UNION PATRIOTIQUE POUR LE RENOUVEAU NATIONAL U.P.R.N.
Liberté – Solidarité – Justice
Fédération de France
Chers Compatriotes, Chers Amis de la Diaspora, militants et sympathisants de l’opposition, La fédération UPRN de France vous adresse ses sincères salutations et souhaite pleins succès à ce meeting en salle à Bercy, sur le Congo. La Conférence Nationale Souveraine, tenue du 10 février au 10 juin 1991 à Brazzaville, avait mis fin au règne sans partage du Parti Congolais du Travail (PCT) et institué un régime multipartite. Ce nouvel ordre politique s’était traduit concrètement par l’organisation en 1992, d’élections générales pour l’essentiel, libres, transparentes et équitables, élections qui s’étaient soldées par la défaite du président en exercice, SASSOU. Ce système électoral globalement transparent avait suscité de grands espoirs pour l’avenir de la démocratie congolaise. Malheureusement, comme le dit le proverbe : « Chasser le naturel, il revient au galop », les différents pouvoirs qui se sont succédés à la tête de l’Etat congolais, ont tourné le dos à la voie tracée par la Conférence Nationale Souveraine et ont érigé la dérive autoritaire, l’arbitraire, la violation quotidienne des libertés individuelles et collectives et celle des droits humains, en méthodes de gouvernement. Dans cet esprit, revenu au pouvoir à la faveur des événements du 5 juin 1997, monsieur SASSOU a restauré le monopartisme et transformé le Congo en une monarchie constitutionnelle dans laquelle, il s’est donné tous les pouvoirs, y compris le droit de vie et de mort sur chaque congolais. En matière électorale, il a institué un système frauduleux, fondé sur une loi électorale scélérate, la manipulation du corps électoral, la mise en place d’un découpage électoral à son profit et d’une commission d’organisation des élections composée uniquement de ses partisans et excluant systématiquement l’opposition, des fraudes massives, le vote des mineurs et des étrangers, le vote multiple, le bourrage des urnes, l’achat des consciences, la corruption des électeurs, la falsification des résultats sortis des urnes, la caporalisation des médias d’Etat, l’utilisation des deniers publics et du matériel d’Etat pour sa campagne électorale, l’instrumentalisation de la Cour constitutionnelle chargée de valider les candidatures et de proclamer les résultats du scrutin. Ce système lui a permis, à l’occasion de l’élection présidentielle, scrutin du 12 juillet 2009, de s’autoproclamer président de la République et de faire entériner sa réélection frauduleuse par le Cour constitutionnelle à ses ordres.
Alors que depuis l’élection présidentielle, le pays est selon monsieur l’Autoproclamé, en paix et que l’opposition a pris acte de la situation de fait, née de la validation des résultats du scrutin du 12 juillet par la Cour constitutionnelle, monsieur l’Autoproclamé, au lieu de se mettre au travail pour résoudre les innombrables problèmes auxquels les Congolais sont confrontés, s’emploie à déstabiliser le pays, à mettre en oeuvre un plan d’arrestation et d’emprisonnement des responsables du Front des Partis de l’Opposition Congolaise (FPOC), dans le noir dessein de décapiter ce dernier et ainsi, faire revenir le Congo aux pires moments du monopartisme. Pour ce faire, il prend prétexte de la marche pacifique effectuée le 15 juillet 2009, par les militants et sympathisants du FPOC pour exprimer leur désapprobation de l’interdiction par le candidat du pouvoir, du meeting en salle programmé ce jour par les candidats de l’opposition, au Palais du parlement.
