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CONFERENCE DE PRESSE DU PRESIDENT DU P.S.D.C Clément MIERASSA

 

 

 

  

 

  

 



 

 

P.S.D.C : Parti Social Democrate Congolais

Mot liminaire de la Conférence de Presse de Clément MIERASSA du mardi 27 décembre 2011

 

 

 

  

 

Monsieur Clément MIERASSA 

 

    

  

PARTI SOCIAL DEMOCRATE CONGOLAIS P.S.D.C.



INTRODUCTION

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les Journalistes,

Messieurs les Présidents et Responsables des Partis amis,

Distingués Invités,

Militantes, Militants  et Sympathisants du Parti,

Au moment où l’année 2011 va vers sa fin, nous avons choisi de vous rencontrer pour un échange sur les moments forts qui ont marqué cette période.

Pour cela nous avons choisi de vous présenter ce propos liminaire qui n’est pas exhaustif, mais qui devrait susciter de votre part, des interrogations  et des commentaires auxquels  nous tenterons d’apporter des  réponses.

Dans ce propos, nous abordons les aspects suivants :



I - CONTEXTE  INTERNATIONAL

L’année 2011 aura été une fois de plus l’illustration de ce que le monde bouge, le monde change. L’actualité internationale aura été marquée principalement par le printemps arabe. Celui-ci a manifesté  l’aspiration des peuples de certains pays arabes à plus de démocratie et de liberté, et a vu la chute de plusieurs Présidents considérés comme dictateurs par leur peuples à l’instar des Présidents Ben Ali, Moubarak et Kadhafi.

Aujourd’hui, la situation demeure préoccupante au Yémen et en Syrie.

Le monde entier a suivi, d’abord incrédule puis avec sympathie et admiration, le déroulement de ces révolutions. Ces mouvements devraient avoir fait prendre conscience aux autres dictateurs du continent de ce que tout a une fin, et dans certains cas, celle-ci peut être brutale et violente.

Par ailleurs, la traduction et la condamnation en justice de l’Ancien Président Français Jacques Chirac a permis à beaucoup de peuples de réaliser que lorsque démocratie marche, tous les citoyens sont égaux devant la loi et que personne n’est au dessus de celle-ci.

Dans le même ordre d’idées il est important de signaler qu’en Grèce un Haut fonctionnaire, Directeur du service national des statistiques va terminer le reste de ses jours en prison, pour falsification des données statistiques.



II - VIOLATION DES LOIS ET REGLEMENTS DE LA REPUBLIQUE

Le Gouvernement de la République viole de façon permanente en toute impunité les lois et règlements de la République et principalement la Constitution notre loi fondamentale. Ceci  avec la complicité des Institutions de la République à savoir : le Parlement, la Cour Constitutionnelle, et la Cour des Comptes et de Discipline Budgétaire,

Par rapport à la Constitution, on peut notamment citer les articles 7, 9,4 7, 48, 50, 56, 69, 72, 73 et autres…

L’on note d’ailleurs sur ce chapitre, qu’il y a un débat qui a été lancé sur la révision de la Constitution de 2002, tendant à démontrer que celle-ci est mauvaise et qu’il faille la changer.

La question est nous semble t-il, de nous demander si l’on ne devrait d’abord pas se pencher sur les sanctions à infliger aux flagrantes violations de cette Constitution, qui, quoi que l’on dise a été votée à une très grande majorité. Il est de notre point de vue utile de réfléchir sérieusement sur cet aspect et sur les sanctions à prendre sur ces graves violations.



III - BUDGET 2012 :

 C’est le budget le plus confortable que le Congo n’ait jamais connu. Avec 3.654 milliards de francs CFA ; le Congo a le budget le plus important de la Zone Franc   hors la France en 2010 et 2011.Comme nous l’avons déjà dit : Jamais, mais alors jamais, notre pays n’a engrangé autant d’argent.

Il semble d’ailleurs selon certains commentateurs que l’économie congolaise se soit  imposée comme la plus performante de l’Afrique et même de la zone Franc avec la caractéristique qu’elle est fortement vulnérable et très dépendante du pétrole.

