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CONGO BRAZZAVILLE : LE RECENSEMENT ADMINISTRATIF EN VU DES ELECTIONS LEGISLATIVES 2012 LE F.O.P.C S' INTERROGE

    LeUROUCE   

 

LE RECENSEMENT ADMINISTRATIF EN VU DES ELECTIONS LEGISLATIVES 2012 LE FRONT DES PARTIS DE L'OPPOSITION CONGOLAISE S' INTERROGE 

 

   

    

 

         

FRONT DES PARTIS DE L’OPPOSITION CONGOLAISE  - F.P.O.C.  

 

   

Déclaration du Front des Partis de l’Opposition

Congolaise (FPOC)

sur le recensement administratif organisé

par le pouvoir de Brazzaville

    

En 2012,  le Congo, notre pays, devra tenir de nouvelles élections législatives. Dans l’irrésistible avancée vers lesdites élections, une question essentielle préoccupe le peuple congolais en général, les militants et sympathisants des Partis de l’Opposition Congolaise et, les observateurs avertis, à savoir : quel genre d’élections vivra-t-on l’année prochaine ? Des élections transparentes, libres et démocratiques ou une mascarade sinon une parodie d’élections comme d’habitude ?

De l’avis général, le peuple n’aspire qu’à jouir effectivement de son droit de se choisir ses propres dirigeants, ses vrais représentants.

 

Mais qu’observe-t-on actuellement ? Le gouvernement congolais a, par arrêtés ministériels n° 2928 et 2933 /MID/CAB du 08 mars 2011 mis en place une commission nationale de recensement et des centres de traitement des données y relatives .

 

Le Front de Partis de l’Opposition Congolaise rappelle à l’opinion nationale et internationale que, de tout temps, le recensement administratif dont l’objectif classique est de mettre à jour les monographies, est une opération que doivent chaque année effectuer les autorités sous-préfectorales sans nécessiter ni donner lieu à la mise en place au niveau du gouvernement d’une commission nationale et des centres de traitement des données.

 

Le Front des Partis de l’Opposition Congolaise, tout en s’interrogeant sur la volonté du gouvernement congolais d’organiser, dans le segment de temps qui nous sépare des prochaines élections législatives, un recensement administratif à usage électoral, s’étonne de cette démarche malicieuse qui permet d’affirmer que le recensement administratif qu’organise le ministère de l’intérieur et de la décentralisation est un recensement administratif spécial déguisé en vue d’en extraire, comme à l’accoutumée, un corps électoral à l’avantage du pouvoir et de procéder, aux mêmes fins, à un nouveau découpage électoral.

 

Il n’est un secret pour aucun Congolais que, pour gagner à tous prix les élections , le pouvoir de Brazzaville, en toute défiance de l’impartialité attendue des services publics, s’est toujours appuyé dans leur organisation sur un personnel administratif et civil constitué de préfets, sous-préfets, maires, secrétaires généraux, chefs de quartiers et de villages et autres, membres de partis et associations de la Majorité présidentielle. Comment alors les résultats des élections organisées par une administration électorale entièrement politisée et partisane peuvent-ils être fiables ?

La question mérite bien qu’on se la pose lorsque l’on se remonte le cours de notre histoire électorale récente.

.

Dès 2001, dans l’objectif de transformer en victoire politique sa victoire militaire à l’issue de la guerre du 5 juin 1997, le pouvoir a :

1.    fait adopter une loi électorale qui remettait de facto en cause l’indépendance de la commission électorale indépendante, donnant ainsi l’essentiel des missions électorales au ministère de l’intérieur ;

2.    invalidé les résultats du Recensement Général de la population et de l’habitat de 1996 pour donner la voie à un tripatouillage des chiffres du corps électoral que nul n’ignore ;

3.    organisé un recensement administratif qui a servi de base au découpage électoral et à la préparation des élections.

 

S’agissant du découpage électoral, comparativement aux données de 1992 nettement plus réalistes, celles de 2002 se sont perfidement passées du critère poids démographique universellement reconnu dans tout découpage électoral. Ceci a pour effet déformant, la minoration du nombre de circonscriptions électorales dans les zones les plus peuplées et l’augmentation dans les localités peu peuplées. Car, comment admettre :

·         que, d’une part, les localités moins peuplées suivantes : MVouti avec 18 094 habitants, Ollombo avec 21 272 habitants, Ewo avec 20 195 habitants, Epena avec 17 499 habitants, aient chacune deux (2) circonscriptions électorales au même titre que Mindouli avec 53 584 habitants, ;

·         et que, d’autre part, Kinkala avec 34 608 habitants, Ngabe avec 30 091 habitants, Mouyondzi avec 36 815 habitants, Madingou avec 62 800 habitants, Nkayi avec 71 620 habitants, Loudima avec 32 775 habitants n’aient qu’une seule circonscription électorale ?

 

Surabondamment, la tricherie et l’injustice se sont confirmées au niveau des résultats du recensement administratif de 2001 qui s’était caractérisé par une minoration des populations dans la partie sud du pays et une majoration dans la partie nord.

 

·         En premier, une surestimation du corps électoral à 1 733 943 électeurs pour une population de soi-disant 3 026 026 habitants comprenant les étrangers exclus du vote,  les électeurs fictifs, les décédés, et les congolais de moins de 18 ans, en âge de ne pas voter.

 

·         Ensuite, quelques départements, pris à tout hasard, tels les Plateaux, la Cuvette et la Cuvette Ouest qui, en 2001, comptaient respectivement 230 000, 174 000 et 75 500 habitants, ne disposaient en 2007 que de 174 000, 156 000 et 73 000 habitants selon les résultats du recensement général de la population et de l’habitat de 2007 organisé par le gouvernement avec l’assistance du Fond des Nations Unies pour la Population (FNUAP).