Que s’est-il passé le 15 juillet 2009 ? Ce jour-là, les candidats du Front des Partis de l’opposition Congolaise (FPOC), à savoir, MM Guy KINFOUSSIA, Mathias DZON, Clément MIERASSA avaient programmé une conférence de presse, suivie d’un meeting en salle, au Palais du parlement, en vue de protester contre les fraudes massives qui avaient émaillé le scrutin du 12 juillet 2009. Le FPOC avait obtenu du Préfet de Brazzaville, l’autorisation d’organiser cette activité. Contre toute attente, dès 10 heures, le candidat Denis SASSOU avait fait vider le Palais du parlement des ses occupants et l’avait fait occuper par des éléments de la garde présidentielle qui interdisaient son accès à toute personne. Pour exprimer leur désapprobation de cette interdiction d’une activité électorale régulière des candidats de l’opposition, activité autorisée par le Préfet de Brazzaville, les militants et sympathisants du FPOC, ont spontanément décidé d’effectuer une marche pacifique le long de l’avenue des trois martyrs jusqu’au rond-point de Moungali. Au cours de cette marche, les militants et sympathisants de l’opposition n’ont posé aucun acte de nature à troubler l’ordre public. C’est au contraire, un élément de la garde du Directeur Général de la Police nationale, qui profitant du fracas des détonations des grenades lacrymogènes lancées par la police pour disperser une marche qui se déroulait pourtant pacifiquement, a tiré à balles réelles horizontalement en direction des responsables du Front, blessant M. MANGALA Sabin, militant du FPOC. Le tireur a été formellement reconnu par des personnes qui le connaissent parfaitement. Curieusement, alors que le blessé et certains militaires affectés par le Haut Commandement militaire des Forces Armées Congolaise (FAC) pour assurer la sécurité des candidats de l’opposition, ont été arrêtés et illégalement emprisonnés au Camp 15 août, le tireur n’a jamais été inquiété et continue à se pavaner tranquillement dans les rues de Brazzaville dans une belle voiture appartenant au parc automobile du Directeur Général de la Police nationale. A la suite de la marche pacifique de l’opposition, le pouvoir a ouvert une enquête. Dans ce cadre, plusieurs responsables de l’opposition ont été entendus à la gendarmerie nationale par une commission mixte police/gendarmerie. Il s’agit de MM Mathias DZON, Guy Romain KINFOUSSIA, Ange Edouard POUNGUI, le Général Emmanuel NGOUOLONDELE-MONGO, Clément MIERASSA, Maître Hervé Ambroise MALONGA, Bonaventure MIZIDY, Marion EWANG MANDZIMBA, Paul Marie MPOUELE. Parallèlement à ces auditions, violant le principe de la présomption d’innocence consacrée par l’article 9 de la Constitution du 20 janvier 2002, monsieur l’Autoproclamé a décidé et toujours arbitrairement d’interdire de sortie du territoire national et d’assigner à résidence à Brazzaville pendant la durée de l’enquête, plusieurs responsables de l’opposition.
Le motif invoqué pour soutenir ces mesures, est l’enquête ouverte suite à la marche pacifique de l’opposition du 15 juillet. Le vendredi 23 octobre 2009, M. Mathias DZON président du FPOC, est convoqué au Tribunal de Grande Instance de Brazzaville, pour être entendu par un juge d’instruction sur le motif « Complicité de détention et de port illégal d’armes de guerre » alors que jusqu’à ce vendredi-là, il n’était reproché à monsieur Mathias DZON que sa participation à la marche du 15 juillet. Face à la pression intérieure et internationale exercée sur le pouvoir, monsieur l’Autoproclamé a instruit son ministre d’Etat, de la justice de lever les mesures d’interdiction de sortie du territoire national et d’assignation à résidence à Brazzaville prises contre les dirigeants de l’opposition ainsi que les procédures judiciaires engagées contre eux. C’était sans compter avec les faucons du pouvoir qui, s’ils consentent à lever la mesure d’interdiction de sortie du territoire et de quitter la ville de Brazzaville, s’opposent vigoureusement à la levée de la procédure judiciaire intentée contre Mathias DZON, considéré par eux comme l’homme à abattre coûte que coûte. C’est ainsi que sur leur injonction, l’attaché de presse du ministre d’Etat, ministre de la justice a fait paraître dans le journal « La Semaine Africaine » dans son numéro du 06 novembre 2009, une mise au point dans laquelle il fait un distinguo entre les mesures d’interdiction de sortie du territoire national et les procédures judiciaires, reniant ainsi une partie des engagements pris lors de l’audience que le ministre d’Etat, de la justice a accordée à une délégation du FPOC. Par ailleurs, jusqu’à ce jour, la décision de lever la mesure d’interdiction de sortie du territoire national et d’assignation à résidence à Brazzaville pourtant diffusée par la presse du pouvoir, n’est toujours pas concrétisée par un texte légal annulant le texte signé du procureur de la République ESSAMY NGATSE en date du 21 août 2009. Ce revirement du pouvoir est contreproductif, car, l’engagement pris par le ministre d’Etat, ministre de la justice, de lever les mesures d’interdiction de sortie et les procédures judiciaires