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FRANCE - AFRIQUE : LE PORTEUR DE VALISE L'AVOCAT Robert BOURGI ACCUSE DE VILLEPIN & Jacques CHIRAC

   

 Source : JDD

 

FRANCE – AFRIQUE : L'AVOCAT Robert BOURGI raconte comment il a convoyé jusqu'à l' Élysée pendant des années des millions des chefs d' ÉTAT AFRICAINS

 

 

    

 

   

 

Édition du JDD en format PDF 

 

 

     

L’avocat Robert Bourgi, successeur de Jacques Foccart, révèle vingt-cinq ans de pratiques occultes sous Chirac. Pour la première fois, un homme avoue des financements occultes en provenance d’Afrique. Extraits de son interview à découvrir dans le Journal du Dimanche.

  

 

 

Robert Bourgi, vendredi 9 Septembre 2011 après-midi dans son cabinet parisien. (Bernard Bisson/JDD)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi prendre la parole aujourd’hui?
Avant toute chose, je veux dire que je parle en mon nom personnel, je ne suis mandaté par personne. Pierre Péan, que je connais depuis vingt ans, est venu me voir pour son enquête sur Alexandre Djouhri et, de fil en aiguille, nous avons un peu parlé de quelqu’un que je connais bien, Dominique de Villepin. Depuis quelques jours, j’observe, je lis et j’entends les commentaires de ce dernier sur l’enquête de Pierre Péan. Trop, c’est trop. À 66 ans, j’en ai assez des donneurs de leçon et des leçons de morale… J’ai décidé de jeter à terre ma tunique de Nessus, cet habit qui me porte malheur et que je n’ai jamais mérité.

Dans le livre de Pierre Péan, vous racontez comment Villepin vous a déçu…
J’ai travaillé avec Dominique pendant des années. Nous avons été très proches, comme on peut être proche d’un ami, de quelqu’un que l’on connaît intimement. Et puis, fin 2005, brutalement, il m’a chassé. Oui, il m’a déçu. N’est pas de Gaulle qui veut. L’entendre donner des leçons, lui que je connais de l’intérieur, m’exaspère.



À quand remonte votre première rencontre?
En mars 1997, le jour de l’enterrement de mon maître, Jacques Foccart, Dominique de Villepin m’appelle et me dit qu’il m’attend le soir même dans son bureau. Ce soir-là, à l'Élysée, il y a Jacques Chirac. Le président me demande de reprendre le flambeau avec Villepin… Et souhaite que je l’initie à ce que nous faisions avec le "Doyen", comme j’appelais Foccart.



C’est-à-dire?
Pendant trente ans, Jacques Foccart a été en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre les chefs d’État africains et Jacques Chirac. Moi-même, j’ai participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris.



Directement?
Oui, bien sûr. C’était toujours le soir. "Il y a du lourd?" demandait Chirac quand j’entrais dans le bureau. Il m’installait sur un des grands fauteuils bleus et me proposait toujours une bière. Moi qui n’aime pas la bière, je m’y suis mis. Il prenait le sac et se dirigeait vers le meuble vitré au fond de son bureau et rangeait lui-même les liasses. Il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu’à 15 millions. Je me souviens de la première remise de fonds en présence de Villepin. L’argent venait du maréchal Mobutu, président du Zaïre. C’était en 1995. Il m’avait confié 10 millions de francs que Jacques Foccart est allé remettre à Chirac. En rentrant, le "Doyen" m’avait dit que cela s’était passé "en présence de Villepinte", c’est comme cela qu’il appelait Villepin. Foccart ne l’a jamais apprécié… Et c’était réciproque.



Découvrez l'intégralité de cet entretien exclusif dans Le Journal du Dimanche.

 

 

Robert Bourgi affirme dans le JDD avoir convoyé pendant des années de l’argent liquide à l’Elysée.

Les accusations sont directes, les exemples et les anecdotes nombreux. Dans le Journal du Dimanche , l’avocat Robert Bourgi, au service de l’Elysée pendant près de 25 ans, met en cause nommément Jacques Chirac et Dominique de Villepin, dont il aurait été le porteur de valises. Précisément, l’homme de l’ombre, actuellement M. Afrique de Nicolas Sarkozy, assure avoir amené au palais présidentiel, et ce à de nombreuses reprises, des sommes d’argent en liquide. Et les montants évoqués sont colossaux.

