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CONGO BRAZZAVILLE : APRES JUSTIN LEKOUNZOU ITIHI OSSETOUMBA, LE GENRAL Norbert DABIRA SORT LA VÉRITÉ SUR SASSOU NGUESSO ET SON REGIME DE SANG

 

  

 

 

  

 Source: Afrique Education N° 365- 366


Maître Aloïse MOUDILENO MASSENGO CONTINU SON DÉBALLAGE SUR LE DICTATEUR Denis SASSOU NGUESSO

 

                        

Numéro 365-366 - Congo-Brazzaville - Après Justin Lékoundzou Itihi Ossetoumba, le Général Norbert Dabira sort la vérité sur Sassou Nguesso et son régime de sang
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CONGO-BRAZZAVILLE
Après Justin Lékoundzou Itihi Ossetoumba, le Général Norbert Dabira sort la vérité sur Sassou Nguesso et son régime de sang*

 

              

      

   

 

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Contexte du document de Norbert Dabira

 

1 - Chers Compatriotes, fidèle à l’engagement que j’avais pris au cours de mon interview parue dans le numéro 358 du 16 au 30 novembre 2012 d’Afrique Education, je mets à votre disposition des preuves écrites sur ce que j’avais évoqué avec gravité. Qu’avais-je dit ? Trois choses : la première : Sassou Nguesso est bel et bien l’assassin de Marien Ngouabi le 18 mars 1977. La deuxième : Sassou, originaire du Nord-Congo, a jeté son crime sur des hommes du Sud afin que tout le pays soit mentale-ment et politiquement déstabilisé. La troisième : ce climat de résurgence de toutes les haines, de tous les aveuglements leur a permis d’installer sa région d’origine (le Nord) au pouvoir, tout en y éliminant bien sûr ceux qui ne voulaient de ce programme de division nationale. Ainsi, sang du Sud (Assassinats de l’ancien président Massamba-Débat, de Saint Cardinal Emile Biayenda, de Kikadidi, de Jean-Pierre Ndoudi Nganga et ses 9 compagnons) et du Nord (sang de Pierre Anga et de son frère) a coulé abondamment.

 

2 - En 1991, une belle Conférence nationale rendue possible par l’écroulement du Mur de Berlin et le dis-cours du président François Mitterrand, à La Baule, a écarté ce tyran du pouvoir. Mais celui-ci n’a pas profité de l’air du temps nouveau pour changer de mœurs. Il est resté au fond de lui ce que vient d’écrire un journaliste d’un hebdomadaire parisien époux de sa nièce, une « panthère mbochie » (une panthère de la tribu de Sassou: les Mbochi). Il a aussitôt entrepris de ruiner tout ce qui avait été défini au cours de la belle Conférence de redressement de l’union nationale et de la démocratie dans le pays. Et il y est totalement parvenu au mois d’octobre 1997 quand grâce au soutien de plusieurs légions de mercenaires étrangers, il renversa son successeur, le président Lissouba.

 

3 - Quels temps le Congo allait-il vivre ? Quel Sassou allait-il vivre ? Le même ? Celui qui s’était couvert de crimes de sang entre 1977 et 1988 ou un autre, un nouveau, lavé du passé après tout ce qui s’était dit dans le monde sur les régimes de dictature après la fin du communisme et sur ce qu’avait déploré la Conférence nationale de 1991 sur le Sassou de cette époque-là ?

Le vainqueur d’octobre assassina immédiatement sans procès ni débat, la constitution du 15 mars 1992, issue des acquis de la Conférence de 1991.

Il organisa, au mois de janvier 1998, un Forum dit « national » pour la démocratie et l’unité nationale. Une manière de tenter de panser la grande blessure ouverte dans le pays, au niveau des institutions, par l’abrogation souveraine de la constitution du 15 mars.

A l’approche du 1er anniversaire de sa victoire du 15 octobre et de l’assassinat de la constitution de 1992, le régime fait savoir par gestes et paroles, qu’il croit que les vaincus n’ont tiré aucune leçon de leur défaite totale. Un général du pouvoir, Norbert Dabira, le dit, dans un livre publié aux éditions L’Harmattan: La guerre inachevée. Un titre qui vaut plus qu’un avertissement et un engagement. C’est un appel à la prise de conscience de tous les dangers du côté des vainqueurs. Il faut se lever et repartir au combat avant qu’il ne soit trop tard. C’est le général « Etudes et Stratégies » du régime. On l’écoute. Et la guerre reprend dans le pays. Mais contre quel ennemi, Lissouba et Kolelas vaincus « à plate couture » (sic), le 15 octobre 1997, sont hors du pays et leurs forces - les milices cocoyes et ninjas - ont été abandonnées à elles-mêmes dans leurs zones ethniques (Pool, Niari).

