Par LA VOIX DU PEUPLE
Source : Le Monde .fr avec AFP
COTE D'IVOIRE : TORTURES & DÉTENTIONS ARBITRAIRES POINTÉS DU DOIGT PAR AMNESTY INTERNATIONALE
Plus de 200 personnes, dont des partisans de l'ancien président Laurent Gbagbo, ont été "arbitrairement détenues et torturées" en Côte d'Ivoire, a affirmé Amnesty International vendredi 26 octobre, appelant le pouvoir à "aller au-delà des promesses" sur le respect des droits de l'homme.
VERSEMENT DE "RANÇONS"
Gaëtan Mootoo, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest à Amnesty, a évoqué des témoignages de détenus torturés à l'électricité, brûlés avec du plastique fondu ou victimes de sévices sexuels. Jusqu'à 400 personnes seraient ou auraient été récemment détenues de façon arbitraire, des dérives qui ont conduit des chancelleries à adresser officieusement des mises en garde au pouvoir, ont affirmé à l'AFP des sources diplomatiques et sécuritaires.
Certains prisonniers placés dans "des lieux de détention non reconnus comme tels à Abidjan" ont été remis en liberté après le versement de "rançons" à des militaires des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), rapporte l'organisation de défense des droits de l'homme. Elle souligne également la lenteur des instructions visant des personnalités du régime déchu – notamment l'ex-première dame Simone Gbagbo – détenues depuis un an et demi dans le nord du pays.
OUATTARA, "UN HOMME ENGAGÉ CONTRE L'IMPUNITÉ"
Craignant que les attaques récentes ne favorisent une logique "de représailles et de vengeance" de la part du régime, M. Mootoo a estimé qu'"il est grand temps" pour M. Ouattara "d'aller au-delà des promesses et de placer le respect des droits humains au sommet des priorités de son gouvernement".
Mais, pour le ministre des droits de l'homme, le président ivoirien est "un homme engagé contre l'impunité". Interrogé sur les détentions arbitraires, il a déclaré que, "lorsque la sécurité de l'Etat est compromise, c'est à l'armée d'intervenir", avant que la police et la justice ne soient saisies dans un second temps. Il a souhaité que les victimes présumées de tortures "saisissent les autorités avec des éléments de preuves". La réforme de l'appareil sécuritaire se fait toujours attendre, alors que l'armée est aujourd'hui largement dominée par les ex-rebelles pro-Ouattara, régulièrement accusés d'abus.
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