XIV ième SOMMET DE LA FRANCOPHONIE A KINSHASA DROIT DE L'HOMME & DEMOCRATIE EN QUESTION.
Le président français François HOLLANDE parmi les dictateurs : Joseph KABILA de la RDC, Blaise COMPAORE du BURKINAFASO et François BOZIZÉ de la RCA
François HOLLANDE s'adressant aux dictateurs
KINSHASA - François Hollande se gardant d'applaudir le discours du Congolais Joseph Kabila: c'est l'une des images fortes de l'ouverture, samedi 13 Octobre 2012, du sommet de la Francophonie de Kinshasa, où le président français s'est posé en garant des libertés.
La question des droits de l'homme a constitué le fil rouge de la visite d'une journée du chef de l'Etat français à Kinshasa capitale de la RDC, où il a invité les 56 pays du monde francophone à mettre leur langue "au service du monde et de la liberté".
Je suis venu aussi ici, à Kinshasa, pour parler clair comme je m'y suis engagé à Dakar, c'est-à-dire que je ne change pas de discours selon les lieux ou selon les interlocuteurs", a dit François Hollande lors d'une conférence de presse finale dans la capitale congolaise.
"Je dis non pas ce que je pense mais ce que la France porte comme message, comme principes, comme valeurs", a-t-il ajouté.
Après le Sénégal, la République démocratique du Congo était la deuxième étape d'une tournée africaine de deux jours, la première du quinquennat du président français.
A l'ouverture du sommet de la Francophonie, François Hollande a rappelé que "c'est en français que les révolutionnaires de 1789 ont proclamé et donc écrit la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen".
"La francophonie doit porter la démocratie, les droits de l'homme, le pluralisme, le respect de la liberté d'expression, l'affirmation que tout être humain doit pouvoir choisir ses dirigeants", a-t-il dit.
Le Premier ministre canadien, Stephen Harper, a également prononcé un plaidoyer pour la défense des droits de l'homme. "Tous les gouvernements sans exception doivent garantir à leurs ressortissants une bonne gouvernance, l'état de droit et le respect des libertés individuelles", a-t-il dit à la tribune du sommet.
PAS D'APPLAUDISSEMENTS
Tous ces propos ont pris un caractère particulier dans un pays où les journalistes et les militants des droits de l'homme ont du mal à s'exprimer et où les élections de novembre 2011 ont été entachées d'irrégularités.
Dans le Palais du peuple, François Hollande s'est gardé d'applaudir les propos liminaires du président congolais Joseph Kabila, qu'il a omis de remercier en tant qu'hôte lorsqu'il a pris la parole.
Les deux hommes avaient eu auparavant un entretien "franc et direct" au palais présidentiel, ce qui n'a pas empêché le président français de réitérer sur le sol congolais ses propos tenus cette semaine à Paris, où il avait qualifié "d'insoutenable" la situation des libertés en RDC, des commentaires fraîchement accueillis à Kinshasa.
"C'est la bataille des droits de l'homme, elle demeure. Ici nous sommes, je l'ai dit, dans une démocratie où le processus n'a pas été encore été complet, c'est le moins que l'on puisse dire. Il y a encore des réalités inacceptables", a-t-il dit après avoir inauguré une plaque en l'honneur du militant des droits de l'homme congolais Floribert Chebeya, assassiné en juin 2010.
Le cas de ce militant, dont les meurtriers n'ont pas été jugés, et de journalistes emprisonnés a été abordé lors de l'entretien avec Joseph Kabila.
Etienne Tshisekedi, chef de l'opposition congolaise qui accuse Joseph Kabila de lui avoir volé la victoire au scrutin de novembre 2011, a été reçu pendant une vingtaine de minutes à la résidence de France par François Hollande. Il a confié aux journalistes avoir trouvé son hôte français "très réceptif".
"Les deux hommes ont évoqué les questions intérieures, y compris les droits de l'opposition et des médias et aussi la situation dans l'Est et l'intégrité territoriale du pays", a-t-on indiqué dans l'entourage du chef de l'Etat français.
Arrivé au petit matin en provenance du Sénégal, François Hollande a rencontré à Kinshasa les représentants de sept ONG et reçu des membres de l'opposition de l'Assemblée nationale congolaise "qui lui ont demandé un renforcement de la démocratie et des libertés en RDC", a rapporté son entourage.
Des élections locales, prévues l'an prochain, serviront de test.
LE FRANÇAIS EST UNE LANGUE AFRICAINE
François Hollande et Joseph Kabila ont évoqué la situation dans l'Est de la RDC, où des combats transfrontaliers provoquent d'importants déplacements de population.
