Après avoir des années durant, bataillé pour l’expression effective des libertés individuelles reconnues par toutes les
nations civilisées, après la déclaration solennelle de ces libertés par la Conférence Nationale Souveraine, les Congolais vivent depuis le retour de SASSOU au pouvoir une tentative permanente
de séquestration de ces libertés essentielles par des manœuvres d’intimidation. Pour avoir essayé d’informer l’opinion nationale et étrangère sur ce que le pouvoir tente médiocrement de
dissimuler : la réalité du récent drame de MPILA, certains médias privés coupables d’avoir ainsi violé un tabou, ont fait l’objet d’une visite musclée assortie de menaces, par Monsieur
BANANGANZALA et ses lampions, l’étouffoir de la libre pensée au service du Parti Congolais du Travail, usant des dispositions au demeurant mal lues, d’une loi scélérate qui restaure dans notre
pays le délit d’opinion, en suppléant par une loi répressive à la carence des arguments.
Aux termes précis et formels de l’article 19 de la Constitution imposée par le PCT : « Tout citoyen a le droit d’exprimer et de diffuser librement son opinion par la parole, l’écrit, l’image ou tout autre moyen de communication. La liberté de
l’information et de la communication est garantie. La censure est prohibée. L’accès aux sources d’information est libre. Tout citoyen a droit à l’information et à la communication. Les
activités relatives à ces domaines s’exercent dans le respect de la loi »
Et dans la législation en vigueur, seul le Juge peut ordonner la confiscation d’une publication. Tout autre procédé de
confiscation est contraire à la loi. Il est par ailleurs prescrit sans la moindre équivoque par la Loi n°8-2001 du 12 novembre 2011 sur la liberté de l’information et de la communication, en
son article 102, que « dans l’exercice de l’expression de la liberté, le journaliste doit respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même et, ce, en, raison
du droit que le public a de connaître la vérité ». Il s’infère de ceci que l’apologie de la terreur entretenue par Monsieur BANANGANZALA qui par ailleurs agit depuis quelques années hors
mandat et donc en dehors et contre la loi, n’intimide personne. C’est lui, qui, s’il ne s’avise pas de ce qu’il abuse du pouvoir mal acquis, fera bientôt l’objet d’assignation devant les
juridictions répressives étrangères.
L’explosion du dépôt de munitions de la caserne du Régiment blindé de MPILA ce dimanche 4 mars 2012 qui endeuille gravement
notre pays, vient gonfler le palmarès du festival macabre, véritable rituel pour l’accomplissement duquel la République du Congo semble, depuis le retour de SASSOU-NGUESSO aux affaires, avoir
contracté un bail renouvelable par tacite reconduction, faisant qu’à des périodes régulières, les Congolais doivent verser un impôt de sang ou le denier du culte pour emprunter au langage
chrétien. Et chaque fois, après quelques semaines de la tragédie et de discours apaisants, victimes d’une amnésie volontaire, nos gouvernants issus de la race des vampires suceurs de sang
humain, font comme si rien ne s’était passé, la vie reprend son cours, personne ne demande de compte à personne.
Après l’épidémie d’un virus miraculeux qui a désolé la population de Pointe-Noire faisant des centaines de morts, laissant le
Gouvernement dit de la République indifférent, après le crash d’un avion cargo Antonov 12 immatriculé TN-AGK de la Compagnie TAC sur un Quartier résidentiel de la Commune de Pointe-Noire le 26
mars 2011 vers 15, faisant là aussi des centaines de morts, encore une fois au mois de mars ; rien ne semble avoir été entrepris pour indemniser ces familles victimes de l’incompétence notoire
d’un ’Etat, qui laisse des cercueils volants survoler nos Communes sans la moindre garantie pour la sécurité de ses habitants.
En Juin 2010, on se rappelle que le dépôt privé d'armes du célébrissime Général
Adoua avait pris feu à son domicile de Talangaï, ici aussi, aucune mesure de sécurité n’a jamais été prise, aucune sanction n’a jamais été prononcée, car il faut des armes en
pleine ville pour la sauvegarde du pouvoir tribal, et tant pis pour la sécurité des Congolais.
Mardi 22 juin 2010, la série noire se poursuit avec plus d’une centaine de morts dans un accident de train survenu à Yanga sur
la ligne Pointe-Noire-Brazzaville. Ici également, dans l’indifférence totale du Gouverneur de la République, après une détention arbitraire de plus d’un an des deux conducteurs à la Maison
d’Arrêt de Pointe-Noire, le procès dans ce scandale s’est déroulé sans que le CFCO n’ait pu témoigner le moindre remords. Au contraire, conscient de leur impunité, les dirigeants de cette
Société d’Etat, en premier lieu Isidore MVOUBA, n’ont même pas pris la peine d’assumer leur responsabilité de commettant en tant qu’employeur, pour la prise en charge des frais de justice
relatifs à la procédure. Ces deux agents ont du se débrouiller pour trouver des Avocats, qui à ce jour attendent qu’on leur paye les honoraires y relatifs.
