CONGO - BURKINA : LE SCANDALE DES EMPLOIS FICTIFS
Les deux dictateurs
Par camer.be
Congo Brazzaville : la plaie des emplois fictifs
Le secret de polichinelle le mieux gardé de l’administration en république du Congo vient d’être mis à nu, des fonctionnaires fictifs recevaient régulièrement leurs émoluments mensuels ainsi que des primes annuels d’exercice. il s’agit d’une fraude de 12 millions d’euros par an faisant intervenir plusieurs hauts responsables du pays, aussi bien dans le secteur civil que militaire. Cette somme reste considérable face au budget national pour l’année 2013 qui ne s’élève qu’à environ 6.2 milliards d’euros. Les faits retenus dans cette affaire sont l’usage de faux documents d’intégration ainsi que l’usurpation de grade militaire et policier. Ces actes inciviques ont conduit à la création de 4909 agents fictifs percevant des salaires, des indemnités et différents primes. Cette révélation vient expliquer en partie l’inadéquation entre le train de vie de certains fonctionnaires de l’état et les salaires qui sont publiquement les leurs.
Le gouvernement congolais emploie officiellement près de 80.000 fonctionnaires, ce qui ramène à 6% la proportion de postes fictifs au sein de la fonction publique. Une forte indignation a été exprimée par la classe populaire estimant qu’une telle somme permettrait de financer des projets de développement ou des programmes sociaux à l’intention des plus démunis.
Pour les observateurs ce trou noir financier qui vampirise les fonds publics n’est qu’une partie visible de l’iceberg expliquant la faiblesse des progrès économiques dans le pays.
© camer.be
Une opération de recensement biométrique a permis de débusquer des milliers de fonctionnaires fictifs. Samuel Dembélé, secrétaire général du Syndicat national des enseignants du secondaire et du supérieur, salue l'initiative, mais souhaite que le gouvernement aille au bout de sa démarche en sanctionnant les responsables de ces dysfonctionnements : « C’est une bonne chose pour nous et nous souhaiterions que de telles décisions et mesures se multiplient. Nous souhaiterions que les auteurs soient identifiés et même que cela arrive au-delà, qu’ils soient punis à la hauteur de la prison pour eux ».
Pour Soungalo Ouattara, ministre de la Fonction publique, il va de soi que les responsables de ces irrégularités seront sanctionnés : « Nous allons non seulement sanctionner les responsables, mais procéder au non mandatement des agents qui sont concernés. Nous allons mener des enquêtes approfondies pour savoir s'il y a des complicités. Par exemple, dans le cas où les agents en détachement, en disponibilité, ou des agents décédés dont les salaires étaient toujours mandatés ; évidemment nous allons pouvoir remonter à la source et vers tous ceux qui avaient intérêt à cette situation : ceux qui arrivaient donc à percevoir les salaires de ces agents ».
En attendant, pour le ministre, le principal objectif du recensement biométrique est atteint : doter le pays d'une base de données fiables sur les effectifs des fonctionnaires burkinabè.
«Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi »
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