Les dépenses du personnel sont de l’ordre de 248 milliards contre 211 en 2011, un budget d’investissement de 1445 milliards contre 1010 milliards en 2011 soit une progression de 43% et un excédent de 1000 milliards. Peut-on encore dire que le Congo est un pays pauvre très endetté. Assurément pas. Mais la situation du Congolais s’est elle améliorée. Non bien sûr.

Il sied de  rappeler que c’est au mois d’octobre dernier que le Conseil des ministres a examiné les projets de lois portant loi de règlement définitif des budgets de l’Etat exercice  2008 et 2009. Autrement dit, que celui de l’exercice 2010 n’a pas été encore examiné. Ceci pour constater une fois de plus que le Gouvernement a une fois de plus violé les lois et règlements de la République, notamment l’article 129 de la Constitution et l’article 58 de la loi 1-2000 de février 2000 relative au régime financier de l’Etat. Ce qui signifie en clair que  depuis le retour au pouvoir du Président SASSOU en 1997, aucun budget n’a été adopté en conformité avec les lois et règlements de la République. Ce qui est extrêmement préoccupant.

Ce budget illustre une fois de plus que le Congo est un pays riche, mais où paradoxalement ses habitants vivent dans une pauvreté incompréhensible.

2012 sera dit-on l’année de l’électricité et de la santé. Les Congolais qui ont beaucoup parlé à ce sujet, se demandent si c’est un rêve, de penser à bénéficier de la gratuité de l’électricité, de l’eau voire des frais de santé à partir de 2012.

Pourrait-on enfin penser à l’amélioration réelle de la situation des fonctionnaires, au-delà de la propagande qui se fait, avoir une attention particulière pour les retraités, et surtout pour la jeunesse qui représente notre avenir ?



IV - LA CORRUPTION

La corruption gangrène notre économie. Notre pays est classé en 2011  par Transparency International  parmi  les pays les plus corrompus du monde, avec un indice de perception de la corruption de 2,2 sur 10, le plaçant toujours 154 ème sur 183 pays.

Sur ce sujet, la Commission de lutte contre la corruption a commencé à faire un travail louable qui met à nu le manque de volonté politique pour combattre ce fléau qui annihile tout effort de développement.

Déjà en 2010, la Commission avait informé l’opinion tant nationale qu’internationale, que les différents programmes de municipalisation accélérée, avaient donné lieu à des actes de fraude et de corruption sous l’ombre imperturbable de l’impunité, et  indiqué que les dossiers flagrants allaient être transmis à la justice. Cela se fait toujours attendre.

Plus récemment, la Commission a relevé après enquête sur les marchés relatifs à la municipalisation accélérée dans les départements du Kouilou, de la Likouala, du Niari et de la Cuvette, avoir identifié 265 marchés publics qui étaient, soit inexistants, soit embryonnaires, ou partiellement voire totalement abandonnés, tombés en ruine, parfois achevés mais non réceptionnés. Tout ceci, pour un montant global de près de 83 milliards de francs CFA. Tout ceci dans l’impunité totale et dans un mutisme déconcertant.

Quel gâchis ? Il  y a fort à parier que si l’on effectue l’audit du Trésor, de la Délégation Générale des Grands Travaux et d’autres structures similaires qu’on y découvre des scandales encore plus importants et plus odieux.



V - AFFAIRE DES DISPARUS DU BEACH

Cette affaire est suffisamment connue de l’opinion tant nationale qu’internationale. Un des faits nouveaux à relever dans cette affaire, c’est la venue courant mois d’octobre 2011, d’une mission des Nations Unies pour y mener une enquête. Notre propos va s’appesantir sur les recommandations de cette mission qui demande au Gouvernement de faire aboutir la procédure, afin d’établir les responsabilités pénales et individuelles. Ce qui fait apparaitre une fois de plus qu’il n’est pas normal de continuer à évoquer le principe de l’Autorité de la chose jugée pour cette affaire.

Cette approche qui met selon nous le Pouvoir en difficulté, conforte l’idée selon laquelle il n’est pas normal qu’il y ait eu des crimes sans auteurs, et que le procès organisé à Brazzaville n’aura été qu’une parodie de justice.



