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ABDOULAYE WADE RATRAPPÉ PAR LES BIENS MAL ACQUIS

 

Auteur: Diaz Mahindou                         
                                                                                                                   


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 LE PRESIDENT SENEGALAIS ABDOULAYE WADE RATRAPPÉ PAR LES BIENS  MAL ACQUIS.

Les bonnes blagues d'Abdoulaye Wade sur les biens mal acquis

ABDOULAYE WADE rejoint ses homologues Denis SASSOU NGUESSO du CONGO, FEU OMAR BONGO ONDIMBA du GABON, Théodore OBIANG NGUEMA de la GUINEE EQUATORIALE au pantheon  du Bien mal acquis



 

Le parquet de Paris a cru bien faire en classant sans suite, le 29 octobre dernier, la plainte contre les biens mal acquis visant trois chefs d’Etat africains. Sauf que l’ensevelissement de cette procédure jugée de « relents colonialistes » en son temps par Sassou dont l’enrichissement n’étonne plus personne, n’est pas du goût des Africains, les premières victimes de cette spoliation. En leur nom donc, l’association MLA a déposé une nouvelle plainte le 16 novembre. Une plainte qu’elle souhaite voir aboutir, en y ajoutant sur la liste, cette fois, Abdoulaye Wade, soupçonné lui aussi d’avoir un patrimoine immobilier mal acquis en France.

 
Pour Abdoulaye Wade, c’est la plainte de trop, qui écorne son image. Il va devoir troquer sa toge contre un vulgaire rôle de prévenu à qui l’on reproche de s’être constitué un parc immobilier avec du fric de ses concitoyens. Plaidera t-il coupable, ou assurera t-il sa propre défense ? En tout cas, une chose est sûre, se retrouver sur le banc des prévenus avec des co-accusés à la réputation sulfureuse, est une honte. Abdoulaye Wade est dans le mauvais rôle. Personne n’aimerait être à sa place. Pour laver son honneur, le Président sénégalais fait l’inventaire de ses avoirs bancaires et lance un
appel aux maires de France pour que les biens immobiliers qu’on lui prête soient vendus, et le produit de la vente versée aux bonnes œuvres des communes concernées. Sûr de lui, Abdoulaye Wade sait de quoi il parle. Il n’a pas d’appartement ni de villa en France, à part un petit studio de 41 m² dans le 17è  arrondissement de Paris, et un seul compte, crédité de 3 500 francs français, soit 533,34 euros (349 000 FCFA environ). Une misère. Seulement ? serait-on tenté de se dire. Pauvre Wade. A ce tarif là, notre « bâtisseur infatigable » va se sentir obligé de lui faire l’aumône. Wade est un sacré farceur. Il parle de francs, une devise qui n’a plus court depuis 7 ans. Est-ce pour nous dire que ce compte n’est plus crédité depuis le passage de la France à l’euro ? Une chose est sûre cependant : Wade ne lit pas ses relevés bancaires, ce qui n’est pas très rassurant pour les fonctions qu’il occupe.

Nous espérons néanmoins que maître Wade n’a pas omis de déclarer ce patrimoine avant sa prise de fonctions. Sinon ce serait un comble, de surcroît pour un juriste. Nul doute, son initiative fera des émules. Les déclarations de Wade sur son patrimoine et son appel aux maires de France ne pouvaient mieux tomber. Nous attendons de ses homologues impliqués dans la même plainte de faire autant, et, à la différence de Wade, que les montants issus de ces ventes reviennent aux Africains. Ce ne serait que justice car cet argent, c’est bien le leur. Mais ne rêvons pas trop. Comme la blague de son compte en francs français qui n'existent plus, Wade amuse la galerie. Il sait qu’en France, aucun maire n’a le droit de saisir et vendre un bien immobilier privé sans décision de justice. S’il acquitte ses taxes foncières et d’habitation, il n’a rien à craindre. Le maire ne peut saisir le studio de Wade qu’à la suite d’une procédure dite d’abandon manifeste. Pour les profanes, ça veut dire un bien abandonné depuis plusieurs années et pour lequel aucun propriétaire ne s’est manifesté malgré l’appel lancé par le maire pour le retrouver. Même dans ce cas, la collectivité ne peut en devenir propriétaire que si elle a projet social sur le bien. Ou Wade est un amuseur public doué, ou c’est un piètre gestionnaire. Dans les deux cas, ce n’est toujours pas rassurant pour nos frères sénégalais.

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