La guerre de parachèvement de la victoire consistera à tout massacrer dans ces zones. Ce sont les fameuses Opérations Mouébara par air et par terre. Ce sont aussi les Opérations « Nettoyage des quartiers Sud de Brazzaville maison par maison ». Ce sont les Raffles au Beach de Brazzaville de nombreux jeunes exilés attirés dans le filet du retour par une fausse promesse d’amnistie passée sur les antennes de la Radio nationale. Fausse malgré la voix qui la garantissait crédible : la voix du chef de l’Etat.

 

4 - Un tel parachèvement de la victoire du 15 octobre 1997 ne pouvait pas laisser l’opinion internationale indifférente. Des organisations inter-nationales de défense des droits humains se levèrent et Sassou fut accusé par elles de crimes de génocide. Leur voix fut si puissante que le criminel devint un grand indésirable dans la plupart des pays du monde. Alors, le général Norbert Dabira imagina un scenario afin de le sortir de cette situation. Un scenario cer tes pas très original mais très éloquent au niveau des faits ou de la situation. Oui, le général Dabira a fait un tableau des crimes à l’origine de la révolte de l’humanité et de l’isole-ment de son maître Sassou Nguesso. Un tableau aveu de tout : des crimes connus depuis le sacrifice (sic) de Marien Ngouabi aux massacres du Beach, au génocide dans le Pool et le Niari. Un tableau aussi sur les meurtres en préparation ou en projet sur la personne de quelques exilés comme Moungounga Nguila Kombo, Bernard Kolelas, de quelques opposants ou personnalités suspectes comme Bongou Camille, Benoît Moundele Ngolo, Ndolou, etc. Bref, la description des mœurs de sang d’un régime né dans le sang et qui n’entend se maintenir en place que par le sang, le crime, le vice. Le document Dabira est, à cet égard, un précieux document historique, une source de vérité sur tout ce que Sassou nie.

 

5 – A la fin, le lecteur se posera sans doute, la question suivante : « pour-quoi n’a-t-il pas agi comme le lui a suggéré son général en « Etudes de situations et Stratégies » ? C’est une question à laquelle nous pourrons examiner à un autre moment. Néanmoins, nous pouvons indiquer ici que le Document Dabira garde toute son actualité non pas parce qu’il contient toute la vérité sur tout mais aussi par-ce que Sassou Nguesso n’est pas au bout de son parcours. Demain, il peut se demander comment échapper à son destin par un chemin de renard : fuite à l’étranger ou massacre de tous ceux qui l’ont soutenu, avant de se suicider. Déjà, il ne reste que très peu de temps dans son pays. Déjà, il dort très peu de nuits à Brazzaville. Déjà, il a fait d’Edou et d’Oyo les seuls endroits de la République où il dort, jusqu’au chant du coq, sans cauchemar.

Puissent tous ceux qui pensent et enseignent que « Denis Sassou Nguesso n’a jamais tué personne », qu’il n’a sur les mains le sang ni de Marien Ngouabi, ni du Saint Cardinal Emile Biayenda, ni de l’ancien président Alphonse Massamba-Débat, ni d’aucun autre Congolais, lisent le document qui va suivre, signé du général de brigade Norbert Dabira.

 

6 – Mais qui est le général Norbert Dabira ? Dans le document, il se définit clairement comme un serviteur dévoué corps et âme de Denis Sassou Nguesso, prêt à donner sa vie pour lui. Il montre naturellement qu’il est plein de rage contre les adversaires de son maître. Adversaires qu’il est prêt à liquider physiquement sur un simple signe de celui-ci. Pour lui, le doigt de son maître est un juge-ment de justice. Un verdict absolu. Mais le lecteur verra aussi que ce général qui se veut un gladiateur sans pitié sait « trembler dans tous les sens » (sic). Notamment quand il pense que le régime de son maître finira bien un jour par s’effondrer, que ceux qui le soutiennent risquent de chercher « refuge dans les forêts » (sic) pour sur vivre si les autres se vengent.

Et comment ne pas rappeler ici que ce général émarge au fichier de la justice française depuis plus d’une décennie. Au lendemain de la victoire de son maître, le 15 octobre 1997, sur Lissouba et Kolelas, il est nommé inspecteur général de l’armée. Fonction qu’il cumule avec celle de directeur d’une « Cellule d’études et de Stratégies ». Mystérieux œil sur tout ce qui se passe dans le pays, qui veille jour et nuit sur la sécurité du régime. Œil sur tout qui soupçonne presque tout le monde. C’est ainsi qu’en 1998, le général Norbert Dabira alerte son maître et l’opinion publique en publiant un livre qu’il intitule bruyamment « La guerre inachevée ». Pour lui, la victoire du 15 octobre 1997 n’a pas été assez triomphante, n’a pas assis son maître sur son trône d’airain. Et pour-tant, ce maître avait, au mois de janvier 1998, organisé souverainement un Forum sur l’unité nationale, la démocratie, le développement, la marche paisible de tous vers le futur. Voici que le général Norbert Dabira sonne l’alerte : il faut relancer la guerre. La suite, on la connaît : mas-sacres d’exilés qui rentrent de Kinshasa, ayant pris au sérieux une pro-messe d’amnistie lancée à tous par Sassou Nguesso (Affaire du Beach), massacres des populations du Pool et du Niari (Opérations Mouébara, Opération Ntoumi ou fausse rébellion, etc…).