VI - LES BIENS MAL ACQUIS

Le débat sur les biens mal acquis a été relancé avec le rebondissement à Paris en 2010, de l’affaire visant les conditions dans lesquelles un très important  patrimoine immobilier et mobilier a été acquis en France par certaines Hautes Personnalités des pays de l’Afrique Centrale avec des fonds publics.

Sur cette affaire, l’année 2011 se sera caractérisée dans notre pays, par le non respect à tous les niveaux, de l’article 48 de la Constitution du 20 janvier 2002 qui stipule : « tout citoyen élu ou nommé à de hautes fonctions publiques est tenu de déclarer son patrimoine lors de sa prise de fonction et à la cessation de celles-ci, conformément à la loi. L’inobservation de cette obligation entraine la déchéance des fonctions dans les conditions fixées par la loi .

Dans ce cadre, la déclaration du Président SASSOU dans son discours d’investiture en 2009, est venue  conforter le malaise quand il dit nous citons : « en dépit de nos efforts multiples, notre pays n’est pas encore, hélas exempt de  corruption, de concussion, de fraude, de détournement de deniers publics et d’autres actes autant répréhensibles que néfastes à l’accomplissement du bonheur collectif…ici, ce sont les gouvernants qui sont interpellés (  ). Parmi les premières attentes de notre peuple, il y a l’espoir que s’arrête la dérive morale qui gangrène notre pays ». Fin de citation

Dans cette rubrique on ne peut qu’être interpellé par les révélations de la lettre du Continent du 20 octobre 2011. Selon celles-ci, l’épouse d’une personnalité congolaise aurait été interpellée le 1er octobre 2011 à Paris avec des valises d’argent. Celle-ci du reste n’était selon la même source qu’une récidiviste puisqu’elle avait déjà été arrêtée à Johannesburg début 2011 pour le même motif. Ce scandale aurait fortement embarrassé le Président SASSOU, d’autant qu’il survenait juste après les affaires des mallettes d’argent de Maitre BOURGI



VII – OU VA L’ARGENT DU PETROLE ?

Cette question demeure entière , au regard de l’embellie pétrolière connue par notre pays depuis 2003 et des engagements pris par le Président de la République en 2006 d’ouvrir un compte de stabilisation à la Banque Centrale, et de le faire auditer par la Cour des Comptes chaque année. Les résultats de cet audit qui devraient être rendus publics se font toujours attendre depuis lors.

La situation est d’autant plus préoccupante que selon les statistiques de la Banque Centrale, l’ensemble des dépôts du Gouvernement à la Banque Centrale ne s’élevaient au 30 septembre 2011 qu’à 1.501 milliards de francs CFA.



 VIII – LA RENCONTRE D’EWO

Au regard des événements récents qui se sont déroulés dans notre pays, le Parti Social Démocrate Congolais considère la rencontre d’Ewo comme un non événement. Toutefois tenant compte de la propagande orchestrée par le Pouvoir à travers les médias d’Etat, notre Parti a jugé utile de s’y appesantir, pour une clarification de l’opinion nationale et internationale sur ce qu’à toujours été notre position sur l’importante question de la crédibilité et de la transparence électorales au Congo. Pour cela nous allons tenter de répondre à l’interrogation qui hante aujourd’hui plus d’un congolais, à savoir, pourquoi le Front des Partis de l’opposition Congolaise auquel appartient le Parti démocrate congolais n’a pas fait le déplacement d’Ewo. 

Celle-ci peut se résumer en cinq raisons :

·         la raison d’ordre financier ; le FPOC a pensé qu’il fallait faire des économies de ses ressources, afin de s’attaquer tant soi peu à quelques graves problèmes sociaux récurrents et connus dans notre pays ;

·         la raison sécuritaire ; le PSDC est l’un des partis qui pensent à juste titre que la force publique n’est pas neutre et qu’elle a fait son choix ;

·         le manque de transparence dans la préparation de cette rencontre, notamment le refus de la mise en place d’un comité préparatoire ;

·         l’attitude délibérée du Gouvernement de ne pas associer les services techniques éprouvés tels : le Centre National de la Statistique et des Etudes Economiques et le Bureau Central du Recensement ;

·         le manque de considération des partis politiques qui concourent au suffrage universel. Il est intolérable et inacceptable que l’ordre du jour et les autres documents soient communiqués le jour même des travaux à Ewo ; ce qui doit être considéré comme un diktat du Gouvernement.