Réaffirmant dans son discours que "les frontières de la République démocratique du Congo sont intangibles", le président français s'est dit favorable à ce que le mandat de la Monusco (la Mission d'observation des Nations unies en République démocratique du Congo) "puisse être précisé, élargi si nécessaire".
La situation au Mali a aussi été largement abordée entre le président français et ses interlocuteurs, alors que le conseil de sécurité des Nations unies vient de voter une nouvelle résolution préparant une intervention armée panafricaine.
François Hollande a renouvelé le message d'encouragement à l'Afrique délivré la veille dans la capitale du Sénégal.
"Le français est une langue africaine", a-t-il dit sous les applaudissements de l'assemblée. "L'avenir de la francophonie, il est ici, en Afrique (...) Le français n'appartient pas à la France, il vous appartient, il est à vous."
L' INTEGRALITÉ DU DISCOURS DE Francois HOLLANDE AU
XIV ième SOMMET DE LA FRANCOPHONIE A KINSHASA
Monsieur le Secrétaire général, cher Abdou DIOUF,
Mesdames et Messieurs les Présidents, réunis ici à Kinshasa,
Mesdames et Messieurs, les chefs de délégation, conscients de l'enjeu de la francophonie,
Mesdames et Messieurs, venus nombreux, dans cette grande salle de congrès,
J'ai voulu me rendre personnellement, ici, à Kinshasa au sommet de la Francophonie. D'abord pour une raison simple. Je voulais témoigner du soutien de la France au peuple congolais qui aspire comme chaque peuple à la paix, à la sécurité, à la démocratie.
Je voulais venir ici à Kinshasa, pour exprimer une nouvelle fois ma confiance dans l'avenir de l'Afrique qui est la jeunesse du monde.
Je voulais venir ici, à Kinshasa, pour honorer cette belle et grande cause, qui s'appelle la Francophonie et qui nous réunit tous aujourd'hui, au-delà de nos sensibilités, de nos histoires, de nos différences.
Notre patrie commune -- disait un grand auteur français, Albert Camus - « c'est la langue française ».
La Francophonie est bien plus qu'un patrimoine légué par l'Histoire, bien davantage qu'un lien linguistique entre des populations qui parfois s'ignorent.
La Francophonie, elle porte des valeurs, des principes, des exigences.
Parler le français, c'est une façon de penser, de concevoir le monde. C'est un message de liberté. C'est en français, que les révolutionnaires de 1789 ont proclamé, et donc écrit, la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen. C'est en français, en 1948, au lendemain de la seconde guerre mondiale, qu'a été rédigée la Déclaration universelle des droits de l'Homme. C'est en français que s'exprimaient les combattants africains pour l'indépendance, ceux qui refusaient la souffrance des peuples asservis. « La langue française, disait Léopold SEDAR SENGHOR, ce merveilleux outil trouvé dans les décombres du régime colonial ».
Voilà le sens de l'identité francophone.
J'exprime ma gratitude à l'égard de notre Secrétaire général, Abdou DIOUF, qui a su, à la fois, préserver l'unité de la communauté francophone et en même temps consacrer la place éminente de l'Afrique dans la Francophonie.
L'Afrique occupe une place éminente.
L'Afrique, c'est le continent où notre langue est le plus parlée. Le français est une langue africaine et elle le sera de plus en plus. En 2050, c'est tout proche, 700 millions d'hommes et de femmes parleront le français, 80% seront africains.
L'avenir de la Francophonie, il est ici en Afrique. C'est vous qui allez porter le français, ses valeurs et en même temps ses exigences.
La Francophonie, c'est une belle et grande idée. Elle ne se vit pas comme un conservatoire, comme un musée où nous aurions à protéger notre bien, notre richesse, notre langue. Non, la Francophonie n'a peur de rien, c'est un espace de rayonnement, c'est la promotion de valeurs, c'est aussi l'ouverture, l'échange économique, social, culturel, c'est enfin un lien entre les générations parce qu'il n'y a pas plus beau projet pour la francophonie que de servir la jeunesse, cette jeunesse qui va parler elle aussi en français.
Je suis venu ici, à Kinshasa, pour ce sommet afin de vous proposer, amis francophones, une ambition commune, autour de quatre priorités.