L’opinion internationale s’émeut. Le régime de Sassou Nguesso sent l’isolement. Il se sent abandonné par tous. Le général Norbert Dabira va alors proposer à son maître un scenario de salut : quitter le pouvoir avant qu’il ne soit trop tard. En clair, voyager, puis démissionner loin du pays ensanglanté et pris en pitié par tout le monde. Ce scenario parfaite-ment ficelé par le général Norbert Dabira n’a pas abouti puisque Sassou est toujours là (nous aborderons ultérieurement ce point). Bien entendu, le général Norbert Dabira croyait aussi être toujours là : puissant et redouté. C’était oublier que la roue tourne. Oui, deux jeunes miraculeusement rescapés du massacre du Beach évoqué plus haut, avaient erré comme deux bouteilles jetées à la mer et finalement atteint les rives de la France. En clair, usant de sa compétence universelle en matière de crimes contre l’humanité, ce pays accueillit leur plainte en 2001. Le général Norbert Dabira, propriétaire d’un appartement ou villa à Meaux, y fut interpellé et conduit devant le juge compétent. Il passa de longues heures devant le magistrat. Mais général sans dignité de lui-même ni de son rang, il choisit finalement de fausser grossièrement compagnie au juge. Et ceci avec la complicité de son maître qui fera ensuite de l’Affaire des massacres du Beach, une Affaire d’Etat. Il choisit même de la juger chez lui, devant ses tribunaux, lui qui avait officiellement déclaré que « personne n’avait disparu au Beach ». Parmi les dix généraux alignés à la barre de sa justice, le général Norbert Dabira qui, bien entendu, nia tout et fut acquitté purement et simplement comme ses 9 autres col-lègues.

Acquitté dans son pays, le général Norbert Dabira reste toujours devant la justice française, un personnage clé du massacre du Beach. Oui, depuis le 5 janvier 2004, il est toujours sous le coup d’un mandat inter-national pour les faits énumérés dans le mandat d’amener délivré contre lui par les juges d’instruction de Meaux le 16 septembre 2002, en ces termes : « crimes contre l’humanité, pratique massive et systématique d’enlèvements de personnes suivis de leur disparition pour des motifs idéologiques et en exécution d’un plan concerté contre un groupe de population civile d’avril 1999 à juillet 1999 ». Juillet 1999, le mois où ce général se rendit compte que son programme de parachèvement de la victoire du 15 octobre 1997 était un désastre et qu’il fallait chercher à s’enfuir du Congo, chercher sinon le salut du moins le répit bien loin de là.

 

Chers Compatriotes et Amis du Congo bonnes lecture et méditation. Bonne méditation surtout car si Sassou Nguesso n’a pas agi en 1999 comme conseillé par son général, il n’a pas, pour autant réussi à remettre le Congo sur le bon chemin. Le document Dabira est toujours d’actualité et pour Sassou, qui doit de moins en moins au Congo et pour les Congolais, qui doivent réfléchir à un Congo sans Sassou.

 

Me Aloïse Moudileno Massengo

Ancien premier ministre du Congo

Ancien ministre de la Justice

 

(*) Ntsourou va-t-il profiter des Documents Dabira et Lékoundzou pour révéler à la justice de son pays et à l’opinion internationale ce qu’il sait du personnage Denis Sassou Nguesso ? A défaut de l’accusé lui-même, ses avocats peuvent-ils soulever la question de l’inquiétante personnalité de Denis Sassou Nguesso: toujours soupçonné dans chaque tragédie, jamais publiquement mis en cause, encore moins jugé. La preuve, il veut encore rester au pouvoir afin d’éviter de rendre des comptes dans le dossier des Biens mal acquis. Un homme qui fait l’objet de plusieurs dossiers de justice hors de son pays peut-il juger d’autres à l’intérieur de son pays ? Est-ce légitime ? Est-ce admissible ? Sassou Nguesso fuit la justice internationale (Affaire du Beach) et française (Biens mal acquis), mais veut que tout le monde croule sous la sienne (Affaire du 4 mars 2912). 

 

 «Un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi » 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons 

   

     

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