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CONGO BRAZZAVILLE : POINT DE PRESSE DE L' ARD ( Alliance pour la République et la Démocratie ) DU JEUDI 19 AVRIL 2012

 

 

 

 

   

 

    

DÉCLARATION DE L'ARD SUR LA SITUATION NATIONALE & INTERNATIONALE 

 

  

              

                

 



   

  

 

   

 

 

 

 

 

 

 

ALLIANCE POUR LA REPUBLIQUE

ET LA DEMOCRATIE

(A.R.D)

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CONFERENCE DES PRESIDENTS

************

Justice-Démocratie-Paix.

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La Conférence des présidents de l’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD) s’est réunie le 19 avril 2012 de 15 heures à 18 heures au siège du groupement. Avant l’examen de son ordre du jour, elle a renouvelé sa compassion et sa solidarité avec les victimes de la catastrophe du 04 mars 2012. L’ARD s’incline à nouveau devant la mémoire des disparus.

 

Abordant l’examen de l’ordre du jour, elle a passé en revue la situation internationale, africaine et nationale.

Au plan international   , l’ARD a noté la perpétuation de la crise financière en Europe et en Amérique, crise qui n’épargne pas les pays émergents et les pays sous-développés.

 

Au niveau de l’Afrique , la situation est particulièrement marquée par la crise soudanaise, la montée du terrorisme au Nigeria et dans la bande Sahélo-sahélienne, les coups de force au Mali et en Guinée-Bissau.

L’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD) s’inquiète de l’élargissement de la crise soudanaise par des affrontements armés. Elle appelle les deux Etats du Soudan et du Sud-soudan à privilégier le dialogue pour trouver des solutions durables à leurs différends.

 

L’ARD est préoccupée par la montée du terrorisme au Nigeria et dans la bande sahélo-sahélienne. Elle invite l’Union Africaine, les Nations Unies et tous les pays épris de paix et de justice à s’impliquer plus que jamais à l’éradication de ce fléau qui menace sérieusement la paix, la cohésion et l’unité des pays de cette région d’Afrique. L’occupation armée du Nord-Mali doit interpeller plus fortement l’Afrique et la communauté internationale.

  

Des moyens nécessaires doivent être mis en oeuvre pour contrer et éradiquer de façon radicale ce phénomène.

Analysant les deux coups de force au Mali et en Guinée-Bissau, l’ARD relève qu’ils constituent une menace réelle de la démocratie sur le continent, démocratie qui est devenue une des exigences fortes des peuples africains face aux dictatures féroces qui se sont approprié les pouvoirs d’Etat et ont assujetti les peuples.

L’ARD salue les positons fermes adoptées par la CEDEAO pour rétablir l’ordre constitutionnel au Mali. Elle suit avec une attention particulière l’évolution de la situation en Guinée Bissau

 

Sur le plan national , le 04 mars 2012, la population de Brazzaville a été réveillée par les explosions d’obus et autres munitions qui ont rasé les camps militaires de Mpila, les quartiers de Yoro, Mpila, Kanga Mbandzi, une partie de Talangaï et Ouenzé, faisant de nombreuses victimes.

 

L’ARD, dans son message de condoléances du 06 mars 2012 aux familles éprouvées, a demandé avec insistance qu’une enquête rigoureuse et transparente soit immédiatement ouverte pour déterminer, avec précision, les causes du désastre et situer les responsabilités en vue des sanctions à prendre. Depuis cette date, le gouvernement, de façon ténébreuse, a mis en place une commission d’enquête composée uniquement d’éléments de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST). Les résultats de cette enquête que le gouvernement avait promis dans un délai de quinze jours, sont toujours attendus.

La Conférence des Présidents de l’ARD constate que depuis cette catastrophe, le gouvernement entretient une nébuleuse autour de cette hécatombe du 04 mars 2012 et s’interroge :

 

1- Le ministre d’Etat, ministre de la justice a fait deux sorties spectaculaires en déclarant en subsistance que : (…) la mise en place d’une commission d’enquête avec pour but essentiel d’éclairer les circonstances de la catastrophe, de déterminer si les causes en sont accidentelles ou criminelles et dans le dernier cas, d’en rechercher les auteurs, pour une traduction éventuelle devant les juridictions nationales civiles ou militaires, conformément au code de procédure pénal (…)sic.

 

Il tente ainsi d’apaiser les attentes des Congolais sur :

- La nature et l’origine des engins de destruction massive qui ont explosé ;

- l’état des lieux où ces engins ont été stockés ;

- les causes « accidentelles ou criminelles » de ces explosions ;

- l’ampleur des dégâts (nombre de morts, de blessés, de sinistrés, d’habitations détruites dans les quartiers) ;

- les conclusions des rapports des experts venus pour la dépollution et le déminage des lieux.