"Plusieurs dizaines de millions de francs par an"

Ils sont même "incalculables", selon le terme de Robert Bourgi lui-même. "Plusieurs dizaines de millions de francs par an. Davantage pendant les périodes électorales", précise l’avocat. Robert Bourgi a en fait pris le relais en 1997 de Jacques Foccart, le M. Afrique de l’Elysée, qui a été "en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre (le président français, ndlr) Jacques Chirac et les chefs d’Etats africains". Quant à Dominique de Villepin (Premier ministre à l'époque, ndlr), il a été présent pour la première fois en 1995. "Le maréchal Mobutu, président du Zaïre, m’avait confié 10 millions de francs que Jacques Foccart est allé remettre à Jacques Chirac. En rentrant, il m’a dit que cela s’était passé ‘en présence de Villepinte’. C’est comme ça qu’il appelait Villepin."

Et à partir de 1997, à en croire Robert Bourgi, Dominique de Villepin gère directement les remises d’argent. "Au début, les chefs d’Etats africains se sont étonnés de devoir traiter avec Villepin, qui avait déjà son discours officiel sur la ‘moralisation’", raconte l’avocat. "Je dois dire que Villepin s’y est bien pris avec eux. Que le courant est bien passé. Il a su y faire." L'homme multiplie les anecdotes, comme quand 3 millions de dollars en provenance de Blaise Compaoré, président du Burkina Faso, ont été placés dans quatre Djembés (percussions africaines). Commentaire de Villepin en recevant l’argent : "Blaise déconne, c’est encore des petites coupures".

Puis en 2002, à l’approche de la campagne électorale, les choses se sont accélérées. Robert Bourgi se présente désormais à l’Elysée sous le nom de M. Chambertin, une "trouvaille" de Villepin. "Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d’Etat africains ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne". Et la victoire n’a pas mis fin aux pratiques occultes. "Cela a continué quand (Villepin) est passé au Quai d’Orsay, à l’Intérieur, et aussi quand il était à Matignon".

Avec Sarkozy "sans le système de financement par valises"

Le système a pris fin en septembre 2005. "Il m’a expliqué : ‘l’argent de Sassou, de Bongo, de tous les Africains, ça sent le soufre, c’est fini’", raconte Robert Bourgi. Fâché d’être éconduit de la sorte, l’avocat a rejoint dans la foulée l’ennemi intime, Nicolas Sarkozy. "Il m’a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par valises", jure-t-il.

Ces déclarations fracassantes semblent aussi guidées par le ressentiment. Car Robert Bourgi et Dominique de Villepin, en contact pendant des années, sont désormais brouillés. "A 66 ans, j’en ai assez des donneurs de leçons et des leçons de morale", s’agace l’homme de l’ombre. "Nous avons été très proches, comme ont peut être proche d’un ami. Depuis, fin 2005, brutalement, il m’a chassé. Oui, il m’a déçu. N’est pas De Gaulle qui veut. L’entendre donner des leçons, lui, que je connais de l’intérieur, m’exaspère".

A quelques jours de l'affaire Clearstream

Gravement mis en cause, Dominique de Villepin a pourtant accueilli ces informations avec légèreté, à en croire le Journal du Dimanche . "Tout cela n’est que fariboles et écrans de fumée", balaye-t-il au téléphone. "Je n’ai jamais cessé, depuis 1993, de le mobiliser contre les réseaux de quelque nature que ce soit, en vue d’une moralisation de la vie politique dans le cadre fixé par Jacques Chirac. On voit bien aujourd’hui combien ces actions dérangent". Et puis il y a surtout le calendrier. "On voit bien surtout les inquiétudes se lever à quelques jours du jugement dans l’affaire Clearstream. L’accusation en creux est des plus claires". Pour l’ancien Premier ministre, ces révélations portent le sceau de l’Elysée.

  
 Le  dictateur congolais Denis SASSOU NGUESSO, comme à l'accoutumé figure en bonne place.
Paris, Axel DUPONT pour la Voix du Peuple

 

 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous trompez le Peuple Nous dénonçons

     

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