 

Les élections législatives de 2007 et locales de 2008 n’ont pas non plus altéré la stratégie du pouvoir et de son administration électorale. En effet, non seulement le corps électoral a été gonflé mais encore et surtout, dans beaucoup de localités, il était supérieur à la population.

 

Ainsi Ollombo avait un corps électoral de 25 755 électeurs pour 21 277 habitants. Abala : 19 484 électeurs pour 11 296 habitants. Pikounda : 5 415 électeurs pour 3 513 habitants. Enyellé : 22 474 électeurs pour 21 194 habitants. Etc.

 

Fort de cette situation et en prémices de l’élection présidentielle de 2009, les Etats Généraux de l’Opposition Congolaise avaient adopté en février 2009 un cahier de charges soumis au pouvoir et au gouvernement aux fins de la préparation, l’organisation et la tenue apaisée et consensuelle de l’élection présidentielle. La mascarade de concertation organisée en avril 2009 et tous les engagements pris par le ministère de l’intérieur n’avaient pas, de toute évidence, répondu aux attentes des acteurs politiques qui avaient admis d’y prendre part.

 

En définitive, la seule élection présidentielle de 2009 a permis de constater la publication de cinq (05) corps électoraux différents les uns des autres. En effet, ce corps a été évalué tour à tour à :

  • 2.000.120 électeurs, chiffre communiqué par le ministre en charge des élections au corps diplomatique, le 25 mai 2009 ;
  • 2.228.558 électeurs selon le fichier de juin 2009 ;
  • 2.200.000 électeurs selon le chiffre communiqué par le ministre de l’administration du territoire en charge des élections,  le 09 juillet 2009 ;
  • 1800.000 électeurs selon le Président de la CONEL, le 11 juillet 2009 ;

·         2.078.802 électeurs selon le ministre en charge des élections lors de la publication des résultats provisoires, le 15 juillet 2009.

Comme on peut le constater, pour la même élection, le ministre en charge des élections a eu à publier quatre (04) corps électoraux différents et, la commission nationale des élections, un corps électoral (01).

 

Cette situation est mêmement criarde au niveau des départements.

 

A titre d’illustration, le Département du Niari avec une population de 231 000 habitants , a eu un corps électoral de 89 000 électeurs alors que les Départements des Plateaux et de la Cuvette avec des populations nettement inférieures, respectivement de 174 000 et 156 000 habitants, ont eu chacun un corps électoral de 102 000  et  104 000 électeurs.

 

Le Département de la Lékoumou avec une population de 96 424 habitants a eu un corps électoral de 34 164 électeurs alors que le Département de la Cuvette Ouest, avec une population de 73 011 habitants, a eu un corps électoral de 42 284 électeurs.

De tout ce qui précède, le manque de maîtrise du corps électoral et la non fiabilité des listes électorales constituent, pour le pouvoir, l’une des stratégies d’organisation de mascarade d’élections.

 

En considération de tout ce qui précède, le Front des Partis de l’Opposition Congolaise, fidèle à son attachement à la paix sociale et conformément à ses exigences sur l’organisation dans notre pays d’élections transparentes, démocratiques et crédibles, réaffirme avec force que seul un consensus au sein de toute la classe politique permettra d’épargner à notre pays des conflits politiques post électoraux.

C’est pourquoi, pour garantir la fiabilité des prochaines élections législatives et dans le souci de promouvoir une représentativité dans les institutions qui corresponde à la réalité politique dans notre pays, il est impératif qu’un recensement administratif spécial soit réalisé de manière paritaire par une commission pouvoir – opposition afin de déterminer un corps électoral fiable. Dans tous les cas, il est impérieux d’impliquer l’ensemble des Partis politiques légalement constitués, tant de la Majorité que de l’Opposition, à toutes les étapes du processus électoral, dans le respect des principes démocratiques consacrés par les textes fondamentaux de la République et les conventions internationales ratifiées par notre pays.

Le Front des Partis de l’Opposition Congolaise en appelle donc à la haute responsabilité du président de la République pour arrêter le recensement administratif spécial actuel et convoquer une concertation  politique regroupant la majorité présidentielle et l’opposition, en vue de définir le cadre devant conduire les préparatifs, l’organisation et la proclamation des résultats des élections.

 

Le Front des Partis de l’Opposition Congolaise interpelle donc le président de la République pour qu’il prenne ses responsabilités en invitant le gouvernement à se conformer à l’esprit du consensus, caractéristique de la culture congolaise et qui a toujours prévalu dans les grands moments de l’histoire de notre pays.

 

Le Front des Partis de l’Opposition Congolaise demande à la Communauté internationale de bien vouloir accompagner le processus électoral en cours au Congo et de peser de tout son poids pour ramener le pouvoir de Brazzaville à modifier son attitude autiste et à respecter les principes élémentaires qui sous-tendent l’organisation d’élections libres, démocratiques, transparentes et équitables.

 

Le Front de l’Opposition Congolaise lance un vibrant appel à tous les militants et sympathisants des Partis politiques membres et à tout le peuple congolais pour qu’ils se mobilisent et redoublent de vigilance afin d’arrêter, dès 2012, l’organisation de parodies d’élections dans notre pays.

 

Fait à Brazzaville, le 07 mai 2011

 

Le Collège des Présidents du FPOC

 

 

Pour une République Juste & Démocratique,  Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons

   

    

 

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