avait engendré une certaine décrispation du climat politique et ouvert l’espoir d’une concertation pouvoir/opposition en vue de promouvoir des relations apaisées entre les deux mouvances politiques. Nous appelons donc le pouvoir de Brazzaville à revenir à la raison et nous interpellons monsieur l’Autoproclamé, afin qu’il instruise son ministre de la justice, pour lever l’information judiciaire ouverte contre les responsables de l’opposition en général, contre Mathias DZON, président du Front, en particulier, dans ce dossier reconnu vide par tous les magistrats. La paix nationale est à ce prix. Sur le plan social, la situation de notre pays est marquée par l’aggravation continue des conditions de vie des populations. Cette situation sociale dramatique contraste scandaleusement avec la situation financière florissante que le Congo connaît depuis 2003. En effet, tous les Congolais savent que de 2003 à ce jour, notre pays a engrangé plus de 11 mille milliards de FCFA au titre du budget de l’Etat et des excédents pétroliers. Cette somme colossale aurait pu permettre de soulager un tant soit peu, les souffrances extrêmes des Congolais. Il n’en a rien été. Au contraire, la situation sociale des populations se dégrade chaque jour davantage. Paradoxalement, au lieu de rechercher des solutions à cette situation catastrophique, le pouvoir s’emploie à l’aggraver et négocie actuellement avec les dirigeants corrompus des centrales syndicales, une nouvelle trêve sociale, ce, en violation flagrante des engagements qu’il avait pris l’année dernière de lever les mesures de blocage des effets financiers des avancements et d’abattement des indemnités des fonctionnaires, à partir du 1er janvier 2010. Pour justifier le non respect des ses engagements, le pouvoir invoque la crise économique mondiale et les négociations en cours avec le FMI en vue de l’atteinte, mais sans succès aujourd’hui, du point d’achèvement de l’initiative PPTE.
Ces arguments ne tiennent pas la route, car, au cours du dernier Conseil des ministres tenu le vendredi 06 novembre, le porte-parole du gouvernement a indiqué que
le taux de croissance de l’économie congolaise sera de 12,1% en 2010 et que le budget de l’Etat exercice 2010, est évalué en recettes et en dépenses à la
somme de deux mille huit cent quatorze Milliards de francs CFA.
Dans ce contexte, l’invocation de la crise économique mondiale et des négociations avec le FMI comme mobile pour justifier la non tenue des promesses faites aux travailleurs, est un prétexte et
une preuve supplémentaire, qu’au-delà du battage médiatique fait autour du « Chemin d’Avenir
», nouveau projet de société du président autoproclamé, la réalité est que le gouvernement du « Chemin d’Avenir » continue de conduire une politique anti-sociale et
anti-populaire. Comme le faisait remarquer avec raison un jeune brazzavillois le jour de l’élection présidentielle de juillet : « 7 ans de SASSOU NGUESSO, c’est 7 ans supplémentaires de
souffrances extrêmes pour les Congolais». C’est pourquoi, les démocrates et les patriotes congolais ont le
devoir de soutenir les travailleurs dans leur lutte pour refuser la nouvelle trêve sociale que leur propose le pouvoir. Nous, Congolais de la Diaspora,
devons en conséquence promouvoir des réflexions approfondies pour élaborer de multiples formes de soutien aux compatriotes et travailleurs qui se battent sur le terrain. L’échéance du
1er janvier est capitale. Contribuons par des propositions concrètes à faire échouer le nouveau plan du pouvoir de
Brazzaville visant à imposer aux travailleurs une énième trêve sociale. Chers compatriotes, chers
amis, La situation reste explosive dans notre pays et notre contribution à ce meeting sera hautement appréciée par ceux qui sur le terrain, affrontent quotidiennement l’arbitraire et le pouvoir antipopulaire
dans la lutte courageuse pour la restauration de la démocratie et un état de droit au Congo, au prix de leur vie et de leur liberté. La Diaspora congolaise en France, a, aujourd’hui dans la situation du Congo, un devoir
et un important ou historique rôle à jouer sur le terrain qui est le sien pour populariser la lutte du peuple congolais. Elle doit oeuvrer dans un esprit de compréhension, de cohésion, de
discipline organisationnelle, de tolérance, d’Equipe avec ceux et celles qui affrontent quotidiennement le feu au Front sur le terrain. Autrement, son combat n’a pas de sens. Comme vous le savez,
en politique, il est, et il sera toujours question de rapport de forces. Nous ne pouvons apporter cette contribution que si, et seulement si, nous sommes unis, ouverts aux autres et savons
dépasser nos différences, voire nos divergences sur certaines questions et donner la priorité au Congo. Chacun de nous a le devoir de taire son ego et de privilégier l’intérêt général.
C’est à ce prix que la Diaspora congolaise de France sera plus crédible
et plus visible sur le terrain au Congo. Dans cet espoir, je vous remercie, chers compatriotes, chers amis, pour votre aimable attention.
Pour la fédération UPRN de France, Jean-Sylvestre itoua
Premier secrétaire.