S’agissant des résultats obtenus que nous avons suivi à travers le communiqué final desdits travaux, nous pouvons évoquer ce qui suit :

 

1.  Un oubli majeur : le Recensement Administratif Spécial

Le Recensement Administratif Spécial, n’était pas à l’ordre du jour à Ewo. Pour aborder ce problème, il faut noter que :

1.1    en 1996 au vu de la méfiance qui régnait entre les acteurs politiques de notre pays un Recensement Administratif Spécial a été organisé pour déterminer consensuellement le corps électoral ;

1.2   le Gouvernement du Président SASSOU avait invalidé le RGPH de 1996 au prétexte que celui-ci avait gonflé les chiffres dans les zones qu’il jugeait favorables au Président LISSOUBA et sous-estimé ailleurs ;

1.3   celui-ci a organisé en 2001 un recensement administratif, opération qui se justifie d’une part par l’invalidation des données du RGPH de 1996 et d’autre part et réellement, par la volonté de transformer la victoire militaire en victoire politique ;

1.4   le Gouvernement a organisé sur la base des données issues dudit recensement administratif, une série d’élections en 2002 à savoir : le Référendum Constitutionnel,  Election Présidentielle, Elections Législatives, Elections Locales et Sénatoriales  et a procédé après à une succession de révisions extraordinaires des listes électorales :

1.5   le Gouvernement a effectué un recensement Général de la Population et de l’Habitat en 2007. Cette opération a permis de mettre à nu, les manipulations et les gonflements des chiffres réalisés lors du Recensement Administratif de 2001. Ce qui est grave au regard des dispositions de notre loi sur la statistique. Dans certains pays comme la Grèce, cela n’est pas accepté, et le Directeur de la Statistique de ce pays risque de terminer sa vie en prison pour cause de manipulation des chiffres.

Il est apparu clairement que :

o   Les régions des Plateaux, de la Cuvette, la Cuvette-Ouest étaient plus peuplées en 2001 qu’en 2007 ;

o   Dans le département de la Sangha, le corps électoral était plus élevé que la population.

Dans plusieurs localités, le corps électoral était plus élevé que la population. Ainsi, Mokéko avait un corps électoral de 31.062 électeurs, alors que la population est de 31.241 ; Souanké avait un corps électoral 11.753 personnes alors que la population est de 9.712 ; Ollombo avait un corps électoral de 25.755habitants pour une population de 21.277habitants ; Tchikapika avait un corps électoral de  8.423 pour une population de 5.970 habitants etc.

A Mpouya par exemple, le corps électoral était de 9.178 pour une population de 9.284 habitants.

 

Quelles preuves flagrantes ? Les plus hautes Autorités Congolaises ont été informées de cette situation dès janvier 2009. Elles n’ont, non seulement pas  réagi, mais elles ont en plus, continué de  faire travailler les différentes structures  sur les élections sur cette fausse base. Ce qui est extrêmement grave. Est il normal qu’un Gouvernement sérieux travaille sur du faux. Quelles difficultés éprouve ce Gouvernement à invalider non seulement les résultats du recensement administratif de 2001, mais aussi et surtout les successives révisions extraordinaires des listes électorales qui ont été effectuées sur cette base ?

Le comble  de tout cela, c’est que pour l’Election Présidentielle de 2009 en l’espace de deux mois, cinq corps électoraux ont été communiqués, faisant même apparaitre des divergences entre celui donné par le Ministre et celui communiqué par le Président de la CONEL à la veille de l’élection.

Il y a d’autres aspects qui méritent d’être évoqués :

a.    Le non respect des lois et règlements de la République par le Gouvernement.

En effet, le décret n° 2003-108 du 7 juillet  2003 relatif aux attributions du Ministère de l’Administration du Territoire charge entre autre ce département ministériel de préparer et exécuter le Recensement Administratif Annuel.

Depuis, ce texte n’a pas  été respecté ; est ce par incompétence, par manque de volonté politique ?

