l’armée de
l’air (CIEA) qui ont été manipulées et habillées en civil et munies d’armes blanches. Celles-ci ont causé d’énormes massacres. Tout cela, il est au courant. Et nous, nous sommes arrivés au stade
aux environs de 11h, la situation était déjà cruelle et la responsabilité individuelle que j’ai prise, c’était d’aller sauver les leaders politiques.
Beaucoup de témoignages recueillis après les évènements du stade montrent que ce sont les bérets rouges qui ont commis les exactions et que vous étiez parmi ces bérets rouges ?
• Je suis venu, mais cela ne signifie pas que je me suis comporté autrement. Effectivement, tous les corps
habillés, ce jour-là, se sont mal comportés. Je veux parler de mon adjoint, le sous-lieutenant Marcel Guilavogui, qui a blessé tous les leaders politiques. Moi-même j’ai reçu des coups, les
leaders peuvent vous le témoigner. J’ai aussi donné des coups à certains militaires, policiers et gendarmes pour sauver les leaders. C’est ce que j’ai pu faire. Il y avait la police, la
gendarmerie, les hommes infiltrés par le pouvoir…
Et vous dites que tous ces gens-là ont été envoyés par Dadis Camara ?
• Tout à fait… J’ai tiré sur lui parce qu’à un certain moment, il y avait une trahison totale à mon égard, une
trahison totale de la démocratie. Il a essayé de reposer toutes les charges des évènements du 28 septembre sur ma personne. C’est donc cette trahison qui m’a poussé à agir avant que ce ne soit
mon tour. C’est extrêmement important, car les évènements du 28 septembre ont été montés, des projets ont été montés et c’est moi qui devrais répondre de tout cela. Or, ce n’est pas ça du
tout.
Comptez-vous vous livrer à la justice de votre pays ou bien vous pensez continuer à vous cacher ?
• Je ne compte pas me livrer, parce qu’il ne veulent pas que la réalité soit connue. Ils préfèrent me tuer avant
que je ne fasse quelque chose. C’est une chance même que j’ai eue avec vous (RFI) pour donner des explications… Il (Dadis Camara) était venu me chercher au camp de Koundara avec tout son cortège
dans l’intention de m’arrêter. Il m’a demandé ce qui ne va pas et pourquoi je suis en train de fuir. Il m’a même tapé pour faire tomber mon chapeau. Je lui ai répondu que je suis son aide. Il a
rétorqué que les arrestations arbitraires ne peuvent pas se passer sans qu’il ne soit informé. Je lui ai dit que je ne savais pas de quoi il parlait. Son chef d’opération, Makambo, voulait venir
vers moi. C’est à ce moment qu’ayant une arme en main j’ai ouvert le feu sur lui. Et une balle l’a touché au niveau de la nuque côté droit.
Vous lui avez tiré sur la nuque, ça veut dire qu’il était de dos ?
• Non, c’est suivant le mouvement de sa tête.
Qu’est-ce qui s’est passé ensuite quand vous avez tiré sur le président ?
• Quand il est tombé, je l’ai laissé parce que son chargé d’opérations était allé chercher une arme lourde pour
venir m’abattre, et moi aussi, je me suis précipité sur lui. On a commencé à se bagarrer et c’est à ce moment que les gens ont conduit Dadis à l’hôpital.
Mais avec tous les hommes de la garde rapprochée du président qui étaient là, comment avez-vous fait pour vous enfuir ?
• Moi, je n’ai pas fui, c’est plutôt eux qui ont fui.
Sources RFI
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