La catastrophe de Mpila constitue l’occasion de revenir sur le drame de YANGA, et tenter de ressortir sans équivoque le centre
de la responsabilité. La question qui arrive à l’esprit est d’abord celle de savoir si les deux conducteurs pouvaient être tenus pour responsables du drame ainsi que l’avait immédiatement
décidé Isidore MVOUBA qui s’était alors érigé en Juge.
En principe, le Droit pénal ne trouve à s’appliquer qu’à la personne qui a commis une faute, autrement dit, l’on ne peut être
déclaré responsable que lorsque l’on a commis une faute, soit une faute délictuelle qui suppose l’intention de commettre un acte dommageable, soit une faute quasi délictuelle lorsque le fait a
été commis par négligence ou par imprudence. Il faut donc rechercher celui par la faute de qui ce drame a été rendu possible. Il s’agit en d’autres termes d’établir d’abord la faute génératrice
du drame, puis l’imputabilité de la faute.
D’ores et déjà, et afin de décourager la tentative qui transparaissait en filigrane dans le système de défense du CFCO et donc
de l’Etat congolais, il convient de rappeler que le drame déploré est survenu dans un moyen de transport public, et qui permet d’invoquer l’obligation de sécurité du transporteur vis-à-vis des
voyageurs afin que ceux-ci n'éprouvent aucun préjudice au cours du transport. Le transporteur en effet, ne peut se dégager de cette obligation de sécurité qu’en prouvant une cause étrangère
autrement dit, un fait ne pouvant lui être imputé. En d’autres termes, le transporteur demeure responsable de tous les accidents dont la cause resterait inconnue. Cette responsabilité suppose
une relation contractuelle entre le voyageur et le transporteur car, seul un transporteur professionnel peut s’engager contractuellement peu importe que le transport soit réalisé à titre
onéreux ou à titre gratuit dès l’instant où il est matérialisé par un titre de transport, un permis de circuler etc. L’obligation de sécurité de résultat existe pendant l’exécution du transport
c’est-à-dire à partir du moment où le voyageur monte dans le moyen de transport et jusqu’au moment où il en descend.
Il en résulte que l’action intentée par les victimes à travers les ayants droits, est une action contre le transporteur, le
commettant qui se trouve être le l’Etat congolais à travers le CFCO ; autrement dit, pour les parents des victimes ici présents, l’action n’est nullement dirigée contre les conducteurs, que
l’Etat congolais s’est plu précipitamment à présenter comme des boucs émissaires. Dès lors, la responsabilité civile du commettant ne fait aucun doute, quand bien même l’on pourrait
éventuellement établir la faute des conducteurs autrement dit des préposés. La faute, si faute il y a, aura été commise dans l’exercice de leurs fonctions. Il y a pour l’Etat congolais, la
responsabilité du fait d’autrui.
Ce contentieux étant réglé, il restait au CFCO, le commettant, d’établir la faute de ses préposés, en apportant la preuve de
la faute commise par eux, à l’origine du drame. Or, les Avocats des accusés ont éloquemment démontré à l’occasion de ce procès que ce drame n’a pu être possible que du seul fait de la
défectuosité du chemin de fer, et des trains. Dans un pays qui se vante de dégager depuis trois ans au moins un excédent budgétaire de mille milliards de FCFA, il est simplement inadmissible
que l’Etat dispose d’une compagnie de Chemin de fer aussi défectueux, un véritable cimetière potentiel. A-t-on dédommagé les victimes de ce drame ? La lecture de la sentence rendue par le
Tribunal correctionnel du Tribunal de Grande Instance de Pointe-Noire témoigne de la manipulation de notre justice par l’Exécutif.
Comme de coutume, dans le dernier drame de MPILA, alors même que le nombre de morts n’est pas encore connu de manière
certaine, ou simplement tronqué pour dissimuler la réalité de l’ampleur du drame, SASSOU lui-même s’est précipité à annoncer l’indemnisation des victimes, et le Parlement aux ordres a emboîté
le pas. Avec le PCT, la vie humaine a un prix nous dit-on. Dans ce drame qui semble avoir cette fois, sans que cela puisse constituer un motif de s’en réjouir, mais toute de même, frappé la
base propre base électorale du PCT, la responsabilité de l’Etat ou ce qui en tient lieu ne pose aucun problème. Il n’y a pas que sa responsabilité qui est établie, la culpabilité du pouvoir en
place est sans équivoque. Mais pourquoi garder tant d’armes en pleine cité urbaine ?