Pourquoi le Ministère veut s’octroyer d’autres attributions, notamment celles relatives aux élections, alors qu’il a visiblement des difficultés à assurer les missions qui lui sont semble-t-il traditionnellement dévolues.

b.  Visiblement, l’échec du recensement administratif que le Ministère a organisé en 2011 est patent ;

c.   Le Gouvernement se doit d’invalider les résultats du recensement administratif de 2001 ;

d.  Le Gouvernement se doit de donner les résultats complets du Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 2007. Il ne s’est arrêté qu’au niveau des districts alors que, comme en 1996, il se devait également de les donner par localité, la première localité qui est listée étant le village administratif (siège du comité de village).

 

2- le découpage électoral

Deux recommandations ont semble-t-il été formulées sur cet aspect à Ewo à savoir :

2.1   procéder à la correction dans les délais raisonnables, de la sous représentation de certaines entités  administratives à l’Assemblée Nationale, notamment, celles dont la densité de la population justifie une meilleure prise en compte et de celles dont la création ne s’est pas transformée en circonscription électorales ;

2.2  création de deux circonscriptions électorales nouvelles au niveau des circonscriptions administratives dont le ressort territorial ne correspond pas aux circonscriptions.

Ces deux recommandations n’abordent pas fondamentalement le problème du découpage électoral et les conséquences que celui-ci a sur la vie politique du pays.

En effet, le découpage électoral de 1992, qui s’est fait conformément aux dispositions de la loi n° 001-92 du 21 janvier 1992 du Conseil Supérieur de la République repose sur des critères clairement définis.

Le Conseil des Ministres a, lors de sa réunion du 22 mars 2002, adopté les projets de décret fixant le nouveau découpage électoral, en vue des élections législatives et locales.

Selon le compte rendu fait, ces textes corrigent les insuffisances constatées lors du découpage électoral de 1992, en prenant en compte le critère démographique, à travers tout le pays et le facteur d’enclavement dans les zones rurales.

Dans la réalité, le Conseil des Ministres n’a jamais défini depuis lors , ni le critère démographique, ni le critère d’enclavement sur lesquels se repose ce découpage.

Tel que fait, le découpage fait en 2002 et repris en 2007, n’assure pas  une répartition équitable des sièges à l’Assemblée nationale.

 

On relève plutôt ce qui suit :

a.   Au niveau des départements

La Bouenza, département le plus peuplé du Congo avec 309.073 habitants, n’a que 11 circonscriptions électorales, autant que la Cuvette qui n’a que  156.044 habitants ; moins que les Plateaux qui ont 13 circonscriptions avec 174.591 habitants ; moins que le Pool qui a 14 circonscriptions pour   236.595 habitants, et moins que le Niari qui a 17 circonscriptions pour 231.271 habitants ;

 

b.  Au niveau des districts

Les districts comme Epena avec 17.499 habitants, Mvouti avec 18.094 habitants, Ewo avec 20.195 habitants, Ollombo avec 21.272 habitants, Mossaka avec 25.636 habitants ont chacun deux circonscriptions, alors que Bétou, avec 29.736 habitants, Loudima avec 32.775 habitants, Kinkala avec 34.608 habitants, Mouyondi avec 36.815 habitants, Impfondo avec 47.451 habitants, Madingou avec 62.800 habitants, Nkayi avec 71.620 habitants n’ont qu’une seule circonscription ;

 

c.   Au niveau des communes

On note qu’à Pointe Noire, Lumumba avec 109.456 habitants a trois circonscriptions comme Tié-Tié avec 257.255 habitants et Loandjili avec 260.927  habitants.

S’agissant de Brazzaville, on relève que Poto-Poto, l’arrondissement le moins peuplé a trois circonscriptions avec 93.000 habitants, alors que Bacongo avec près de 99.000 habitants n’a que deux circonscriptions et que Mfilou avec 196.440 habitants n’a que deux circonscriptions.

Par ailleurs, Mfilou avec 196.440 habitants n’a que deux circonscriptions alors que Moungali a trois circonscriptions pour 166.719 habitants, et que Ouenzé a quatre circonscriptions pour 182.057 habitants.

Tout ceci illustre que le découpage électoral actuel s’est fait à l’aide d’une hache, ne reposant sur aucun critère démographique. De ce fait, il n’a nullement abouti à une répartition équitable des sièges à l’Assemblée Nationale.

