RETOUR SUR UNE SEMAINE DE MOBILISATION POPULAIRE CONTRE LE PRÉSIDENT ÉGYPTIEN HOSNI MOUBARAK
Les manifestants égyptiens réclament le départ du président Hosni Moubarak. Depuis une semaine, les rassemblements vont crescendo et l'armée, pilier du régime, refuse de les réprimer dans le sang.
La "contagion tunisienne"?
Après la révolution de jasmin en Tunisie, l'Egypte faisait partie des pays jugés comme "vulnérables" à une contestation du régime, selon l'ex-diplomate Denis Bauchard. Notamment parce que le "problème de la succession" du président Hosni Moubarak, 82 ans dont 30 à la tête du pays, "n'est toujours pas réglé"...
"La chute de Ben Ali a sans doute fragilisé de l'intérieur le régime du Caire", appuie Sophie Pommier, ancienne du Quai d'Orsay. D'autant que "le régime égyptien semblait aspirer au modèle tunisien: parti au pouvoir hégémonique, fermeture du champ politique, priorité au domaine économique".
Le peuple exprime sa colère
Trente années de règne, pas ou peu de libertés, des violences policières connues et reconnues, la corruption, la pauvreté... Voilà tous les griefs accumulés par la population égyptienne à l'égard du régime de Moubarak, dont ils réclament désormais le départ.
Ce que le régime Moubarak répond
Face à la contestation, Hosni Moubarak a dans un premier temps limogé son gouvernement, nommé un vice-président, Omar Souleimane, (une première depuis trente ans) et un nouveau Premier ministre, Ahmed Chafik. Des proches du pouvoir qui, ainsi, se recroqueville sur sur sa base militaro-sécuritaire, écritLe Monde.
Un nouveau gouvernement a été annoncé lundi et aussitôt rejeté par l'opposition qui réclame le départ du président avant toutes négociations. "Les Egyptiens ne veulent pas de compromis, le dictateur doit partir", assène Alaan al-Aswani, auteur de L'Immeuble Yacoubian et éditorialiste dans la presse d'opposition.
Après la manifestation de mardi qui a rassemblé plus d'un million de personnes, Hosni Moubarak a finalement annoncé mardi dans la soirée qu'il ne se représenterait pas aux prochaines élections. Au Caire, l'annonce de Moubarak a été aussitôt rejetée par les milliers de manifestants rassemblés, malgré le couvre-feu, dans le centre-ville.
Et Internet dans la crise?
"Révolution numérique" en Egypte, où les blogueurs sont à la pointe de la contestation, comme le montrent des notes diplomatiques publiées par WikiLeaks? Le Web se fait l'écho de la révolte qui gronde dans les rues du pays et qui s'est trouvé une icône, Khaled Saïd. Le régime ne s'y est pas trompé: il a donc coupé les robinets très rapidement! Du jamais vu à cette échelle.
L'armée, la clé de ce bras de fer
Tous les présidents sont issus de ses rangs depuis 1952: l'armée est un pilier du régime égyptien. A tel point qu'elle est "la seule à disposer d'un droit de veto sur la succession", estime l'analyste Issandr el-Amrani. Elle ne se réjouissait pas de voir le fils de Moubarak, Gamal, succéder à son père; avec la montée en puissance d'autres hommes forts du régime comme Omar Souleimane, cette option s'éloigne.
"Les militaires égyptiens n'ont guère intérêt à un changement de régime qui remettrait en cause leurs intérêts et leurs privilèges", souligne notre correspondant en Egypte, Tangi Salaün. Et pourtant, la foule les acclame et les scènes de fraternisation se sont multipliées depuis une semaine. "Car l'armée ne veut pas non plus aller contre le peuple", expliquait-il dimanche dans la vidéo ci-dessous.
Le dilemme aura duré une semaine, l'état-major s'est engagé à ne pas recourir à la force face aux manifestants, ce lundi.
Ce que le régime Moubarak répond
Face à la contestation, Hosni Moubarak a dans un premier temps limogé son gouvernement, nommé un vice-président, Omar Souleimane, (une première depuis trente ans) et un nouveau Premier ministre, Ahmed Chafik. Des proches du pouvoir qui, ainsi, se recroqueville sur sur sa base militaro-sécuritaire, écritLe Monde.
Un nouveau gouvernement a été annoncé lundi et aussitôt rejeté par l'opposition qui réclame le départ du président avant toutes négociations. "Les Egyptiens ne veulent pas de compromis, le dictateur doit partir", assène Alaan al-Aswani, auteur de L'Immeuble Yacoubian et éditorialiste dans la presse d'opposition.
Après la manifestation de mardi qui a rassemblé plus d'un million de personnes, Hosni Moubarak a finalement annoncé mardi dans la soirée qu'il ne se représenterait pas aux prochaines élections. Au Caire, l'annonce de Moubarak a été aussitôt rejetée par les milliers de manifestants rassemblés, malgré le couvre-feu, dans le centre-ville.
Et Internet dans la crise?
"Révolution numérique" en Egypte, où les blogueurs sont à la pointe de la contestation, comme le montrent des notes diplomatiques publiées par WikiLeaks? Le Web se fait l'écho de la révolte qui gronde dans les rues du pays et qui s'est trouvé une icône, Khaled Saïd. Le régime ne s'y est pas trompé: il a donc coupé les robinets très rapidement! Du jamais vu à cette échelle.
L'armée, la clé de ce bras de fer
Tous les présidents sont issus de ses rangs depuis 1952: l'armée est un pilier du régime égyptien. A tel point qu'elle est "la seule à disposer d'un droit de veto sur la succession", estime l'analyste Issandr el-Amrani. Elle ne se réjouissait pas de voir le fils de Moubarak, Gamal, succéder à son père; avec la montée en puissance d'autres hommes forts du régime comme Omar Souleimane, cette option s'éloigne.
"Les militaires égyptiens n'ont guère intérêt à un changement de régime qui remettrait en cause leurs intérêts et leurs privilèges", souligne notre correspondant en Egypte, Tangi Salaün. Et pourtant, la foule les acclame et les scènes de fraternisation se sont multipliées depuis une semaine. "Car l'armée ne veut pas non plus aller contre le peuple".
Le dilemme aura duré une semaine, l'état-major s'est engagé à ne pas recourir à la force face aux manifestants, ce lundi 1er Février 2011 jour de la grande manifestion dite "manifestation du million".
Pour une République Juste & Démocratique, Vous Trompez le Peuple Nous dénonçons