 

2- Au sujet de l’enquête, la Conférence des Présidents de l’ARD observe le caractère opaque de cette enquête que l’opinion nationale et l’opinion internationale ont bien voulu transparente, indépendante, objective, ouverte aux autres composantes de la société congolaise, incluant des experts internationaux.

 

3- La Conférence des Présidents de l’ARD constate également que cette enquête ouverte depuis plus d’un mois, sur les explosions de Mpila, sujet spécifiquement militaire, non seulement piétine mais est délibérément orientée vers des préoccupations politiques. Les résultats de cette enquête se font toujours attendre pendant que les Congolais sont impatients de connaitre la vérité.

 

La Lettre du Continent n°632 du 29 mars 2012 indique qu’une deuxième commission d’enquête aurait été constituée dans les couloirs de la présidence de la République, ce qui ajoute à la confusion et au caractère ténébreux de l’enquête. Si les informations de la Lettre du Continent sont vérifiées, quels objectifs le gouvernement poursuit-il, en multipliant les commissions ? Cette confusion est d’autant grave que le pouvoir pose des actes en violation flagrante des règles élémentaires du droit :

- Interdiction faite aux auxiliaires de justice de faire leur travail ;

- Arrestations arbitraires ;

- Garde à vue dans les geôles de police au-delà du délai légal de 72 heures ;

- Exclusion du pouvoir judiciaire dans la conduite des enquêtes, etc.

Pour l’ARD, la seule commission qui vaille, c’est une commission indépendante, ouverte à toutes les sensibilités nationales dont la société civile et à la communauté internationale.

  

L’ARD constate par ailleurs que le pays vit une situation d’état de siège qui ne dit pas son nom. Des barrages de la force publique sont érigés çà et là à l’intérieur et à l’extérieur de Brazzaville, des patrouilles militaires et policières à bord d’engins anti-émeutes sillonnent nuits et jours les artères de Brazzaville, les écoutes téléphoniques deviennent systématiques, des arrestations et des enlèvements se multiplient, les attroupements de plus de quatre personnes sont interdits, comme pour justifier cette situation d’état d siège.

Le gouvernement ne gère plus le pays.

 

Les sinistrés dans les sites de fortune ne cessent de crier leur colère du fait de la mégestion dans les sites. L’allocation de soutien aux sinistrés est versée dans un cafouillage inouï, moyennant paiement de pots de vin. Et que dire de l’indigence et de la déficience de la prise en charge médicale des blessés dans les centres hospitaliers de Brazzaville ? N’eût été l’aide médicale des pays amis, le Congo serait plongé dans une catastrophe sanitaire sans précédent. Que fait-on alors d’énormes revenus pétroliers pour être aussi démuni ? C’est ici l’occasion pour l’ARD de remercier et féliciter l’élan de solidarité nationale et internationale.

 

 Face à cette situation, l’ARD exige du gouvernement :

- la constitution d’une commission d’enquête ouverte aux associations de la société civile et aux experts internationaux ;

- l’interpellation sans discrimination des militaires concernés par la catastrophe de Mpila ;

- l’audition des ministres en charge des questions de défense et de sécurité ;

- l’audition des principaux responsables des services de renseignements et des personnalités impliquées dans la délocalisation des camps militaires ;

- la publication immédiate des premiers éléments de l’enquête ;

 

- la mise en oeuvre d’une meilleure politique de gestion de la crise et de ses suites, notamment l’identification réelle des victimes, l’indemnisation de ces mêmes victimes, le relogement rapide des sinistrés ;

La situation du pays est très grave et de plus en plus préoccupante. La catastrophe de Mpila, s’ajoutant au blocage du pays du fait de l’absence d’un dialogue politique ouvert à toutes les forces vives de la Nation, le moment est venu de faire preuve d’intelligence politique et de sagesse dans la recherche des solutions permettant de sortir de cette grave crise. L’inquisition, l’arbitraire et l’état de siège de fait, ne peuvent qu’exacerber la crise et plonger le pays dans le chaos.

 

L’ARD exige du gouvernement le respect sans faille des libertés individuelles et collectives, sérieusement mises en cause depuis le 04 mars 2012.

 

Fait à Brazzaville, le 20 avril 2012

 

La Conférence des Présidents

    

 

 «Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peulpe ne relève pas le défi » 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous trompez le Peuple Nous dénonçons

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