Il semble que la préoccupation de la rencontre d’Ewo sur cet important sujet n’a été que la création de deux nouvelles circonscriptions en passant de 137 à 139 circonscriptions, ce qui ne règle aucun problème.

 

 A notre humble avis, la démarche à retenir devrait consister à rattraper les choses en prenant pour base, le critère démographique, et en clarifiant le concept de facteur d’enclavement pour aller de façon transparente vers un découpage électoral plus rationnel et plus juste.

 

3. La Commission Electorale Véritablement Indépendante

 

Ewo n’a pas du tout parlé de la mise en place d’une commission électorale véritablement indépendante et pour cause.

 

a)   Rappels

A ce propos, il est intéressant d’avoir présent à l’esprit la réaction des Forces Démocratiques Unies que présidait le Président Sassou en  décembre 1996, lorsque le Premier ministre de l’époque Charles David GANAO avait annoncé que   son Gouvernement allait organiser les prochains scrutins électoraux.

Dans une déclaration forte, les FDU composante de l’opposition de l’époque ont rappelé que :

 

o   Monsieur Charles David GANAO avait déclaré lors de sa nomination au poste de Premier Ministre, qu’il était partisan de la transparence la plus totale aux prochaines élections présidentielles et législatives ;

o   Le Président LISSOUBA avait clairement déclaré qu’il n’organisait pas les élections pour les perdre ;

o   Un démocrate sincère ne peut pas avoir peur d’une commission nationale électorale indépendante garantissant la transparence et l’objectivité.

En conséquence, les FDU ont dénoncé avec énergie, la déclaration du Premier Ministre qui s’opposait  à la mise en place d’une commission nationale indépendante.

Elles ont déclaré que la commission nationale indépendante était une nécessité inéluctable.

Par ailleurs, le Président Denis SASSOU NGUESS0 est signataire du Mémorandum sur l’élection présidentielle, document dans lequel plusieurs Responsables politiques ont revendiqué et obtenu du Président LISSOUBA, la  mise en place d’une commission électorale indépendante.

 

Cette démarche se justifiait entre autre par :

§  La crise persistante au sein de la classe politique ;

§  La non neutralité de l’administration générale et surtout électorale ;

§  La pratique sous d’autres cieux.

 

b)   Non suivi des recommandations des missions d’observation

Il est important de relever que les Autorités Congolaises ont fait fi des recommandations faites par les missions d’observation en vue d’améliorer la situation.

*      En 2002, les observateurs de l’Union Européenne avaient attiré l’attention du Gouvernement congolais sur la répartition des missions insuffisamment claire entre la CONEL et l’Administration ;

*      En 2007, la mission d’observation de l’Union Africaine a entre autres recommandé: 

1.     qu’une refonte totale du fichier électoral et son informatisation par une commission plurielle composée de tous les acteurs impliqués dans le processus électoral seront de nature à améliorer l’organisation d’élections justes et transparentes ;

2.    l’institutionnalisation et le renforcement d’une structure unique permanente et indépendante pour l’organisation des élections devrait faire l’objet d’une décision urgente de la part des Autorités de la République du Congo, afin de garantir l’impartialité et l’efficacité dans l’organisation des futures élections ; 

 

c)    Non respect des engagements internationaux pris

Parmi ceux-ci on peut citer :

1.     la Déclaration de Bamako qui stipule clairement qu’il faut s’assurer que l’organisation des élections depuis les opérations préparatoires et la campagne électorale jusqu’au dépouillement des votes et à la proclamation des résultats y inclus le cas échéant, le contentieux, s’effectue dans une transparence totale et relève de la compétence d’organes crédibles dont l’indépendance est reconnue par tous ;

 

2.    La Déclaration sur l’appui au processus électoral dans les Etats membres de la CEEAC. Dans cette importante déclaration, les Chefs d’Etat et de Gouvernement ont déclaré solennellement leur engagement entre autre :

§  de veiller à la mise en place d’un cadre juridique et institutionnel, garantissant des élections libres, transparentes et crédibles ;

§  de veiller à impliquer à toutes les étapes du processus électoral, tous les acteurs politiques.

