Auteur: Diaz Mahindou
DIAZ MAHINDOU LA PLUME
LIBRE INTERPELLE BENOIT MOUNDÉLÉ NGOLLO
Le Moundélé nouveau est arrivé
J’ai cru rêver. Benoît Moundélé-Ngollo est sorti de sa tanière avec un texte qui a tout de la critique d’un opposant. Acerbe. Rigoureux. Cohérent. Pas décousu du tout. Il a tenu un discours
d’intellectuel contre révolutionnaire qui, en d’autres circonstances, ne lui aurait valu que des ennuis. Mais, c’est un enfant du cru. Croyez-moi mes sœurs. Croyez-moi mes frères. Benoît a
recouvré son intellect. Fini le lèche bottes. Il a fait son Mea maxima culpa, reconnu s’être trompé et nous supplie de lui accorder un maxima pardon. Mais que lui est-il arrivé Le
poids des morts sur sa conscience? Celui des crimes économiques dont il s’est rendu complice ? En tout cas, son nouveau discours tranche avec les choux gras des griots d’Oyo. Rendons grâce
à dieu. Louons le seigneur pour que Benoît ne finisse pas derrière les barreaux. Alléluia !
En lisant en effet les extraits soporifiques du pamphlet dont il est l’auteur, je ne vous cache pas, j’ai eu le cul par terre. Je n’ai
eu qu’une seule envie : assurer la promotion dudit livre pour qu’il ne circule pas sous les manteaux. Benoît nous dit enfin tout le mal du système crasseux auquel il a lui-même contribué. Oui mes
sœurs. Oui mes frères. Ce n’est pas une blague à deux balles. Ce n’est ni le cardinal Biayenda à qui il a dédié ses textes, ni Massamba Débat à qui il a rendu hommage et dont on ne sait ou
se trouve sa sépulture, ni tous les autres de nos compatriotes assassinés pour rien. C’est bien Benoît Moundélé Ngollo himself, dans la pure tradition des politiciens congolais corrompus à la
sauce Sassou. Souvenez-vous, nous les avons vus défiler à la conférence nationale, laver leurs mains imbues de sang et de crimes en tout genre. Et après… ils ont récidivé.
Benoît a sorti en effet l’artillerie lourde pour dépecer méticuleusement le système qui lui a tout donné. Qui l’eût cru mes sœurs ! Quel pied de nez mes frères ! Je vous le concède, il me
laisse sur ma faim. Je ne pense pas être le seul dans ce cas. Benoît est-il vraiment sincère ? Je peine vraiment à le croire. Pas vous ?
Quel crédit accorder à la repentance de Benoît Moundélé-Ngollo ? Je me pose des questions. Quelle mouche l’a donc piqué pour fustiger ce système inique dont il est un des artisans ? Est-il devenu
fou, lui qui en a toujours pensé du bien et pris part au festin ? Tous ceux avant lui ont eu le malheur de critiquer ce système hideux en ont payé de leur vie. Les plus chanceux, ont été
contraints à l’exil forcé. Dis-nous cher Benoît, quel dieu de l’olympe t’a ouvert les yeux pour être aussi lucide et voir subitement ce que les Congolais ont toujours dénoncé avant toi ?
Es-tu devenu réactionnaire, toi aussi ?
Cher Benoît, où étais-tu depuis tout ce temps ? Franchement, tu es sérieux là, dans le tableau si sombre que tu nous dépeins d’un Congo dont on nous dit que tout allait très bien ? Je ne te
reconnais pas. Comme tu as changé ! Aide-moi à comprendre s’il te plaît. Aide-moi à trouver des réponses aux questions que les Congolais se posent à ton sujet. Je ne sais pas si tu te rends
vraiment compte du bien que tu nous fais en brisant l'omerta sur ces sujets tabous. Benoît, je t’assure, ces vérités ont fini par ronger nos consciences depuis tellement longtemps qu'au fil des
années, nous n’en supportions plus le poids. C’était trop lourd à porter parce que le système que tu dénonces aujourd’hui, nous a plongés dans une pauvreté extrême, fait de nous des orphelins,
des veufs et des veuves par milliers. Quel bonheur tu nous fais là ! Tu nous enlèves une grosse épine du pied, même si tu ne nous a pas encore tout dit. Puisse ton maître écouter les sirènes de
tes écrits. Mama mia ! Que du bonheur ! Ça nous change.
Ouf ! En voilà un qui est sorti de sa léthargie après s’être abondamment goinfré. Si je puis me permettre cher Benoît, tu t’es repenti, c’est bien. Mais ça ne suffit pas. Ce serait trop facile.
Maintenant que tu nous as planté ce décor glauque auquel tu as largement pris part, tu t’es bien gardé de nous donner la solution qui permettrait de décapiter ce système cynique. La
soixantaine bien entamée, tu peux te le permettre et on le comprend. Tu as ta vie derrière toi. Tu as bien profité du système. Les tiens ne sont pas sur la paille comme nous le sommes, nous avec
nos parents, nos enfants sans avenir. Avant de tirer ta révérence, nous avons une seule chose à te demander. Aide-nous s’il te plait. Aide-nous à sortir de ce cul de sac dans lequel vous nous
avez volontairement conduits. Tu n’en sortirais que grandi et tu verrais ton maxima pardon accordé. Sinon, tu aurais eu un seul mérite : celui d’avoir réussi à te faire passer pour un petit
plaisantin.
La plume libre !
Diaz Mahindou
Comme un footballeur qui remet ses crompants, l'enfant terrible diaz MAHINDOU la plume libre, retrouve celle-ci pour interpeller BENOIT
MOUNDÉLÉ NGOLLO sur le bien fondé de sa repentance. Fidèle à sa tradition, celui qui a choisi de combattre le système SASSOU par la plume demande à BENOIT MOUNDÉLÉ NGOLLO d'aider le peuple
congolais à sortir de ce cul de sac dans lequel ils l'ont fourré depuis plus d'un quart de siècle. Benoit s'est repenti, il dénonce, mais il s'est gardé de proposer la solution qui permettrait d'
en finir avec ce système cynique, afin que son MEA MAXIMA CULPA se transforme en MAXIMA pardon accordé par le peuple congolais. L' histoire retiendra une chose, tous les
partisans de la mangeoire ne sont pas muet.
Celui ci a le mérite, le courage d'avoir brisé l'omerta qui caractérise les adeptes de la nouvelle espérance au chemin d’avenir.
Brazzaville, Francis ONGOUYA pour la Voix du Peuple