Par LA VOIX DU PEUPLE
CABINDA: LES SUITES DE LA FUSILLADE DU BUS DES FOOTBALLEURS DU TOGO
Deux suspects ont été arrêtés, hier, après l'attaque, vendredi, du convoi des footballeurs du Togo. Leur équipe a été officiellement disqualifiée de la coupe d'Afrique des nations.
CABINDA LE KOWEIT DE L' AFRIQUE
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Le Koweït de l'Afrique. La province de Cabinda, une enclave riche en pétrole (60 % de la
production et 80 % des réserves angolaises) est située à l'extrême nord du pays. Enclavé entre la République démocratique du Congo (RDC, Congo-Kinshasa) et la République du Congo
(Brazzaville), ce territoire de 7 270 km2 est séparé du territoire principal par un corridor d'environ 60 km. Un demi-million de
personnes y vivraient, membres de l'ethnie Kongo pour la plupart.
Un « Dantzig » africain aussi. Partie intégrante du royaume Ngoyo, établi au nord du fleuve Zaïre depuis le XVe siècle, le territoire cabindais est passé sous contrôle portugais en 1783. Originellement, il était contigu de l'Angola mais, en 1885, les Portugais ont
passé un accord avec Léopold II, roi des Belges et nouveau propriétaire de « l'État indépendant du Congo ». L'accord créait un corridor le long du fleuve Zaïre pour permettre au
Congo d'avoir un accès à la mer à partir du port fluvial de Matadi.
La résistance cabindaise. Créé officiellement au Congo Brazzaville en 1963, le Flec (Front de libération de l'enclave de Cabinda) est né de la fusion des trois mouvements :
le Mouvement de libération de l'enclave du Cabinda de Luis Ranque Franque, l'Alliance du Mayombe de António Sozinho et le Comité d'action et d'union nationale du Cabinda de Nzita Henriques Tiago
(83 ans, qui vit à Paris). L'objectif était de se battre pour libérer le Cabinda des mains de l'occupant portugais jusqu'en 1975 puis de s'affranchir de la tutelle du nouveau régime marxiste
au pouvoir après l'indépendance de l'Angola.
Le temps de la lutte. À partir de 1975, le Flec a harcelé les troupes gouvernementales et instauré un climat d'insécurité. Soutenus par l'Afrique du Sud (alliée de l'autre
mouvement de résistance angolais, l'Unita) et par la CIA (via des mercenaires belges), les rebelles du Flec n'ont cependant jamais réussi à paralyser l'activité économique et à prendre
le contrôle des villes et des sites pétroliers.
Une paix précaire. En 2006, Luanda a signé un accord de paix avec un responsable du Flec-rénové, Antonio Bento Bembe. Bembe, désormais ministre sans portefeuille, prétend que la
province est pacifiée. Mais une partie du Flec a dénoncé cet accord et continue de revendiquer des attaques de basse intensité. L'attaque de vendredi « ne visait pas les joueurs
togolais, mais les forces angolaises à l'avant du convoi », selon un porte-parole du Flec ( a déclaré hier le chef du
Flec, Rodrigues Mingas, en exil à Paris). Des forces qui n'ont enregistré aucune perte, à la différence du « onze » togolais.
Philippe CHAPLEAU.
Le Flec revendique l’indépendance de l’enclave de Cabinda, qui fournit 60 % du pétrole de l’Angola, deuxième producteur d’Afrique.
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