 

3.    La Charte Africaine de   la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance qui dispose que tout Etat partie doit entre autre créer et renforcer les organes électoraux nationaux indépendants et impartiaux, chargés de la gestion des élections.

 

d)   Il n’y a pas eu de débat sur l’importante question de la mise en place d’une commission électorale véritablement indépendante à Ewo. On a plutôt choisi de débattre de la représentativité des partis politiques et de la Société civile au sein de la CONEL.



 Il semble que la grande victoire enregistrée à Ewo et qui fait sourire plus d’un, c’est le retrait de la présidence des commissions départementales, des districts et d’arrondissements, aux Autorités administratives (Préfets, Sous Préfets, Administrateurs-Maires et Maires), et la remise de ladite Présidence des commissions départementales, des districts et d’arrondissements à des fonctionnaires ou à des personnalités jouissant d’une bonne moralité, nommés par l’Administration.



Franchement, qui nomme les administrateurs dans ce pays ?

 Qui ne connait pas que la gestion est clanique dans notre pays et que les prétendus fonctionnaires nommés Préfets, Sous préfets et autres ne sont que des militants, sinon des responsables du parti au Pouvoir ? Qui veut-on tromper ?

Par ailleurs, d’où vient maintenant que les démocrates sincères ont peur aujourd’hui  de  la Commission Electorale Indépendante ? Pourquoi tout d’un coup celle-ci n’est plus une nécessité inéluctable ?

Tout ceci corrobore une idée soutenue par plusieurs congolais à savoir que l’on est démocrate à l’Opposition et dictateur au Pouvoir.

 

e)   Il apparait maintenant de façon claire qu’Ewo est :

§   L’expression de la volonté politique de s’opposer à la crédibilité et à la transparence de la question électorale dans notre pays ;

§  La négation des engagements internationaux pris à travers les textes comme la Déclaration de Bamako, la Déclaration sur le Processus électoral dans les Etats membres de la CEEAC, la Charte Africaine sur la Démocratie, les Elections et la Gouvernance.

§   la négation des recommandations des observateurs tant de l’Union Africaine que de l’Union Européenne sur l’informatisation du fichier électoral et la mise en place d’un organe permanent et indépendant devant organiser les élections

§   l’illustration du refus de la mise en place par le pouvoir actuel de la commission électorale véritablement indépendante ;

Par ailleurs :

§  Ewo est et sera caractérisé par l’incapacité des participants à dénoncer le trucage des élections depuis 2002, l’incapacité du Gouvernement d’invalider les résultats du recensement administratif de 2001 et son incapacité à réaliser un recensement administratif fiable en 2011.

§  Ewo aura été incapable de définir des critères clairs, pour un découpage électoral juste et équilibré

 

Conclusion

 

Le monde change, le monde bouge : chacun de nous là où il est, a intérêt à suivre l’évolution des choses. Aujourd’hui, malgré les sommes importantes engrangées par notre Etat, le Congo va très mal. Au-delà de certaines réalisations pour lesquels les choix judicieux n’ont pas toujours été faits, le Pouvoir a du mal à résoudre les problèmes fondamentaux du peuple congolais, parmi lesquels, l’organisation des élections libres démocratiques et transparentes. Et pourtant, il a semblé rassuré en parlant des  élections législatives de 2012 à la fois apaisées et transparentes. Malheureusement, la rencontre d’Ewo a contredit tout cela, et a fait apparaitre clairement que c’était une nouvelle farce du Gouvernement qui voulait la voir être cautionnée par tous les acteurs politiques de notre pays. Cette opération a malheureusement échoué. Il faut le dire haut, fort et franchement, le Congo a besoin d’une véritable concertation politique à l’instar de ce qui se passe pour la trêve sociale pour débattre de toutes les questions qui devraient permettre désormais la tenue dans notre pays des élections, libres, démocratiques et transparentes.

Pour terminer, à  l’orée de cette nouvelle année, je vous présente mes meilleurs vœux de santé de bonheur et de réussite pour 2012.



Vive la Démocratie

Vive le Parti Social Démocrate Congolais

Vive le Congo

Je vous remercie.


 

 

 

Pour une République Juste & Démocratique, Vous trompez le Peuple Nous dénonçons

     

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