La première, c'est de multiplier les échanges, dans l'espace francophone entre les jeunes, entre les étudiants, les enseignants, les chercheurs, les artistes, les créateurs. La France doit montrer l'exemple. Il y a trop d'obstacles qui sont mis sur la route de celles et ceux qui veulent montrer leurs talents dans l'espace francophone, apporter leur contribution, venir étudier ou chercher. La France a donc réalisé des efforts pour améliorer cette situation à travers des visas de circulation désormais valables sur plusieurs années. Mais il y a encore trop de freins, et c'est pourquoi je veux que les étudiants francophones puissent circuler plus facilement, et que les artistes puissent également être accueillis partout dans l'espace francophone.
La seconde priorité, c'est faire de la francophonie un outil au service du développement.
Le développement, c'est d'abord la préservation de notre planète, la biodiversité à laquelle vous êtes si attachés en Afrique. Le développement, c'est également la lutte contre le réchauffement climatique dont vous n'êtes pas responsables mais qui vous touche particulièrement à travers un certain nombre de catastrophes qui se produisent sur votre continent. Et puisque nous voulons faire du développement une grande cause, portons là ! La France contribuera autant qu'elle le pourra à ce que la Conférence sur le climat en 2015 puisse être un succès. La France également, et je l'ai dit à Rio, continuera de plaider pour la création d'une Organisation Mondiale de l'Environnement dont le siège devrait se trouver en Afrique. C'est un témoignage là aussi de notre engagement.
Le développement, c'est la solidarité. Nous avons déjà mis en place des financements innovants : la taxe sur les billets d'avion qui permet de trouver des ressources pour lutter contre les pandémies et notamment le SIDA. La France a pris l'initiative d'introduire une taxe sur les transactions financières. Elle est maintenant suivie par d'autres pays européens. Onze ont déjà dit qu'ils y étaient prêts pour que cette taxe, non seulement puisse dissuader la spéculation, mais surtout puisse permettre de trouver de nouveaux financements pour assurer le développement. 10% de cette taxe, concernant la France, seront affectés à des projets de développement ou à des luttes contre des pandémies et notamment le SIDA.
Je veux que la Francophonie puisse porter, là encore, cette belle idée de la solidarité, du développement et que nous puissions nous aussi montrer l'exemple, y compris dans la transparence dans les échanges ou dans les investissements des entreprises. La France défendra, au niveau européen, la publication des comptes des entreprises minières, extractives, forestières pour que, pays par pays, projet par projet, sans exception, nous puissions être sûrs qu'il n'y a pas de prédation dans les pays d'accueil, de façon à ce que nous puissions lutter, plus efficacement encore, contre la corruption et le pillage des ressources naturelles.
La troisième priorité que nous devons porter ensemble, les francophones, c'est de contribuer au règlement des crises, chaque fois que nous sommes concernés et notamment ici en Afrique. Ici à Kinshasa, je pense aux populations des KIVUS, victimes de conflits à répétition. Je pense à ces populations civiles massacrées, à ces femmes violentées, à ces enfants enrôlés. Oui nous devons, et je le fais à cette tribune, réaffirmer que les frontières de la RDC sont intangibles et qu'elles doivent être respectées.
Je souhaite que les francophones appuient tous les efforts de l'ONU pour qu'elle soit davantage présente ici en RDC, pour la sécurité de l'Est. Je suis favorable à ce que le mandat de la MONUSCO puisse être précisé, élargi si c'est nécessaire. Mais je ne pense pas qu'à ce seul conflit, à cette seule épreuve. Je veux également saisir les francophones de ce qui se passe, au Mali, pays francophone où le terrorisme s'est installé au Nord, où il occupe un territoire, où il met des populations en danger, où il saccage des monuments pourtant inscrits au patrimoine de l'Humanité.
Nous devons affirmer notre détermination à lutter, là encore, contre le terrorisme et à assurer au Mali l'intégrité de son territoire.
Je me réjouis, qu'à l'initiative de l'Union africaine, et je salue son président, de la CEDEAO, et je rends hommage également à son président, il y ait eu hier -- et la France a été active en ce sens -- un vote du Conseil de sécurité permettant maintenant de pouvoir, si les Africains eux-mêmes en décident, d'envoyer une force pour permettre de combattre et de défaire les terroristes et que le Mali puisse retrouver l'espoir et l'intégrité de son territoire.
Mais chacun comprend ici que les menaces vont bien au-delà de ce qui peut se passer dans tel ou tel pays. Nous sommes tous concernés par les trafics de drogue, les trafics d'armes, les trafics d'êtres humains. Et c'est la raison pour laquelle je veux que les francophones s'engagent aussi dans la lutte contre ces fléaux et notamment celui de la drogue. Nous avons besoin d'une stratégie mondiale pour en terminer avec ce qui déstabilise des Etats, menace des sociétés et atteint jusqu'à la jeunesse qui, parfois, elle-même dérive vers ces produits. Oui, c'est une grande cause la lutte contre la drogue parce que c'est cette lutte-là qui permettra aussi de mettre un terme à certains conflits au sein de nos sociétés ou à l'extérieur.
