FAIRE LA POLITIQUE AUTREMENT PAR Djess Dia Moungouansi
La légitime réflexion sur l’espace politique congolais, chaque jour avalé par l’espace du pouvoir, m’amène à fustiger, sans ambages, l’inertie des pratiques politiques actuelles. Une apathie qui cache en réalité une insidieuse tempête politique. Depuis un certain temps, dans les officines de l’oyocratie, des manœuvres sont mises en branle. Et derrière le salmigondis d’informations, se dissimule un pâté où se mêlent tribalisme gouvernemental, intrigues et cynisme, sur fond d’une géante OPA que le PCT veut réaliser sur les partis satellites.
Depuis le retour de Sassou par les armes, et conscient de son impopularité, il a opté pour la corruption généralisée des députés-nommés de son Assemblée croupion.
Il ne s’entoure que des prédateurs aux longues dents, plus préoccupés par leurs soucis de ventre et de bas ventre que par l’intérêt supérieur du pays.
Le sage Ahmadou kourouma ne disait-il pas que « Le chef qui n’a autour de lui que des griots et courtisans pour le flatter et l’applaudir est un solitaire: il a beau partir, il ne rencontre que lui-même; il a beau écouter, il n’entend que lui-même».
Ainsi, la banqueroute de nos valeurs traditionnelles d’éthique n’est pas apparue ex-nihilo: elle procède de l’œuvre de nos dirigeants dont l’approche, pour le moins réductrice, ramène tout à des rapports troubles d’argent.
Dès lors, on assiste de plus en plus, à une sorte de perversion de l’idéal politique dans sa mise en œuvre pratique. L’ordre politique dominant met en avant les procédés d’achat de consciences qui anesthésient les esprits faibles très peu soucieux du devenir de la Nation parce que mus par l’appât du gain facile et la jouissance de biens mal acquis.
Une telle démarche soumet ainsi le peuple au diktat de la minorité des prévaricateurs au pouvoir au préjudice de l’écrasante majorité des congolais.
Face aux dérives et autre projet de dévolution monarchique, l’opposition congolaise devrait pleinement jouer sa partition en servant de contre-pouvoir. Mais hélas, on est en face d’une situation, pour le moins insolite, où les personnalités, les plus en vue de l’opposition sont, pour la plupart, négativement chargées.
L’épisode d’une opposition menée par Mathias DZON qui se satisfait des promesses de la mise en place des conditions de l’organisation des élections justes et transparentes par un Ministre de l’intérieur, qui ment comme un arracheur de dents, me laisse pantois.
Quand est ce que diable, comprendront-ils que face à un pouvoir autiste comme celui de Sassou, le rapport de force ne se négocie pas, il se crée sur des bases solides?
Faire de la politique autrement, c’est mettre à la retraite ces apparatchiks et des revenants dont le discours politique, en langue de bois, n’est plus mobilisateur et faire émerger du gotha politique, une nouvelle classe de décideurs.
Elle se distinguerait par leur indépendance d’esprit qui les mettrait dans des dispositions de s’émanciper des lobbies de toutes sortes et ayant, de surcroît, un ancrage profond dans le tissu culturel national. En tout état de cause, la situation appelle à un éveil des consciences et à un besoin de bâtir un nouvel homo-congolus qui rompt les amarres d’avec une politique basée sur l’achat de consciences.
L’émergence de valeurs sûres doit être au cœur des préoccupations du peuple. Les destinées d’une Nation sont tellement importantes qu’elles ne peuvent être mises entre les mains des gens corrompus qui ne disposent d’aucune moralité, et qui ne sont aucunement soucieux des réalités du Congo des profondeurs.
La promotion d’une nouvelle conscience citoyenne est indispensable au changement de comportements et d’attitudes qu’exige la marche irréversible vers le progrès et le mieux-être. Le Congo du
21e siècle a besoin
d’hommes dont l’intégrité, le sens élevé de l’éthique et de l’intérêt général ne souffrent de la moindre contestation.
Sous ce rapport, il est absolument nécessaire de convoquer nos traditions nationales culturelles, notre éthique nationale, bref de procéder enfin à un changement de mentalité de manière à
remettre les choses à l’endroit pour pouvoir prétendre à un développement endogène qui tient compte de notre vécu culturel et national.
Pareillement, aucun développement n’est possible sans l’élévation au rang de culte de la mystique du travail bien fait et l’observance de normes de civisme et de discipline sans lesquelles aucun développement social, économique et culturel n’est possible.
Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons