Source : Notre voie
APRES LA REUNION DU COMITÉ CENTRAL DU FPI Mamadou COULIBALY LIVRE A LA PRESSE LES CONDITIONS DU FPI POUR ENTRER AU GOUVERNEMENT
LE GOUVERNEMENT D'UNION NATIONALE : LE FPI PARTI DU PRÉSIDENT SORTANT Laurent GBAGBO POSE SES CONDITIONS
Mamadou COULIBALY
A la fin de la réunion du Comité central du FPI élargi aux responsables du CNRD et de la Majorité présidentielle, le 3è Vice-Président de ce parti qui en assure l’intérim, le professeur Mamadou Koulibaly a répondu aux questions de la presse. Pour le président de l’Assemblée nationale, au terme de 4 heures de débats, les militants de son parti disent oui pour entrer au gouvernement d’union nationale mais à des conditions. Découvrez-les.
Quels sont les sujets qui ont été traités par la réunion du Comité central du FPI que vous venez de
présider ?
Cette réunion extraordinaire du Comité central du FPI était prévue normalement, avec la situation, pour 200
personnes. Mais là, nous avons eu deux fois plus. Parce que les militants, de plus en plus, sont encouragés à sortir. La question de fond qui se posait à nous était de savoir si oui ou non le
Front populaire ivoirien et ses alliés du CNRD acceptaient ou n’accepteraient pas d’aller au gouvernement au cas où ils seraient contactés. Les débats qui ont suivi ont soulevé une série de
questions que les militants auraient voulu voir discutées d’abord. Ils ont posé la question de la Commission électorale indépendante. Oui ou non cette Commission est encore valable, vu que le
changement du champ politique est profond ? Ils se sont interrogés sur la liste électorale. Est-ce que cette liste est encore valable pour aller à des élections à venir ? Est-ce que nous y
intégrons les nouveaux majeurs ou pas ? Ils se sont posé la question du découpage électoral, du nombre de députés à l’Assemblée nationale et du mode du scrutin. Ils aimeraient savoir
exactement ce qui va se passer. Ils se sont posé la question aujourd’hui du statut de l’Accord politique de Ouagadougou dont un des signataires, qui était leur candidat à l’élection
présidentielle, se trouve incarcéré. Quel est le statut de l’Accord politique de Ouagadougou aujourd’hui ? Cela signifie : comment on gère la sécurité liée à l’application de cet accord politique
? Qu’est-ce que nous faisons des com’zone ? Qu’est-ce que nous faisons des responsables militaires ? Qu’est-ce que nous faisons de l’ancienne armée, de l’ancienne gendarmerie, comment on
construit la nouvelle armée ? Ils se sont posé la question de la réconciliation nationale. L’on parle de réconciliation nationale autour de la vérité, autour du pardon, autour de la
réconciliation elle-même, mais en même temps, l’on parle de justice. Les militants se sont demandé s’il s’agissait d’une justice sécurisante ou d’une justice de revanche.
Et, après toutes ces analyses, ils se sont demandé ce qu’allaient devenir leurs camarades emprisonnés à la
Pergola, à Bouaké, à Bouna, à Korhogo. Et ils ont, dans une large majorité, décidé : oui, nous allons au gouvernement, mais à conditions que les camarades incarcérés, la sécurité et toutes les
questions liées à la Commission électorale indépendante et tous les points dont je viens de parler soient traités et résolus. Ils ont dit qu’ils n’étaient pas pressés pour y aller, que les
conditions n’étaient pas totalement remplies pour y aller. Ils ont donné cependant mandat à la direction provisoire de continuer à discuter au cas où elle serait contactée pour que les conditions
soient créées pour l’entrée du Fpi au gouvernement, ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui, a dit le Comité central.
Ces conditions ne vont-elles pas créer un blocage ?
Non. Pas du tout. Le RHDP a gagné cette partie politique qui s’est jouée depuis ces dix dernières années. Le RHDP est au pouvoir, le président de la République a eu une large majorité, il peut former son gouvernement, disent les camarades du Fpi et du CNRD.
Le gouvernement se fera dans quelques jours, d’après ce qu’on a appris. Est-ce que ça se fera sans le FPI?
Si je comprends bien, premièrement, officiellement, nous n’avons pas été contactés. Deuxièmement, le FPI n’étant
pas pressé d’y aller, ça peut se faire sans lui. Quand nous serons prêts, quand les conditions seront remplies, les conditions de sécurité et les conditions de libération de nos camarades, disent
les militants, alors nous pourrons envisager sérieusement d’entrer au gouvernement. Il n’y a pas d’urgence.
Propos recueillis
Par Coulibaly Zié Oumar
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