Et puis, la dernière priorité, c'est la démocratie. La francophonie doit porter la démocratie, les droits de l'Homme, le pluralisme, le respect de la liberté d'expression, l'affirmation que tout être humain doit pouvoir choisir ses dirigeants. Voilà les principes que les francophones doivent porter ! Mais nos valeurs, nos droits sont aussi de grandes causes que nous devons là aussi, comme francophones, avoir comme exigence. Je pense notamment à la promotion des femmes qui sont les premières victimes des violences et des guerres et je fais une proposition au Secrétaire général : la France est prête à accueillir un premier forum des femmes francophones pour que nous puissions, là encore, porter ce message au monde, du rôle irremplaçable des femmes, notamment pour le développement. Et enfin, la France sera au premier rang du combat que nous avons engagé pour l'abolition, à l'échelle du monde, de la peine de mort.
Mesdames et messieurs,
Nous n'aurons de cesse de défendre la francophonie. En le faisant, nous n'honorons pas simplement une langue, la langue française, nous faisons en sorte que le français puisse apporter, non seulement un message, mais une part de beauté au monde. Que notre langue puisse enrichir ce qu'elle nomme, ce qu'elle exprime et qu'elle puisse aussi donner de la force à nos idées !
Ce qui nous rassemble, bien plus qu'une langue ou que la diffusion d'une culture, c'est d'abord des principes qui doivent être autre chose que des mots mais des actes. En parlant le français, nous faisons entendre une voix précieuse, utile, différente à l'humanité. Parce que nous, francophones, nous refusons l'uniformité, nous voulons la diversité et nous exprimons la liberté.
Comme francophones, nous n'avons peur de rien, nous ne redoutons rien et nous acceptons parfaitement que nos enfants acquièrent l'usage d'autres langues. C'est bien qu'il en soit ainsi parce que la jeunesse doit parler plusieurs langues, mais aussi le français. N'oublions jamais le français !
Avec la Francophonie, nous affirmons une conception du monde, une volonté de développement, une exigence culturelle. Le français n'appartient pas à la France, il vous appartient, il est à vous. Nous ne vous le donnons pas, nous le partageons. Car le plus beau cadeau que vous pouvez nous faire, à nous français, c'est de parler le français.
La Francophonie, c'est une solidarité entre nous mais qui va au-delà de nous. La francophonie, c'est une responsabilité, celle d'éduquer, de former, de transmettre, de cultiver. La francophonie, c'est une communauté, certes qui a été fondée par l'Histoire mais qui s'élargit chaque jour davantage, à mesure qu'il y a des pays qui nous rejoignent dans l'espace francophone : ces observateurs qui viennent regarder pour ensuite parler et puis tous ces nouveaux locuteurs, nombreux, qui en parlant le français veulent aussi adresser un message de confiance dans ce que nous représentons.
Telle est la belle ambition de la Francophonie : mettre une langue, le français, au service du monde et de la liberté.
Merci.
Le président Français, François HOLLANDE n'a pas mâché ses mots devant la cohorte des dictateurs africains parmi lesquels Denis SASSOU NGUESSO du Congo Brazzaville, Paul BIYA du Cameroun, François BOZIZÉ de la République Centrafricaine, Idris DEBY du Tchad et Blaise COMPAORÉ du Burkina-Faso.
Lorsque l’on a affaire à des dictateurs, on préfère parler Droits de l’Homme et Démocratie plutôt que coopération et développement, car ces dictateurs agissent non seulement pour la sauvegarde de leur pouvoir, mais peuvent aussi profiter des tribunes internationales pour se faire passer pour des bienfaiteurs afin de faire oublier les atrocités qu’ils font subir à leur peuple.
Les résistants à la tyrannie de Denis SASSOU NGUESSO doivent s'approprier du message de François HOLLANDE pour accélérer le processus de la restauration des valeurs démocratiques et pluralistes interrompues par le coup d'état sanglant du 5 juin 1997 au Congo Brazzaville. C’est dire, malgré ou peut être à cause de cette tyrannie, la diaspora et l’opposition interne doivent mutualiser leurs forces pour mettre fin aux souffrances des populations car le changement est en marche.
Kinshasa, Steve OBORABASSI pour la Voix du Peuple
«Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi »
Pour une République Juste & Démocratique, Vous trompez le Peuple Nous dénonçons