Ce drame comporte à notre avis trop de zones d’ombre qui laissent penser que le Gouvernement ment au peuple, le temps de
laisser passer la douleur. De Kinshasa en effet nous est parvenue la certitude que les obus qui y sont tombés étaient dégoupillés, ce qui laisserait croire qu’il s’agissait de tirs ciblés. Et
la trajectoire de ces projectiles, d’après les spécialistes de la balistique, plutôt que d’être verticale, se retrouve horizontale au point de toucher la capitale voisine qui se trouve tout de
même à au moins 5 kilomètres. Avec une certitude peu convaincante, le Gouvernement de la Cuvette a, dans un premier temps, affirmé que la cause du drame était un court-circuit, donc accidentel.
Piètre mensonge ! car si la cause du drame est ainsi connue, pourquoi alors commandé une enquête ? A moins d’insinuer que le court-circuit loin d’être accidentel est l’œuvre d’une main bien
noire. Les Congolais ont droit à une explication claire et recevable. Mais voilà que désormais, le fameux court-circuit devient lentement mais sûrement un court-circuit téké. Pourvu que cette
fois, par une alchimie dont le PCT a seul le secret, le Pool-koongo ne serve pas de bouc-émissaire, car, NTUMI et sa milice ne sont plus dans la forêt.
Dans un Etat de Droit où la vie humaine est précieuse et respectée, depuis, le pseudo Ministre de la Défense délégué serait
immédiatement démis. Toute la chaîne de commandement autrement dit le Haut Commandement des FAC serait aux arrêts, en attendant de situer les responsabilités. Mais SASSOU peut-il ainsi
reconnaître l’incompétence pourtant criarde des ses fameux Généraux par qui transparaît limpidement la maliénisation (du Mali) de notre Armée ? Est-il capable de demander des comptes à ses
parents ? L’on a ensuite parlé de la mort du Général ADOUA. Si cet officier Général est encore en vie, où qu’il set trouve, au Maroc où ailleurs, qu’il parle donc à la radio afin que la rumeur
soit démentie.
Pour ce qui concerne la responsabilité et la culpabilité dans ces drames à répétition, je dis à haute et intelligible voix que
SASSOU en est le responsable et le coupable exclusif ; il est le Chef de l’Etat, Chef Suprême des Armées, Ministre de la Défense, il nomme aux hautes fonctions civiles et militaires. Qu’il
s’emploie depuis des années à encombrer l’Armée ou ce qui en tient lieu, des Généraux dont la médiocrité à tous points de vue est béante, parfaitement incapables plus aptes à se livrer au
commerce que de nous donner la preuve de la compétence dans l’art militaire ; qu’il s’emploie depuis à tribaliser la chaine de commandement de ce qui nous est présenté comme étant une Armée
nationale ; c’est à lui et à lui seul qu’il convient de demander des comptes. L’histoire retiendra en tout cas la date de naissance de SASSOU comme étant un dies nefastus. Dieu aurait pu nous
épargner de cette monstruosité.
Qu’un Gouvernement dit de la République, devant l’ampleur du drame que vient de vivre le pays, ait décidé malgré tout de
maintenir l’opération de la révision des listes électorales, des listes affichées après le drame dans les Quartiers sinistrés, ce que j’ai pu voir personnellement avec mes propres yeux pour
faire un pléonasme ; il faut conclure que la nation que la formule coloniale nous a forcé de forger, constituée d’entités ethniques aussi différentes dans leurs philosophies, lorsque l’on
constate que la vie humaine n’a pas, loin s’en faut la même valeur pour le Nordiste qu’elle l’a dans le Sud du pays ; cette nation congolaise à bâtir est une union frappée de prohibition
naturelle à l’instar de l’inceste, et quelle comporte des conséquences dramatiques pour la société congolaise, il convient d’y mettre un terme pour le bien de tous.
Comment espérer construire une société harmonieuse et humainement vivable, avec des sauvages qui, devant un drame qui frappe
leurs propres parents, n’hésitent pas à détourner la modique somme allouée aux victimes par l’Etat? En vertu de la Loi de l’Occultisme qui enseigne que « Toute pratique malfaisante se
retourne contre son auteur… plus on a de pouvoir sur un être et plus il vous tient sous son influence occulte en raison de la Loi d’équilibre et de réversibilité », pensant aux nombreuses
actions punitives organisées par le pouvoir contre les populations du Sud et singulièrement celles du Pool-Koongo, l’on aurait pu constater avec satisfaction que cette foi, Dieu à orienté sa
main punitive vers la propre base électorale des bourreaux, pour conclure que cela n’arrive pas seulement aux autres. Hélas, le drame est trop important et éminemment affligeant pour
s’autoriser une telle réaction qui répugne à morale koongo, même si la tentation est forte.
Le drame de MPILA est un génocide, il est un crime contre l’humanité, et il devra être traité comme
tel.